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Tsahal a présenté à Biden une nouvelle pièce de son arsenal : un laser anti-drones

Objectif : une guerre à bas coût, pour quelques dollars par usage contre environ 50 000 dollars pour le Dôme de fer, utilisé contre les roquettes du Hamas palestinien

Le président américain Joe Biden visite une exposition de technologie de défense israélienne à l'aéroport Ben Gurion, le 13 juillet 2022. (Capture d'écran)
Le président américain Joe Biden visite une exposition de technologie de défense israélienne à l'aéroport Ben Gurion, le 13 juillet 2022. (Capture d'écran)

Dès l’arrivée du président américain Joe Biden en Israël mercredi, l’armée israélienne lui a présenté une nouvelle pièce de son arsenal: un laser anti-drones, ces engins au coeur d’une guerre en pleine ascension au Moyen-Orient.

Israël tente ces jours-ci de convaincre ses alliés occidentaux – dont les Etats-Unis et la France – de ne pas s’engager en faveur d’un renouvellement de l’accord encadrant le programme nucléaire de l’Iran (JCPOA) dont s’était retirée l’administration Trump en 2018.

Outre le dossier nucléaire, Israël cherche à réduire l’influence iranienne, via entre autres sa « nouvelle architecture » du Moyen-Orient, alliance plus ou moins officielle de pays hostiles à Téhéran et ses « proxys » terroristes régionaux comme le Hezbollah au Liban ou le Hamas à Gaza.

Cette bataille se joue dans le renseignement, dans les cyber-attaques, en mer, mais aussi dans l’espace aérien avec notamment des attaques de drones sur des installations pétrolières en Arabie Saoudite, aux Emirats arabes unis, ou des engins sans pilote lancés début juillet par le groupe terroriste du Hezbollah libanais en direction d’un champ gazier en Méditerranée revendiqué par Israël.

Le ministre de la Défense Benny Gantz, à droite, rencontre son homologue américain Lloyd Austin au Pentagone, le 19 mai 2022. (Crédit : Shmulik Almany/GPO)

« Nous bâtissons un grand partenariat avec d’autres pays de la région et cela comprend des accords sur la défense aérienne », a déclaré récemment le ministre de la Défense israélien Benny Gantz.

Ce dernier avait fait ces remarques au lendemain d’un article du Wall Street Journal selon lequel des responsables des Etats-Unis, d’Israël, des Emirats et de Bahreïn, deux pays ayant normalisé leurs relations avec l’Etat hébreu, mais aussi du Qatar et de l’Arabie saoudite se sont rencontrés en Egypte pour discuter des drones iraniens.

Détecter les drones

« Si l’Iran a une force de l’air très obsolète, ses drones sont à la page », souligne Uzi Rubin, spécialiste des systèmes antimissiles à l’Institut de Jérusalem pour la stratégie et la sécurité (JISS).

« L’Iran tente de se positionner comme une puissance majeure de drones dans la région (…) Le pays a construit une vaste flotte de drones afin de compenser une aviation vieille qui a souffert de décennies de sanctions », note le Conseil européen des relations internationales (CERI).

Dans cette photo publiée le 21 mai 2021 par Sepahnews, le site Web de la Garde révolutionnaire iranienne, un nouveau drone, appelé Gaza, est affiché dans un lieu non divulgué en Iran. (Sepahnews via AP)

Et de souligner l’exemple de « Gaza », un drone présenté au printemps 2021 par les autorités iraniennes, d’une portée de 2 000 km et capable de transporter 500 kilos d’équipement et 13 bombes.

L’armée israélienne a révélé ces derniers mois avoir intercepté en mars 2021 deux drones iraniens transportant des armes en route vers la bande de Gaza, territoire palestinien sous contrôle du Hamas, un allié de Téhéran.

« Ce n’est pas facile (d’intercepter les drones) car ce sont des petits objets, volant à basse altitude et à une petite vitesse alors que les radars sont habitués à détecter des cibles rapides », comme des missiles, explique M. Rubin.

Guerre à bas coût

Israël planche depuis des années sur un nouveau système antimissile par laser, le « Iron Beam », alliant les techniques de détection aérienne de l’armée et de laser pour détruire des cibles en mouvement, le tout pour quelques dollars par usage contre environ 50 000 dollars pour le bouclier « Iron Dome », utilisé contre les roquettes du Hamas palestinien.

Le Dôme de fer en action, le 13 mai 2021. (Crédit : Avichai Socher/IDF)

« Cette technologie laser est plus utile pour les drones, que contre les roquettes ou les missiles, mais pour l’instant elle est financée par Israël seulement, pas par les Etats-Unis », principal allié de l’Etat hébreu qui finance son bouclier « Iron Dome », souligne M. Rubin.

Et l’armée israélienne a présenté mercredi au président Biden, à l’aéroport Ben Gourion, des vidéos montrant des interceptions de drones par le bouclier antimissiles Iron Dome, mais aussi par une nouvelle technologie laser, selon la vidéo consultée par l’AFP.

« Il (le laser Iron Beam) sera opérationnel dans peu d’années, et sera intégré au dispositif de l’Iron Dome. L’unité de commande et de contrôle du Iron Dome décidera en temps réel s’il est préférable d’utiliser un laser ou un missile » pour abattre un « nombre élevé de lancements ennemis », a déclaré à AFP Daniel Gold, directeur de la recherche au ministère de la Défense.

Face à Israël, l’Iran a bien « compris que les drones étaient des multiplicateurs de force et ce, à faible coût », note Eyal Pinko, spécialiste des questions de défense à l’université Bar-Ilan, près de Tel-Aviv.

« La stratégie iranienne est multi-dimensionnelle, c’est-à-dire qu’elle vise à saturer la région », avec différents moyens d’attaques y compris des drones, des roquettes et des missiles de précision, dit-il.

Un système laser haute puissance installé sur un avion Cessna crée un trou dans un drone au-dessus de la mer dans le cadre d’un test du système par le ministère de la Défense et le sous-traitant en armement Elbit Systems en juin 2021. (Crédit : Ministère de la défense)

Nouvelle ère

Israël a lancé ses premiers drones dans les années 60 alors que l’Iran a commencé à développer ses engins sans pilotes dans les années 1980 lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988).

Mais au cours des dernières années, la Turquie, l’Arabie saoudite, pays que Joe Biden doit visiter après Israël, et les Emirats ont aussi développé leur arsenal.

« Le Moyen-Orient est confronté à un changement cataclysmique de sa géopolitique avec le début de l’ère des drones », souligne ainsi le Middle East Institute (MEI), un centre de recherche basé à Washington.

Israël et ses alliés craignent de voir l’Iran doter ses alliés dans la région de centaines, voire de milliers de drones. Dans ce scénario, la meilleure offensive est-elle la défensive ?

En mars, la presse israélienne a fait état d’une attaque par Israël contre un site en Iran où étaient entreposés des dizaines de drones armés.

Mais plus tard en mai, la télévision d’Etat iranienne a diffusé pour la première fois des images d’une base souterraine de drones.

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