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Shireen Abu Akleh: Washington souligne l’importance de déterminer les responsabilités

La journaliste américano-palestinienne avait été tuée par balle le 11 mai alors qu'elle couvrait une opération militaire israélienne dans le bastion terroriste palestinien de Jénine

Le porte-parole du Département d’État américain, Ned Price, prend la parole lors d’une conférence de presse au département d’État, le 10 mars 2022, à Washington (DC). (Crédit: Manuel Balce Ceneta/POOL / AFP)
Le porte-parole du Département d’État américain, Ned Price, prend la parole lors d’une conférence de presse au département d’État, le 10 mars 2022, à Washington (DC). (Crédit: Manuel Balce Ceneta/POOL / AFP)

Les Etats-Unis ont appelé lundi Israël à chercher les responsables de la mort par balles en mai dernier de la journaliste Shireen Abu Akleh.

« Nous saluons l’enquête par Israël sur cet incident tragique, et soulignons à nouveau l’importance de déterminer les responsabilités dans ce cas », a déclaré dans un communiqué le porte-parole du département d’Etat, Ned Price.

Star d’Al Jazeera, la journaliste américano-palestinienne avait été tuée par balle le 11 mai alors qu’elle couvrait une opération militaire israélienne dans le camp palestinien de Jénine, bastion des groupes terroristes palestiniens dans le nord de la Cisjordanie, où une unité spéciale tentait d’appréhender des « suspects », ce qui avait mené à des affrontements armés.

Lundi, l’armée israélienne a publié les « conclusions finales » de son enquête : « Il y a une forte possibilité que Madame Abu Akleh ait été touchée accidentellement par un tir de l’armée israélienne qui visait des suspects identifiés comme des hommes armés palestiniens ».

Shireen Abu Akleh, 51 ans, ex-journaliste d’Al Jazeera, tuée par balle lors d’un raid israélien, à Jénine, le 11 mai 2022. (Crédit : Autorisation)

L’armée a indiqué avoir étudié « chronologiquement » la séquence des événements, analysé les lieux, les vidéos et les sons enregistrés sur place, mené une « simulation de la scène » et que des « experts israéliens » avaient mené une analyse balistique de la balle, le 2 juillet, en présence de représentants du « Comité de coordination sécuritaire des Etats-Unis pour Israël et l’Autorité palestinienne ».

En raison du « piètre état de la balle », identifier son origine était « difficile », souligne l’armée dans son rapport, disant ne pas avoir la certitude « sans équivoque » de l’origine du tir fatal à la journaliste.

A l’instar de l’armée israélienne, les Etats-Unis avaient conclu que Shireen Abu Akleh avait « vraisemblablement » été tuée par un tir provenant d’une position israélienne, sans avoir de raison de croire que sa mort ait été intentionnelle.

« Le soldat ne cherchait pas à cibler un journaliste d’Al Jazeera ou un journaliste en général. (…) Le soldat a mal identifié sa cible et il en est désolé », a déclaré lundi un haut responsable militaire israélien lors d’un briefing avec la presse. « Cela n’aurait pas dû se produire, il n’a pas fait ça de manière délibérée », a-t-il ajouté.

Un tireur affilié au groupe terroriste palestinien du Jihad islamique défilant alors que des hommes portent le corps de Dirar al-Kafrayni, tué lors d’affrontements avec les troupes israéliennes dans la ville de Jénine en Cisjordanie, lors de ses funérailles dans le camp de réfugiés de Jénine, le 2 août 2022. (Crédit : Jaafar Ashitiyeh/AFP)

Ce responsable a indiqué que le soldat, posté à environ 200 mètres derrière la journaliste, n’avait pas vu son inscription « presse » au devant de son gilet pare-balle. Il a indiqué que la journaliste avait été atteinte par balle derrière la tête.

Le bureau du procureur militaire israélien a annoncé de son côté lundi qu’il « n’y avait pas de soupçon d’un acte criminel justifiant l’ouverture d’une enquête criminelle par la police militaire » et ce, bien qu’il y ait une « forte probabilité » que Shireen Abu Akleh ait été tuée par des soldats israéliens.

« Les faits et les enquêtes prouvent qu’Israël est le coupable, que c’est Israël qui a tué Shireen, et c’est Israël qui doit porter la responsabilité de son crime », a réagi Nabil Abou Roudeina, le porte-parole du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

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