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Sinaï : Une Israélienne, blessée dans un accident de la route meurtrier, témoigne

Naama Banon a expliqué que les secours ont tardé à sortir les Israéliens de l'épave et qu'ils ont ignoré les demandes de contact avec le ministère des Affaires étrangères

Des touristes israéliens blessés dans un accident de voiture sont évacués de la péninsule égyptienne du Sinaï vers Israël au passage de Taba, le 28 juillet 2022. (Crédit : Flash90)
Des touristes israéliens blessés dans un accident de voiture sont évacués de la péninsule égyptienne du Sinaï vers Israël au passage de Taba, le 28 juillet 2022. (Crédit : Flash90)

Une touriste israélienne qui a été blessée dans un accident de voiture meurtrier qui a eu lieu dans la péninsule égyptienne du Sinaï, vendredi, a affirmé que les secours locaux avaient initialement refusé de soigner les Israéliens sur la scène du drame et qu’ils avaient demandé le paiement anticipé d’une ambulance qui pourrait les transférer vers l’État juif.

Deux Israéliens ont été tués et cinq autres blessés quand un taxi qui transportait de jeunes moniteurs qui revenaient de vacances en bord de mer est entré en collision avec un véhicule alors qu’il roulait à grande vitesse vers le poste-frontière de Taba, jeudi.

« Le traitement qui nous a été réservé par les Égyptiens a été très mauvais », a commenté Naama Banon, l’une des sept personnes – des moniteurs officiant dans un internat de Jérusalem – qui se trouvaient à bord du taxi.

Deux de ses amis – Yuval Keshet, 24 ans et originaire de Haïfa et Moshe Matan Luzon, 25 ans et originaire de Petah Tikva – ont été tués. Banon et les autres ont été légèrement à modérément blessés.

Banon s’est entretenue, vingt-quatre heures après l’accident, avec les journalistes depuis l’hôpital israélien où elle se trouvait. Elle s’est souvenue que le chauffeur avait mis de la musique israélienne et qu’elle s’était endormie. Elle a ensuite été réveillée par la violence du choc, à seulement 20 minutes de la frontière.

Banon a raconté que les secours avaient pris en charge le chauffeur égyptien avant de sortir les blessés israéliens piégés dans la voiture.

« Ils ont préféré sortir d’abord le chauffeur », a-t-elle raconté.

Elle a ajouté que les personnels de l’hôpital où les blessés avaient été emmenés, dans la ville côtière de Nuweiba, en Égypte, avaient refusé de les laisser utiliser un téléphone pour entrer en contact avec le ministère des Affaires étrangères israélien dans le but de lui demander son aide. Enfin, un infirmier a accepté de les laisser profiter du point d’accès internet de son téléphone et ils ont été en mesure de parler à leurs familles ainsi qu’aux autorités israéliennes.

Pendant ce temps-là, les médecins ont prononcé la mort de Keshet et Luzon, dont les funérailles devaient avoir lieu pendant le week-end.

Moshe Matan Luzon, à gauche, et Yuval Keshet. (Crédit : Réseaux sociaux)

Quand les ambulances sont venues pour transférer le groupe à la frontière, les personnels ont demandé le paiement anticipé de la course. Les jeunes touristes israéliens n’avaient pas de liquidités sur eux mais un couple israélien qui était présent a accepté de payer 1 200 livres égyptiennes pour chacun des évacués, a poursuivi Banon.

Elle a affirmé que les autorités égyptiennes avaient demandé au groupe israélien de signer des documents attestant que le gouvernement n’avait aucune responsabilité dans ce qui était arrivé avant que l’autorisation leur soit donnée de partir.

Banon a raconté avoir été traînée avec ses amis devant un tribunal local « où des pressions psychologiques fortes ont été exercées » en faveur de la signature des documents avant leur transfert à la frontière.

Le récit de Banon n’a pas été confirmé pour le moment et les autorités égyptiennes n’ont pas réagi.

Selon des informations parues dans les médias israéliens, des hélicoptères de l’armée israélienne avaient été initialement envoyés pour ramener les blessés dans des hôpitaux de l’État juif – mais le Caire n’avait pas autorisé ces hélicoptères à atterrir sur le sol égyptien, retardant ainsi de plusieurs heures le retour des Israéliens.

De son côté, le père de l’une des Israéliennes blessées a dit à la chaîne Kan, jeudi, que sa fille avait accusé le chauffeur de circuler à grande vitesse avant l’accident.

« Il allait à une vitesse folle, il a dépassé un véhicule et il a percuté une voiture venant en sens inverse », a-t-il déclaré à Kan, citant les propos de sa fille.

Les accidents de la circulation tuent des milliers de personnes chaque année en Égypte, où le bilan en matière de sécurité des transports est médiocre.

Au début du mois, 23 personnes ont été tuées lorsqu’un bus rempli de passagers a percuté un camion-remorque en stationnement sur une aire d’autoroute du sud de l’Égypte.

En janvier, au moins 16 personnes ont été tuées et 18 autres blessées lorsqu’un minibus est entré en collision avec un bus de transport public dans la péninsule du Sinaï. En avril de l’année dernière, un bus s’est renversé en essayant de dépasser un camion sur une autoroute de la province d’Assiut, dans le sud du pays, faisant au moins 21 morts et trois blessés.

En 2006, 12 Israéliens ont été tués et de nombreux autres blessés dans un accident de la route dans le Sinaï. Certaines familles des victimes ont affirmé qu’il s’agissait d’une attaque terroriste et que le conducteur avait délibérément entraîné l’accident de son propre véhicule.

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