Steve Israel : Les juifs de Floride s’inquiètent plus de Trump que de Téhéran
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Interview

Steve Israel : Les juifs de Floride s’inquiètent plus de Trump que de Téhéran

Pour le juif le plus haut placé au Congrès, qui fait campagne pour Clinton, les bouffonneries du candidat républicain ont fait de l’ombre à la consternation générale au sujet du nucléaire

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Steve Israel en Floride, le 26 octobre 2016 (Crédit : Facebook)
Steve Israel en Floride, le 26 octobre 2016 (Crédit : Facebook)

WASHINGTON – Steve Israel, (district de New York), le juif le plus haut placé au Congrès, s’est rendu en Floride cette semaine dans le cadre de sa campagne pour la candidate démocrate Hillary Clinton. Il parle des juifs de Floride avec lesquels il s’est entretenu. Ils sont plus inquiets du candidat Donald Trump que de la question de l’Iran.

Israel, qui représente le troisième district de l’État de New York, dont fait partie la côte nord de Long Island, s’est opposé à l’accord sur le nucléaire établi en juillet 2015.

Mais dans la route vers la présidence, dans un pays qui ressemble à un champ de bataille, et dont les juifs ne constituent que 5 % de la population, Israel dit ne pas avoir eu besoin d’apaiser les électeurs qui appréhendent l’accord contentieux, électeurs auprès de qui il détient une certaine crédibilité.

« Je n’ai pas eu vent d’inquiétudes à ce sujet », a-t-il confié au Times of Israel, lors d’un entretien téléphonique. « Je pense que les déclarations de Trump ainsi que son comportement ces derniers mois ont fait de l’ombre aux inquiétudes de certains quant à la question iranienne. »

Donald Trump, candidat républicain à la présidentielle, pendant un meeting de campagne à Concord, en Caroline du Nord, le 7 mars 2016. (Crédit : AFP/Sean Rayford/Getty Images)
Donald Trump, candidat républicain à la présidentielle, pendant un meeting de campagne à Concord, en Caroline du Nord, le 7 mars 2016. (Crédit : AFP/Sean Rayford/Getty Images)

Le démocrate new-yorkais a également indiqué que Trump n’a dévoilé qu’une « rhétorique vide », ainsi que des incohérences à propos d’Israël et de la menace iranienne, tandis que Clinton est connue pour soutenir Israël, notamment à travers sa négociation dans le cadre du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas en 2012, lors d’une recrudescence de la violence dans la bande de Gaza.

« Il n’est de contraste plus saisissant au sujet des relations entre Israël et les États-Unis », dit-il au sujet des deux candidats. « Donald Trump a un double discours, et Hillary Clinton a prouvé qu’elle soutenait Israël. »

L’ancien président du Democratic Congressional Campaign Committee dit que les nombreux électeurs juifs à travers la Floride, à Hollywood, à Boca et à Fort Lauderdale, sont consternés par le candidat républicain et les récentes controverses qui ont fait la Une.

Les électeurs juifs de Floride, selon Israël, ont également évoqué l’enregistrement de 2005 dans lequel on peut entendre Trump se vanter de faire des avances sexuelles à des femmes, des accusations de la part de onze femmes qui disent avoir été tripotées ou touchées contre leur gré, et son refus d’accepter le résultat du 8 novembre, ce qui a suscité un sombre écho parmi la communauté juive.

« Une grande anxiété règne autour de Donald Trump sur plusieurs sujets. Les deux sujets qui sont évoqués à chacune de mes visites sont la façon dont il traite les femmes, et sa suggestion selon laquelle il n’acceptera pas les résultats de l’élection démocratique », dit-il.

« Ceci est particulièrement alarmant pour beaucoup de juifs américains, parce que c’est un nom de code pour dire qu’il fomente des choses dangereuses, et ça n’est jamais positif pour les juifs, comme l’Histoire l’a prouvé », a-t-il ajouté.

Israel, qui prend sa retraite après avoir passé 16 ans au Congrès, a déclaré que bien que l’État d’Israël soit une priorité exprimée par les communautés juives dans lesquelles il s’est rendu, il y a « toute une gamme de questions qui travaillent les électeurs juifs. »

Les votes préliminaires ont commencé lundi en Floride, et Israel dit avoir parlé à de nombreux électeurs qui ont déjà enregistré leur bulletin pour le porte-étendard de son parti. Un effort conjoint à cibler l’électorat juif de Floride, qui pourrait potentiellement faire basculer le collège électoral a déjà commencé depuis cet été.

La candidate démocrate à la présidence Hillary Clinton lors d'un événement organisé par le parti démocrate le 25 juillet 2016 à Charlotte, en Caroline du Nord (Crédit : Justin Sullivan/Getty Images/AFP)
La candidate démocrate à la présidence Hillary Clinton lors d’un événement organisé par le parti démocrate le 25 juillet 2016 à Charlotte, en Caroline du Nord (Crédit : Justin Sullivan/Getty Images/AFP)

Il y a deux mois, le National Jewish Democratic Council a lancé un PAC (comité d’action politique chargé de recueillir des fonds pendant les campagnes électorales américaines) nommé Jews for Progress, pour cibler l’électorat juif et d’autres « États pivots » dans lesquels un « renversement dans le vote juif pourrait changer la donne de cette élection présidentielle. »

La plupart des sondages montrent que Clinton a l’avantage en Floride, mais cet avantage reste symbolique. Les dernières informations de Real Clear Politics Average montrent qu’elle mène par 4 points. Un sondage du mois d’août indique qu’elle obtient 66 % de soutien en Floride, contre 23 % pour son rival républicain.

Israel a prédit que Clinton recevrait « l’un des plus hauts pourcentages de votes juifs de mémoire d’homme ». Une enquête menée en septembre par l’American Jewish Comittee a montré que Clinton terrasse Trump, à 31 % contre 19 % dans l’électorat juif, mais ce chiffre reste inférieur à celui de l’ancien candidat démocratique.

Le président Obama avait amassé 69 % des votes de l’électorat juif en 2012, et entre 74 et 78 % en 2008. John Kerry avait obtenu 76 % de soutien en 2004, tandis qu’Al Gore en avait obtenu 79 % en 2000.

Pour Israel, l’électorat juif se tournera vers Clinton cette année, à cause « de tous les enjeux ».

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