Trump sera « très déçu » si Israël fait obstacle à son plan pour Gaza – source
Le bureau de Netanyahu estime le plan de désarmement inacceptable malgré l’accord du Hamas ; Washington évoque un délai de 14 jours pour en fixer la mise en œuvre
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Le président américain Donald Trump serait « très déçu » si Israël ne permettait pas la mise en œuvre de son plan en 20 points pour la reconstruction de la bande de Gaza, a déclaré jeudi un haut responsable américain.
Cet avertissement a été lancé lors d’un point presse avec les journalistes peu après l’annonce par Trump que le groupe terroriste palestinien du Hamas avait approuvé la proposition de désarmement élaborée par son Conseil de paix.
Réagissant aux informations faisant état d’une avancée majeure dans les négociations menées plus tôt dans la journée entre le Conseil de paix et le Hamas, en Égypte, le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a publié un communiqué tempérant cet optimisme. Il y affirme que la proposition de désarmement ne répond pas aux exigences israéliennes d’une démilitarisation totale de Gaza, préalable à tout retrait de l’enclave.
Ce communiqué a manifestement contrarié l’administration Trump, amenant ce haut responsable américain à déclarer aux journalistes : « Nous ne demandons pas à Israël de faire quoi que ce soit qui ne figure pas dans le plan en 20 points qu’il a accepté dès le départ, et nous sommes donc convaincus qu’il le respectera. Dans le cas contraire, le président Trump serait très, très déçu. »
« Nous leur demandons simplement de respecter l’accord initial, celui qui a permis le retour de leurs otages et ouvert la voie à la fin de la guerre. Gaza est leur plus grande épine dans le pied depuis de nombreuses années », a poursuivi le responsable.
« Compte tenu de tous les défis auxquels ils sont actuellement confrontés, ils n’ont aucun intérêt à voir cette situation se détériorer davantage. »
« Nous pensons qu’ils continueront d’être un partenaire fiable dans ce dossier et qu’ils respecteront leurs engagements », a ajouté le responsable américain.
« Israël ne pensait pas que nous parviendrions à conclure un accord permettant la libération des otages. Il ne croyait pas non plus que nous réussirions à rapatrier les dépouilles. Les Israéliens restent très sceptiques quant au désarmement du Hamas… Mais le Hamas a bel et bien conclu un accord… et il a respecté ses engagements en restituant les dépouilles et les otages. Notre objectif est désormais de veiller à ce qu’Israël honore lui aussi ses engagements et de nous assurer que nous puissions jouer pleinement notre rôle de médiateur impartial. »
Le responsable américain a également critiqué Israël pour son opposition à l’entrée du Qatar et de la Turquie au sein du Conseil de paix.
« De nombreuses critiques, notamment en Israël, ont été formulées lorsque nous avons invité la Turquie et le Qatar à rejoindre le Conseil exécutif de Gaza. Pourtant, ces deux pays ont été, aux côtés de l’Égypte, des partenaires essentiels au maintien du cessez-le-feu », a-t-il déclaré. « Israël a ses propres contraintes politiques, et les aspirations palestiniennes doivent également être prises en compte. Nous essayons toutefois de dépasser ces considérations et de continuer à faire avancer le processus. »
Début d’une période décisive de deux semaines
La conférence de presse de jeudi avait été organisée par la Maison Blanche afin de fournir davantage de précisions sur la proposition de désarmement acceptée par le Hamas.
Un responsable du Conseil de paix a indiqué séparément au Times of Israel que l’accord donné par le Hamas marquait le début d’une période de 14 jours durant laquelle les parties devront arrêter le calendrier de mise en œuvre des différentes étapes prévues par le cadre de désarmement.
Selon un autre responsable du Conseil de paix, les différents scénarios envisagés prévoient que l’ensemble du processus de désarmement s’étende sur une période comprise entre 200 et 350 jours.
Une fois ce calendrier arrêté, le Conseil de paix commencera à veiller à ce qu’Israël respecte les engagements pris dans le cadre du cessez-le-feu conclu en octobre 2025 à Gaza, a ajouté ce responsable.
