Tensions internes chez les Juifs reconstructionnistes autour d’une loi anti-BDS
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Tensions internes chez les Juifs reconstructionnistes autour d’une loi anti-BDS

Des rabbins et des étudiants rabbiniques affirment que le soutien au projet de loi anti-BDS sape un "mouvement légitime non violent mené par les Palestiniens"

Une Palestinienne marche devant une pancarte appelant au boycott d'Israël dans la ville de Bethléem en Cisjordanie, le 11 février 2015 (Miriam Alster / Flash 90)
Une Palestinienne marche devant une pancarte appelant au boycott d'Israël dans la ville de Bethléem en Cisjordanie, le 11 février 2015 (Miriam Alster / Flash 90)

WASHINGTON (JTA) — Plus de 60 rabbins et étudiants rabbiniques reconstructionnistes ont déclaré être déçus par la décision du mouvement de soutenir une résolution du Congrès qui condamnerait le mouvement BDS ciblant Israël.

Le 3 avril, Reconstructing Judaism, un organisme fédérant plusieurs groupes reconstructionnistes, a rejoint quatre autres groupes progressistes pour soutenir une résolution bipartisane anti-BDS introduite lors de la conférence annuelle de l’AIPAC la semaine dernière. Deux autres groupes progressistes se sont associés à un certain nombre de groupes pro-Israël dans une lettre distincte pour soutenir la résolution.

La résolution condamnerait le mouvement de boycott anti-Israël et réaffirmerait le soutien à une solution à deux états pour le conflit israélo-palestinien, même si, contrairement à un projet de loi du Sénat (S.1) adopté en février, il ne faciliterait pas l’instauration de sanctions contre ceux qui soutiennent le BDS.

« Ces résolutions visent à délégitimer un mouvement non violent mené par les Palestiniens qui demandent la liberté et l’égalité », notait la lettre envoyée la semaine dernière et signée par un groupe de rabbins et d’étudiants défendant une grande variété de points de vue sur le mouvement BDS. Certains le soutiennent, d’autres soutiennent seulement le boycott des implantations et certains s’y opposent.

Le rabbin Deborah Waxman, présidente de l’Université rabbinique reconstructionniste. (Crédit : Judaïsme reconstructiviste via JTA)

En réaction à la lettre de protestation, le rabbin Deborah Waxman, la présidente de l’Université rabbinique reconstructionniste et des Communautés juives reconstructionnistes, et Seth Rosen, président du conseil de gouverneurs, ont déclaré dans une lettre qu’ils savaient que le soutien apporté à cette résolution serait « polémique » au sein du mouvement et qu’ils « ont tiré des leçons de cette expérience », mais ils maintiennent cependant leur décision.

Ils ont tous deux ont noté que la résolution en question est non contraignante, contrairement à d’autres projets de loi qui pénaliseraient les partisans d’un boycott d’Israël, et que les républicains utilisent ces projets de loi pour présenter les démocrates comme « anti-Israël ». En outre, la résolution du Congres défendue par des groupes progressistes et initiée par les élus démocrates Jerry Nadler (New York) et Brad Schneider (Illinois) et le républicain Lee Zeldin (New York) réaffirme le soutien à une solution à deux États alors que les autres projets ne le font pas.

Waxman et Rosen ont fait spécifiquement référence au projet de loi S.1, en déclarant que la résolution contrerait ses effets punitifs, dont des critiques affirment que certains contreviennent à la liberté d’expression.

« Nous pensons que notre silence sur cette question, et celui d’autres groupes juifs progressistes, alimenterait l’idée que « les Juifs » soutiennent S.1, et en particulier l’absence de défense de S-1 par des responsables politiques progressistes est en-soi anti juif », ont écrit les deux représentants de la communauté reconstructionniste dans leur lettre.

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