Tsahal à la Knesset : le nouveau régime iranien est encore plus extrême
La nouvelle direction est dominée par les Gardiens de la révolution ; Boaz Bismuth évoque une reprise des combats, la mobilisation est prolongée jusqu’au 14 mai
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Les nouveaux dirigeants iraniens sont encore plus extrémistes que leurs prédécesseurs, ont déclaré des représentants de l’armée israélienne devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, lors d’une réunion à huis clos jeudi, au lendemain de l’annonce par le président américain Donald Trump d’un cessez-le-feu de deux semaines avec Téhéran.
Deux sources au fait du dossier ont confirmé au Times of Israel les informations publiées dans la presse israélienne sur cette évaluation pessimiste de Tsahal. Elles ont précisé que les députés avaient été informés qu’une grande partie de la nouvelle direction provenait des rangs du Corps des gardiens de la révolution islamique iranien (CGRI), jugé bien plus rigide sur le plan idéologique que ses prédécesseurs.
Israël et les États-Unis ont lancé leur campagne contre l’Iran le 28 février, avec pour objectifs affichés d’affaiblir les capacités militaires du régime, d’éloigner les menaces qu’il représente – notamment ses programmes nucléaire et balistique – et de « créer les conditions » permettant au peuple iranien de renverser le régime, selon des responsables militaires et d’autres dirigeants israéliens.
Avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, l’armée de l’air israélienne a mené des centaines de vagues de frappes en Iran, larguant plus de 13 000 bombes sur des sites du régime et des installations militaires.
Depuis le début de la campagne conjointe menée par Israël et les États-Unis, ces frappes ont également permis d’éliminer des dizaines de responsables politiques et militaires de premier plan, dont le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.
Les dignitaires religieux iraniens ont désigné le fils de Khamenei, Mojtaba, comme son successeur. Celui-ci n’a toutefois pas été vu en public depuis le début de la guerre et il aurait été blessé lors d’une frappe.
Bien que le régime de la République islamique ne soit pas tombé, Trump a tenté à plusieurs reprises de présenter l’élimination de Khamenei et de dizaines d’autres hauts responsables lors des frappes américano-israéliennes comme équivalant à un effondrement du régime, faisant donc explicitement allusion à un « changement de régime ».
Des figures de l’opposition ont critiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a déclaré qu’il soutiendrait et qu’il respecterait le cessez-le-feu de deux semaines avec Téhéran. Elles l’accusent de ne pas avoir atteint les objectifs stratégiques affichés par Israël, compte tenu de la survie du régime iranien, de ses capacités nucléaires et balistiques, ainsi que des missiles du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.
Le président de la commission, Boaz Bismuth, a publié sur X à l’issue de la réunion, « qu’il est possible que la campagne reprenne dans les prochains jours » et que « nous n’en sommes qu’à une étape intermédiaire ».
Netanyahu a affirmé qu’Israël avait atteint des objectifs importants en Iran et qu’il était « plus fort que jamais », tout en reconnaissant qu’il restait encore beaucoup à faire et qu’Israël se tenait prêt à reprendre les combats à tout moment.
À l’issue de la réunion, la commission a également approuvé la prolongation de la mobilisation de jusqu’à 400 000 réservistes jusqu’au 14 mai, une mesure entérinée par le gouvernement il y a deux semaines.
Le plafond précédent était de 280 000, fixé en décembre. Depuis le début de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas en octobre 2023, le gouvernement renouvelle tous les quelques mois les autorisations de mobilisation d’urgence, permettant à Tsahal de mobiliser rapidement les réservistes et de les maintenir en service plus longtemps qu’en temps de paix.
Emanuel Fabian a contribué à cet article.
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