Veiller à ce qu’Israël respecte ses engagements non tenus
Israël était censé mettre fin à ses frappes sur Gaza et respecter une série d’engagements relatifs à l’acheminement de l’aide humanitaire dans l’enclave, engagements qu’il a, dans une large mesure, ignorés.
Le Conseil de paix s’était jusqu’à présent largement abstenu de demander des comptes à Israël sur ces engagements, le Hamas tardant à accepter la proposition de désarmement élaborée par cet organe dirigé par les États-Unis.
Maintenant que le Hamas a donné son feu vert à cette feuille de route, Israël devra se retirer jusqu’à la « ligne jaune » définie lors du cessez-le-feu d’octobre 2025. Cette ligne permettait à Israël de contrôler environ 53 % de la bande de Gaza, mais l’État hébreu s’en est depuis écarté en cherchant à étendre son contrôle à près de 70 % du territoire.
Israël ne sera pas tenu de se retirer au-delà de la « ligne jaune » définie lors du cessez-le-feu tant que le Hamas n’aura pas commencé à remettre ses armes, a indiqué au Times of Israel un premier responsable du Conseil de paix. Il a ajouté que Tsahal ne serait autorisé à intervenir qu’en cas de menace jugée imminente.
Le Hamas et tout autre groupe terroriste armé palestinien devront également cesser toute activité militaire à l’issue de la période initiale de 14 jours, une fois le calendrier complet de la feuille de route arrêté, a expliqué un deuxième responsable du Conseil de paix.
Un Comité de vérification de la mise en œuvre (Implementation Verification Committee, IVC) sera créé afin de vérifier, de manière indépendante, que les deux parties respectent les engagements pris dans le cadre du cessez-le-feu d’octobre 2025.
La feuille de route ne pourra passer à une nouvelle phase – qu’il s’agisse du démantèlement, du retrait ou de la reconstruction – tant que l’IVC n’aura pas confirmé l’achèvement de la phase initiale.
Entrée en scène du NCAG… selon un calendrier flexible
Une fois le respect du cessez-le-feu d’octobre 2025 vérifié, la proposition de désarmement du Conseil de paix prévoit que le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) – un groupe de technocrates palestiniens appelé à remplacer le Hamas à la tête de la bande de Gaza – prendra progressivement ses fonctions dans l’enclave, a indiqué le responsable.
Le NCAG sera chargé d’assurer la continuité des services publics à Gaza, tout en recrutant de nouveaux fonctionnaires et en licenciant ou en réaffectant ceux qui travaillaient pour le Hamas.
Si les deux responsables du Conseil de paix ont évoqué une période initiale de 14 jours, ils ont néanmoins, à l’instar du haut responsable américain, laissé entendre que le processus pourrait prendre davantage de temps, comme cela a déjà été le cas jusqu’à présent.
« Ne vous focalisez pas sur les dates ni sur le nombre de jours, car le rythme dépendra en réalité de la manière dont chaque étape sera mise en œuvre », a déclaré le deuxième responsable du Conseil de paix.
« Je n’accorderais pas trop d’importance au calendrier », a ajouté le responsable américain. « Nous espérons que les deux parties coopéreront… Dans le cas contraire, nous réagirons en conséquence, comme nous l’avons fait ces derniers mois. »
L’ISF et la nouvelle force de police de Gaza appelés à assurer la sécurité
La Force internationale de stabilisation (ISF) et une nouvelle force de police palestinienne entreront progressivement dans la bande de Gaza aux côtés du NCAG, a indiqué un responsable du Conseil de paix lors d’un point presse.
Le responsable américain a précisé que le Conseil de paix avait obtenu l’engagement de fournir 5 000 soldats de plusieurs pays. À ce stade, toutefois, seuls quelques représentants du Maroc, du Kosovo, de l’Albanie et du Kazakhstan se sont rendus en Israël en vue d’un futur déploiement.
Selon le responsable du Conseil de paix, ces quatre pays mèneront également des discussions avec d’autres États afin d’élargir leur participation à l’ISF.
