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Terrorisme: Israël renforce les restrictions autour de Jénine, en Cisjordanie

Le ministre de la Défense a indiqué que les politiques du Ramadan plus indulgentes - permettant aux Palestiniens de fêter le mois sacré - continueront à être appliquées ailleurs

Une photo montre le checkpoint de Jamaleh dans le nord de la Cisjordanie, le 8 avril 2022. (Crédit :  Jaafar Ashtiyeh/AFP)
Une photo montre le checkpoint de Jamaleh dans le nord de la Cisjordanie, le 8 avril 2022. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Les autorités israéliennes ont imposé de nouvelles restrictions, samedi, dans le gouvernorat de Jénine, en Cisjordanie, qui a été le théâtre d’échanges de coups de feu répétés entre soldats israéliens et tireurs palestiniens – un secteur dont étaient également originaires les auteurs de deux attentats terroristes majeurs.

Les checkpoints de Jalameh et de Rihan, dans le secteur de Jénine, seront fermés et les Arabes israéliens ne pourront ni entrer ni sortir de la zone, selon le COGAT, l’instance militaire chargée d’assurer la liaison avec les Palestiniens.

Ces points de passage sont une artère économique déterminante pour la ville. Les Arabes israéliens vont régulièrement faire leurs courses à Jénine et le mois sacré du ramadan est une période essentielle pour les commerces de la localité.

Treize personnes ont été tuées dans quatre attentats distincts, ces dernières semaines – la vague terroriste la plus sanglante à avoir frappé l’État juif depuis des années. Deux des attaquants – Raad Hazem, qui a tué trois Israéliens à Tel Aviv, jeudi et Diaa Hamarsheh, dont la fusillade meurtrière a fait cinq morts à Bnei Brak – étaient originaires de Jénine et de ses environs.

Les incursions à Jénine et dans les villages environnants de la part des soldats israéliens ont été marquées par des échanges de coups de feu croissants, ces derniers mois. Même si l’Autorité palestinienne avait lancé une opération dans le gouvernorat, l’année dernière, pour restaurer l’ordre, les analystes estiment que Ramallah a de moins en moins d’influence dans la région.

En même temps, le ministre de la Défense Benny Gantz a indiqué qu’Israël continuerait à alléger certaines restrictions pesant sur les Palestiniens de Cisjordanie pendant le ramadan après avoir averti que ces allègements pourraient « être menacés par le terrorisme ».

L’État juif a décidé de faciliter les déplacements pour les Palestiniens désireux de se rendre à la prière du vendredi à la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem pendant le mois sacré du ramadan. Il autorise notamment les enfants, les femmes et certains hommes à entrer sur le territoire sans autorisation préalable.

Gantz a noté que l’armée « va continuer et intensifier » les opérations de répression « en parallèle à l’application de la politique civile préalablement convenue » – une référence aux restrictions assouplies.

Selon le ministère de la Défense, Gantz va présenter également au cabinet, dimanche, pour approbation un plan d’investissement de 360 millions de shekels qui serviront à réparer les brèches dans la barrière de sécurité au cabinet.

A Bethléem, en Cisjordanie, les forces de sécurité israéliennes regardent des Palestiniens venus pour faire contrôler leur carte d’identité alors qu’ils se rendent à Jérusalem pour assister aux prières du ramadan à la mosquée al-Aqsa, le 8 avril 2022 (Crédit : Hazem Bader/AFP)

En plus de la fermeture des checkpoints, les hommes d’affaires palestiniens de Jénine en possession des autorisations réservées aux élites qui sont délivrées par l’armée ne pourront ni entrer, ni sortir de la ville – ce qui ne sera pas le cas des ouvriers et autres salariés ordinaires qui pourront se rendre à leur travail comme d’habitude, a souligné le COGAT.

Les résidents palestiniens de Jénine n’auront pas le droit de rendre visite aux membres de leur famille proche au sein de l’État juif. Pendant le ramadan, certains Palestiniens sont autorisés à aller voir leur famille pendant le ramadan, un geste de bonne volonté de la part du gouvernement israélien pendant le mois sacré.

Le gouverneur de Jénine, Akram Rajoub, a critiqué les restrictions israéliennes, une « punition collective » qui, selon lui, ne fera qu’entraîner plus de violences.

« Quand vous punissez tout Jénine, que vous empêchez le commerce ou que vous empêchez les travailleurs de travailler, vous ne faites que pousser les gens dans leurs retranchements. Attendez-vous à ce qu’ils réagissent », a commenté Rajoub auprès du Times of Israel.

Le ministre de la Défense Benny Gantz pendant une conférence de presse au siège de Tsahal, le 30 mars 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Rajoub a refusé de condamner les deux terroristes. Il s’est aussi distancié de la condamnation par Abbas des attentats qui ont été perpétrés.

« Les Palestiniens ne sont pas des terroristes. Les Palestiniens veulent se libérer de l’occupation », a martelé Rajoub.  » Il n’y a pas d’horizon politique, il n’y a pas d’horizon économique, il n’y a pas d’espoir de mettre un terme à l’occupation. Alors qu’attendez-vous des Palestiniens ? »

Combats à Jénine

Les troupes israéliennes sont entrées dans Jénine, samedi matin, pour arrêter le père du terroriste palestinien Raad Hazem, auteur de l’attentat à l’arme à feu qui a fait trois morts, jeudi, dans le centre-ville de Tel Aviv.

Mais les soldats ne l’ont pas trouvé dans son habitation de Jénine, a fait savoir un responsable militaire. Pendant l’opération, des Palestiniens ont ouvert le feu sur les militaires qui ont riposté, a noté l’armée israélienne.

Selon le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne, un Palestinien a été tué et treize autres ont été blessés au cours de ces affrontements. Il n’y a pas eu de blessé du côté israélien, a annoncé Tsahal.

Les Palestiniens lancent un cocktail Molotov sur un véhicule militaire israélien dans le camp de réfugiés palestinien de Jénine, en Cisjordanie, pendant une opération sur l’habitation d’un terroriste, le 9 avril 2022. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Le Palestinien décédé s’appelait Ahmed al-Saadi, et il était membre du Jihad islamique palestinien. Il vivait dans le camp de réfugiés de Jénine. Son fusil M-16 a été saisi par les soldats israéliens.

Les troupes israéliennes ont quitté le camp de réfugiés plusieurs heures plus tard. Selon les responsables, trois individus ont été arrêtés pendant le raid, notamment un tireur qui a été grièvement blessé durant les échanges de coups de feu et qui a été évacué en hélicoptère militaire vers l’hôpital Rambam, où il a été pris en charge.

Vendredi, le chef de l’armée israélienne, Aviv Kohavi, a indiqué que les militaires renforceraient leurs activités dans le nord de la Cisjordanie suite à ces attentats terroristes meurtriers impliquant des Palestiniens originaires de la région de Jénine.

La semaine dernière, les soldats israéliens avaient tenté d’arrêter des terroristes, près de Jénine, qui s’apprêtaient à commettre un attentat terroriste en Israël. Trois membres du Jihad islamique étaient morts dans les échanges de coups de feu qui avaient suivi, et quatre soldats israéliens avaient été blessés.

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