Toiles de Derain : La justice ordonne la restitution à une famille spoliée
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Toiles de Derain : La justice ordonne la restitution à une famille spoliée

Le ministère de la Culture "appliquera dans les meilleurs délais" l'arrêt de la cour qui demande à l'Etat de restituer trois toiles aux héritiers du marchand d'art René Gimpel

Le peintre André Derain. (Bibliothèque nationale de France / Domaine public)
Le peintre André Derain. (Bibliothèque nationale de France / Domaine public)

Le ministère de la Culture a « pris acte » et « appliquera dans les meilleurs délais » l’arrêt de la cour d’appel de Paris qui demande à l’Etat de restituer deux toiles spoliées du peintre fauviste André Derain aux héritiers de René Gimpel, a-t-il annoncé jeudi dans un communiqué.

La Cour avait condamné mercredi l’Etat à restituer ces œuvres, qui avaient appartenu au grand collectionneur d’art juif spolié pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les deux tableaux, « Paysage à Cassis » et « La Chapelle-sous-Crécy », qui appartiennent actuellement aux collections nationales, ont été donnés à l’Etat en 1976 par Pierre et Denise Lévy, qui les avaient acquis dans les années 1950. Ils ont été affectés au musée des Beaux-Arts de Troyes. 

La Cour d’appel a par ailleurs demandé à la ville de Marseille de restituer une troisième œuvre, « Pinède, Cassis », acquise en 1987 et qui se trouve au Musée Cantini.

Ces trois œuvres avaient été achetées par René Gimpel en 1921. Ce dernier, Juif et résistant et l’un des grands collectionneurs du XXe siècle, avait été déporté en 1944. Il est mort en déportation en 1945 à Neuengamme.

Selon l’arrêt consulté par l’AFP, la cour a infirmé le jugement du tribunal de grande instance, qui avait refusé en août 2019 la restitution de ces toiles peintes entre 1907 et 1910.

Il existe des « indices précis, graves et concordants » selon lesquels les tableaux sont bien ceux qui ont été spoliés, écrit la cour dans sa décision.

En première instance, le tribunal avait jugé au contraire qu’il subsistait des « incertitudes persistantes quant à l’identification des tableaux ».

« La famille ayant fait appel, le ministère de la Culture s’en est de nouveau remis à la sagesse du juge », a souligné le ministère de la Culture dans son communiqué.

« La complexité de ce dossier », relève le ministère, « rappelle l’importance de la recherche de provenance des biens culturels présents dans les collections publiques susceptibles d’avoir été l’objet de spoliations pendant la période nazie ». 

Le ministère de la Culture s’est doté en 2019 d’une mission dédiée à ces travaux de recherches. Ce travail, mené en lien avec les musées de France et les bibliothèques, doit permettre d’identifier les œuvres spoliées et de retrouver ensuite les propriétaires légitimes ou leurs ayants droit afin de leur restituer les œuvres.

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