L’ISF aura pour mission d’accompagner la formation de la nouvelle force de police de Gaza, de faciliter le désarmement et de s’interposer progressivement entre les forces de Tsahal et les Palestiniens à mesure que l’armée israélienne se retirera de la bande de Gaza.
The #ISF welcomes the newest members of the Kosovo Security Force to the team. They will support the Gaza security effort in areas such as logistics and civil affairs.#StabilityStartsHere pic.twitter.com/Pv0xWif4Gz
— Board of Peace (@BoardOfPeace) July 12, 2026
Le responsable américain a indiqué que la formation de cette nouvelle force de police avait déjà commencé, même si la grande majorité des 5 000 recrues sélectionnées n’ont pas encore pu quitter Gaza en raison de ce qu’il a présenté comme la volonté d’Israël « de faire traîner les choses ».
Le responsable du Conseil de paix a ajouté qu’un certain nombre de policiers actuellement membres du Hamas pourront intégrer la nouvelle force de police, tandis que d’autres seront réaffectés à des fonctions civiles sans lien avec la sécurité.
« Nous ne voulons pas que les gens perdent leur moyen de subsistance. En revanche, nous tenons à être très clairs : lorsque le NCAG prendra ses fonctions, il devra disposer de toute la liberté nécessaire pour agir efficacement », a déclaré le responsable.
Le NCAG et la nouvelle force de police seront chargés de gérer l’ensemble des questions de sécurité intérieure, de maintenir l’ordre public et de faire respecter la loi dans la bande de Gaza, a ajouté le responsable du Conseil de paix.
Les armes de la police du Hamas remises en premier, les armes lourdes et individuelles ensuite
La proposition de désarmement du Conseil de paix, approuvée par le Hamas, prévoit que le groupe terroriste remette en premier lieu les armes détenues par ses forces de police au NCAG, a précisé le responsable.
Cette étape sera suivie du démantèlement des armes lourdes, des dépôts d’armes et des tunnels présents dans la bande de Gaza.
Les armes individuelles encore en circulation à Gaza seront remises en dernier, conformément à la législation de l’Autorité palestinienne (AP), qui autorise les particuliers à détenir une arme à feu sous certaines conditions, à condition qu’elle soit dûment enregistrée.
Les milices et les clans armés de Gaza soutenus par Tsahal seront également tenus de remettre leurs armes dans le cadre de ce processus, a déclaré le responsable du Conseil de paix.
Alors que les armes seront remises au NCAG, l’ISF contribuera à encadrer le processus de désarmement. Ses responsables travaillent déjà aux modalités permettant d’assurer le bon déroulement des opérations en toute sécurité.
Ce dispositif sera déployé progressivement dans l’ensemble de la bande de Gaza et il restera étroitement lié au retrait progressif de Tsahal, les deux processus étant supervisés par l’IVC.
Le processus reposera sur le principe « d’une seule autorité, une seule loi et une seule arme », afin d’éviter « une situation dans laquelle le NCAG exercerait son autorité durant la journée, tandis que des ‘activistes’ reprendraient les armes la nuit pour perturber le processus », a expliqué le responsable du Conseil de paix.
Un « accord de paix sociale » sera également signé par l’ensemble des groupes terroristes et factions de Gaza afin d’éviter que des affrontements n’éclatent entre elles une fois les armes remises, a-t-il ajouté.
Peu de précisions ont été fournies lors de la conférence téléphonique sur la reconstruction de Gaza, si ce n’est qu’elle sera supervisée par le Conseil de paix et le NCAG « conformément aux normes internationales », a indiqué le responsable.
Un autre responsable du Conseil de paix a indiqué au Times of Israel que la reconstruction progresserait parallèlement au désarmement des différentes zones. Le premier projet pilote de logements devrait voir le jour au début de l’année 2027 sur les ruines de la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.
Le Conseil de paix a obtenu des promesses de dons à hauteur de 16 milliards de dollars, principalement de la part des pays du Golfe. Il s’est toutefois abstenu de mobiliser ces fonds tant que le Hamas n’avait pas accepté sa proposition de désarmement, a indiqué le responsable américain.
