Turquie: un ex-Premier ministre d’Erdogan va créer un mouvement rival
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Turquie: un ex-Premier ministre d’Erdogan va créer un mouvement rival

Lors d'une conférence de presse à Ankara, Ahmet Davutoglu, 60 ans, a également annoncé sa démission du parti islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan, l'AKP

l'ancien Premier ministre turc  Ahmet Davutoglu (2ème à droite) lors d'une conférence de presse à son bureau d'Ankara le 13 septembre 2019 (Crédit :  Adem ALTAN / AFP)
l'ancien Premier ministre turc Ahmet Davutoglu (2ème à droite) lors d'une conférence de presse à son bureau d'Ankara le 13 septembre 2019 (Crédit : Adem ALTAN / AFP)

Un ex-Premier ministre du président turc Recep Tayyip Erdogan et l’un des piliers du parti au pouvoir, Ahmet Davutoglu, a annoncé vendredi la prochaine création d’une formation politique rivale.

Lors d’une conférence de presse à Ankara, M. Davutoglu, 60 ans, a également annoncé sa démission du parti islamo-conservateur de M. Erdogan, l’AKP, devançant ainsi une décision attendue de ses instances dirigeantes de l’en expulser.

« Cela relève de notre responsabilité historique et notre devoir envers la nation (..) de créer un nouveau parti politique », a déclaré M. Davutoglu, qui fut Premier ministre de M. Erdogan entre 2014 et 2016 avant d’être évincé.

Lorsqu’il avait quitté son poste, M. Davutoglu avait juré de ne jamais critiquer M. Erdogan en public, mais il a rompu son silence en juillet en accordant une interview-fleuve dans laquelle il a notamment accusé l’AKP d’avoir dévié de ses objectifs et déploré sa décision d’exiger un nouveau scrutin à Istanbul après l’avoir perdu de justesse en mars au profit de l’opposition. Lors d’une nouvelle élection en juin, le candidat de M. Erdogan avait subi une lourde défaite.

« Je démissionne du parti au sein duquel j’ai servi avec honneur et auquel j’ai consacré beaucoup d’efforts pendant des années », a-t-il ajouté.

Le comité exécutif de l’AKP avait décidé à l’unanimité début septembre de renvoyer M. Davutoglu devant une commission disciplinaire en vue de son expulsion.

En annonçant sa démission, M. Davutoglu a qualifié la décision des instances dirigeantes de l’AKP de « très grave » et « pas en phase » avec les principes fondateurs du parti.

L’annonce de M. Davutoglu survient alors que d’autres personnalités de premier plan comme l’ancien président Abdullah Gül et l’ex-vice Premier ministre Ali Babacan, tous deux membres fondateurs de l’AKP, ont eux aussi pris leurs distances avec M. Erdogan.

M. Babacan, figure très respectée des milieux économiques, crédité des succès économiques de l’AKP pendant sa première décennie au pouvoir, a démissionné du parti le 8 juillet, lui reprochant d’avoir sacrifié ses « valeurs » et évoquant le besoin d' »une vision neuve » pour le pays.

Dans une interview au quotidien Karar cette semaine, il a annoncé qu’il créerait son parti d’ici la fin de l’année et que M. Gül soutenait ses efforts.

Il a toutefois affirmé qu’il ne se joindrait pas à M. Davutoglu, parce que leurs « priorités politiques, méthodes et ton sont différents ».

Ces « luttes internes » qui éclatent au grand jour « continueront d’affaiblir l’AKP », estime Berk Esen, de l’université Bilkent à Ankara.

Il existe désormais d’après lui une sorte de course entre les deux groupes « pour créer leur parti en premier de sorte à consolider le vote AKP dissident ».

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