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Tsahal s’entraîne à une guerre de haute intensité sur plusieurs fronts

Avec sa simulation de guerre contre le Hezbollah au nord, l’armée se prépare à gérer de lourds dégâts et des centaines de victimes, et identifie des problèmes logistiques

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Illustration : Des soldats du Front intérieur israélien prennent part à un exercice de défense simulant l’effondrement d’un bâtiment à Abu Gosh, le 8 novembre 2015. (Crédit : Armée israélienne)
Illustration : Des soldats du Front intérieur israélien prennent part à un exercice de défense simulant l’effondrement d’un bâtiment à Abu Gosh, le 8 novembre 2015. (Crédit : Armée israélienne)

Selon une étude militaire publiée jeudi, dans l’éventualité où une guerre avec le groupe terroriste du Hezbollah, soutenu par l’Iran, éclatait au Liban, les villes israéliennes pourraient se trouver sous le feu de 1 500 roquettes par jour, avec des centaines de morts.

L’armée a signalé que le scénario de combats féroces et de massacres sur le front intérieur israélien constituait la base des récents entraînements menés dans le cadre de l’exercice « Chariots de feu », qui boucle sa troisième semaine.

Au cours de l’exercice – supposé se terminer le 3 juin, au terme d’un mois d’entrainement –, les soldats se préparent à répondre à des événements soudains sur plusieurs théâtres en même temps, avec un accent sur la défense de la frontière nord, a expliqué Tsahal.

Le Commandement du front intérieur a simulé des attaques à la roquette sur 80 sites, occasionnant de graves dégâts et quelque 300 victimes, au cours d’une flambée de violence de plusieurs jours avec le groupe terroriste du Hezbollah.

Le groupe terroriste libanais soutenu par l’Iran constitue depuis longtemps la menace militaire la plus importante pour Tsahal, avec un arsenal estimé à près de 150 000 roquettes et missiles susceptibles de frapper en tout endroit, en Israël.

Des manœuvres ont également eu lieu, simulant une invasion terrestre depuis le Liban. Contrairement aux combats avec les terroristes de la bande de Gaza, fortement appuyés sur des campagnes aériennes, une guerre au Liban devrait probablement déclencher une opération terrestre, selon des études récentes.

Des combattants du Hezbollah se tiennent sur le toit d’un véhicule sur lequel a été installée une fausse roquette, alors qu’ils défilent lors d’un rassemblement pour marquer le septième jour d’Achoura, dans le village de Seksakiyeh, dans le sud du Liban, le 9 octobre 2016. (Crédit : Mohammed Zaatari/AP)

L’armée israélienne a déclaré que sa campagne pourrait entrainer la mort de milliers de personnes au Liban, civils et combattants du Hezbollah.

Le Hezbollah avait tiré plus de 4 000 roquettes sur les communautés israéliennes lors de la guerre de 2006, tandis qu’Israël bombardait des cibles dans le sud du Liban. Les combats, longs d’un mois, avaient occasionné la mort de 1 200 Libanais, pour la plupart civils, 44 civils israéliens et 121 soldats israéliens.

De précédentes analyses militaires ont évalué de 1 000 à 3 000 le nombre quotidien de roquettes susceptibles d’atteindre Israël en temps de guerre.

Des secouristes israéliens à proximité du point d’impact d’une roquette, tirée depuis le sud du Liban, dans la ville de Haïfa, au nord d’Israël, le 13 août 2006. (Crédit : Flash90)

Les autorités militaires ont expliqué que ces exercices avaient vocation à améliorer les compétences et la préparation des soldats et de leur encadrement, en vue d’une guerre majeure sur plusieurs fronts, ainsi que la coordination avec d’autres organisations d’urgence, les autorités locales et les ministères.

Selon le chef de la Direction technologique et logistique de Tsahal, le général de brigade Pini Ben Moyal, les exercices ont également permis d’identifier « un certain nombre » de problèmes logistiques. Il a indiqué que l’armée examinerait ces questions et trouverait des moyens de les résoudre, sans plus de précisions.

L’exercice « Chariots de feu » est le plus grand exercice de l’armée depuis des décennies. Il avait été reporté en mai 2021, alors que couvait la guerre contre les groupes terroristes dans la bande de Gaza. Au cours de la dernière semaine de l’exercice, l’armée de l’air simulera une série de frappes sur des installations nucléaires en Iran.

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