Yakir Gabay, promoteur immobilier israélo-chypriote et membre du Comité exécutif de Gaza du Conseil de paix, a mené des négociations avec plusieurs entreprises de construction dont les noms n’ont pas été rendus publics, ce qui a permis de réduire le coût des projets de reconstruction, a ajouté le responsable américain.
L’Iran a tenté en vain de dissuader le Hamas d’accepter le désarmement
Le haut responsable américain a affirmé que la République islamique d’Iran avait tenté de convaincre le Hamas de rejeter la proposition de désarmement du Conseil de paix, sans succès.
« L’Iran aurait souhaité que le Hamas ne conclue pas cet accord. Mais l’Iran a abandonné le Hamas il y a déjà quelque temps. Il n’a plus les moyens de le soutenir et je pense que les dirigeants du Hamas comprennent qu’ils doivent désormais faire ce qui est le mieux pour eux-mêmes et pour la population », a déclaré le responsable américain.
Il a ajouté que l’offre d’amnistie prévue par la proposition de désarmement pour les terroristes du Hamas qui accepteraient de remettre leurs armes et d’adhérer au plan en 20 points de Trump avait constitué un argument déterminant dans la décision du groupe terroriste.
« L’Iran a bien essayé de les convaincre de ne pas conclure cet accord, mais nous sommes finalement parvenus à surmonter cet obstacle », a ajouté le responsable américain, confirmant ainsi une information publiée par le site Axios, selon laquelle des responsables du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) avaient exhorté une délégation du Hamas présente aux funérailles de l’ancien guide suprême Ali Khamenei à ne pas se hâter d’accepter la proposition du Conseil de paix.
Washington : l’AP peut rester en retrait ; nous discutons avec Dahlane
Interrogé sur le rôle de l’Autorité palestinienne (AP) dans la gestion de l’après-guerre à Gaza, le haut responsable américain a estimé qu’elle devait avant tout se concentrer sur la mise en œuvre de réformes en Cisjordanie afin d’être, un jour peut-être, en mesure d’administrer la bande de Gaza.
Le responsable américain a confirmé l’existence d’un bureau de liaison chargé d’assurer la coordination entre le Conseil de paix et l’AP.
« Mais, au bout du compte, ils doivent se concentrer sur les réformes. Ils doivent prouver qu’ils sont capables de gouverner la Cisjordanie ; ensuite, bien sûr, nous pourrons envisager un rôle pour eux à Gaza », a-t-il déclaré.
« L’Autorité palestinienne n’a pas été efficace en Cisjordanie, et le Hamas a fait bien pire à Gaza. Nous allons donc essayer une nouvelle approche », a ajouté le haut responsable américain.
Il n’a toutefois pas évoqué les nombreuses mesures punitives prises par le gouvernement Netanyahu, qui ont conduit l’AP au bord de l’effondrement et considérablement limité sa capacité à engager les réformes qui lui étaient demandées.
Comme si cela ne suffisait pas, le responsable américain a confirmé que l’un des principaux rivaux du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, l’ancien chef de la sécurité à Gaza Mohammed Dahlane, figurait parmi les personnalités consultées par Washington au sujet de la gouvernance de la bande de Gaza après la guerre.
Un diplomate arabe a indiqué jeudi matin au Times of Israel que Jared Kushner, gendre et principal conseiller du président américain Donald Trump, était resté en contact étroit avec Mohammed Dahlane tout au long de l’année écoulée au sujet de Gaza.
« Mohammed Dahlane fait partie des personnes avec lesquelles nous échangeons. Il nous fournit de nombreuses informations précieuses sur Gaza et sur la situation sur le terrain », a déclaré ce responsable américain.
Adoptant un ton plus conciliant à l’égard de l’AP, le haut responsable du Conseil de paix présent lors de la conférence téléphonique a assuré que les échanges avec Ramallah se déroulaient dans une totale transparence.
Il a également souligné que le NCAG n’avait vocation à être qu’une autorité transitoire et que, si la proposition de désarmement était mise en œuvre, elle « rouvrirait la perspective d’un horizon politique pour le peuple palestinien, qui pourra se concrétiser lorsque l’Autorité palestinienne aura été réformée et sera en mesure de reprendre le relais ».
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