Ukraine: des nationalistes dénoncent une « occupation » par un « clan juif »
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Ukraine: des nationalistes dénoncent une « occupation » par un « clan juif »

La bannière ciblant le président juif du pays, Vlodymyr Zelensky, a été observée lors d'une marche honorant les collaborateurs nazis de la Seconde Guerre mondiale

Des manifestants brandissent le drapeau du parti d'extrême droite Svoboda et une banderole disant "Combattre les collaborateurs !" lors d'un défile marquant le Jour du Défenseur de l'Ukraine, à Kiev, le 14 octobre 2020. (AP Photo/Efrem Lukatsky)
Des manifestants brandissent le drapeau du parti d'extrême droite Svoboda et une banderole disant "Combattre les collaborateurs !" lors d'un défile marquant le Jour du Défenseur de l'Ukraine, à Kiev, le 14 octobre 2020. (AP Photo/Efrem Lukatsky)

JTA – Les participants à une marche nationaliste en Ukraine ont brandi mercredi une banderole antisémite dénonçant « l’occupation et le vol » du pays par un « clan juif ».

Visant le président juif de l’Ukraine, Vlodymyr Zelensky, elle est apparue lors de la marche annuelle OUN-UPA, qui porte le nom des mouvements nationalistes ukrainiens qui se sont rangés pendant un temps du côté d’Adolf Hitler contre l’Union soviétique.

« Célébration de l’anniversaire de l’occupation et du vol de l’Ukraine par le clan juif Dniepr de Vova Zelensky », pouvait-on lire sur la banderole de la taille d’un panneau d’affichage qui était exposée devant les bureaux du chef de l’État.

Zelensky, qui a été élu l’année dernière, a implicitement critiqué la glorification des collaborateurs de guerre, en déclarant au Times of Israëll au début de cette année qu’il serait préférable de nommer les monuments et les rues du pays d’après des personnes « dont les noms ne provoquent pas de conflit ». Dnipro est une ville de l’est de l’Ukraine qui compte une importante communauté juive.

Le Président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky, interviewé dans son bureau à Kiev, le 18 janvier 2020. (Service de presse du Bureau du Président de l’Ukraine)

Mikhail Tkach, directeur exécutif de la Communauté juive unie d’Ukraine, a dénoncé un acte d’incitation et a appelé les autorités à en punir les responsables.

Parmi les autres symboles exposés lors de la marche figuraient le logo du bataillon ultranationaliste Azov et une bannière sur laquelle était écrit « White Lives Matter ».

Par ailleurs, le 14 octobre, le département de la culture de Kiev a envoyé une lettre à un éminent rabbin de Kiev lui demandant de prier pour les « défenseurs de l’Ukraine de toutes les générations ». Cette date est une fête nationale connue sous le nom de Journée du défenseur de l’Ukraine et de la Journée des Cosaques, un groupe slave qui a perpétré des pogroms contre les Juifs au début du 20e siècle. De nombreux juifs ukrainiens se sont opposés à l’instauration du 14 octobre comme fête nationale en 2015.

Des Ukrainiens défilent à l’occasion du 78e anniversaire de la création de l’Armée insurrectionnelle d’Ukraine, à Kiev le 14 octobre 2020 (STR/NurPhoto via Getty Images via JTA)

Eduard Dolinsky, directeur du Comité juif ukrainien, a critiqué la lettre, qui aurait été envoyée à de multiples ecclésiastiques, en qualifiant le tout de « bizarre ».

Selon lui, la référence à « toutes les générations » signifie que la ville demande aux Juifs de prier pour Bogdan Khmelnitsky, le chef cosaque du 17e siècle dont l’armée a tué d’innombrables Juifs, ainsi que pour les collaborateurs nazis du 20e siècle.

Cela rappelle « l’époque soviétique où les bureaucrates du parti donnaient des instructions aux collectifs de travail sur la façon de célébrer la révolution bolchevique », a comparé Eduard Dolinsky auprès de la JTA.

L’armée ukrainienne participe à un rassemblement marquant le jour du Défenseur de l’Ukraine, dans le centre de Kiev le 14 octobre 2020. (AP Photo/Efrem Lukatsky)
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