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Ukraine : Un cimetière juif de victimes d’un pogrom bombardé par les Russes

De nombreuses victimes d'un pogrom, survenu en 1918, sont enterrées dans le cimetière d'Hlukhiv, nouveau site juif endommagé en raison de la guerre

De la fumée s'élève au-dessus des stèles d'un cimetière juif qui aurait été bombardé à Hulkhiv, en Ukraine, le 8 mai 2022. (Crédit : Dmitry Zhivitsky / Facebook )
De la fumée s'élève au-dessus des stèles d'un cimetière juif qui aurait été bombardé à Hulkhiv, en Ukraine, le 8 mai 2022. (Crédit : Dmitry Zhivitsky / Facebook )

JTA — Le cimetière juif de la ville d’Hlukhiv, en Ukraine, aurait été bombardé dimanche à proximité de la frontière russe.

Le cimetière, où environ 1 500 Juifs seraient enterrés, est le dernier site juif à avoir été endommagé dans le cadre de l’invasion de l’Ukraine par la Russie qui a commencé le 24 février, il y a dix semaines.

Un grand nombre des défunts inhumés dans le cimetière sont les victimes d’un pogrom survenu en 1918. Parmi eux, Samuel Nokhimovich Shumyatsky, frère aîné d’un rabbin bien connu, et un shochet (boucher) répondant au nom de Ber Izrailevich Barkan, selon le site d’information ukrainien Kourier.

Le ministre ukrainien de la Culture Oleksander Tkachenko a précisé dans un communiqué que des rabbins influents avaient, eux aussi, été enterrés dans le cimetière.

« Ce n’est pas seulement un monument de l’Histoire mais c’est aussi un symbole particulier pour tous les Juifs », a déclaré le ministre de la Culture dans un communiqué. « La preuve que toutes les puissances les plus élevées sont de notre côté est que le tombeau du plus grand tsadik [guide spirituel hassidique] a été épargné. »

Par le passé, les sites juifs qui ont été endommagés par les frappes russes sont devenus des symboles pour les Ukrainiens qui se battent contre l’affirmation mensongère faite par les Russes, qui déclarent que des nazis sont à la tête de leur pays. Dans les tous premiers jours de la guerre, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lui-même Juif, avait souligné les dégâts commis sur un site de commémoration à des Juifs assassinés par les nazis et par leurs collaborateurs locaux à Babyn Yar, ainsi que les bombardements survenus à Ouman, un lieu de pèlerinage juif, affirmant qu’ils étaient la preuve que les forces russes tentaient d’anéantir l’Histoire de l’Ukraine.

Au moins un autre site de commémoration de la Shoah, aux abords de Kharkiv, a été endommagé pendant la guerre. Le centre Hillel de Kharkiv, dont les locaux se trouvaient dans un bâtiment historique du centre de la ville, a été détruit, lui aussi, au début du conflit.

Ces sites ne semblent pas avoir été délibérément visés mais ont été victimes des frappes indiscriminées de la Russie dans sa campagne visant à prendre le contrôle des régions de l’Ukraine.

Le pogrom qui a eu lieu à Hlukhiv, une localité connue en russe sous le nom de Glukhov, était entré dans le cadre d’une série de pogroms perpétrés pendant la révolution russe, de 1917 à 1923, une époque où certains nationalistes tsaristes et d’autres avaient considéré les Juifs comme des forces hostiles. Les registres d’État évoquent au moins 105 victimes dans le pogrom d’Hlukhiv, même si des informations parues dans les médias de l’époque avaient évoqué plusieurs centaines de morts.

Un historien avait écrit en 1923 au sujet de ce pogrom : « Le sang s’est déversé dans la rivière, ils ont ouvert le feu sur la synagogue et ont déchiré la Torah. »

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