Un audit externe de l’AP confirmerait la fin des paiements versés aux terroristes
Ramallah espère que les conclusions de cet audit légitimeront la réforme sociale réclamée de longue date par la communauté internationale, et qu'elles inciteront l'administration Trump à mener une évaluation similaire
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

L’Autorité palestinienne a annoncé, dans la journée de vendredi, qu’un audit externe portant sur son nouveau programme d’aide sociale avait conclu que celui-ci fonctionnait correctement, garantissant que ses bénéficiaires n’étaient plus récompensés pour les attentats terroristes commis contre des Israéliens.
L’AP a confié cette mission d’audit au cabinet international de conseil Alvarez & Marsal (A&M), avec l’espoir qu’un « label de conformité » délivré par une société indépendante et respectée accorderait une légitimité à la réforme de son système d’aide sociale – une réforme réclamée depuis longtemps par la communauté internationale.
Ramallah cherche également à réfuter les affirmations faites par Israël et par les États-Unis qui ont dit que les versements de l’AP aux familles de terroristes s’étaient poursuivis depuis la mise en place du nouveau programme d’aide sociale – lequel est censé conditionner strictement l’octroi des allocations à la situation financière du bénéficiaire, plutôt qu’à la durée de sa peine de prison ou au fait qu’il ait été blessé dans un événement en lien avec le terrorisme palestinien.
L’AP souhaite que les résultats de l’audit d’A&M suffisent à convaincre les États-Unis de mener une évaluation similaire du programme. Washington pourrait ainsi reconnaître que Ramallah se conforme au texte qui a été adopté par le Congrès qui interdit toute aide à l’AP tant que les versements aux prisonniers, calculés en fonction de la durée de leur peine, se poursuivront.
Ce texte de loi, le Taylor Force Act, impose au secrétaire d’État américain de rendre compte tous les 180 jours au Congrès de la cessation ou non, par l’Autorité palestinienne, du programme d’aide sociale controversé, que les critiques qualifient de pay-to-slay (payer pour tuer). Le dernier rapport adressé au Congrès avait établi que ce programme était toujours en vigueur, mais ce rapport reposait exclusivement sur des informations accessibles au public – informations qui avaient été fournies par le gouvernement israélien et par plusieurs organisations qui dénoncent depuis longtemps l’Autorité palestinienne.
L’AP a donc invité les États-Unis à mener un examen plus approfondi de son programme d’aide sociale, en envoyant à Ramallah une équipe composée de diplomates ainsi que de responsables du Trésor et des services de renseignement, pour réaliser un audit similaire à celui effectué par A&M.
Selon un responsable palestinien, réaliser cet audit dès maintenant permettrait de tirer avantage de la période précédant les élections israéliennes, prévues en octobre, alors que le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à l’approche du scrutin, a fait obstacle à toutes les autres initiatives de Ramallah visant à renforcer les liens avec les États-Unis.
Le Département d’État n’a pas répondu à une demande de commentaire.
Le mois dernier, deux diplomates occidentaux proches du dossier avaient déclaré au Times of Israel que les conclusions préliminaires d’A&M indiquaient que la réforme était correctement mise en œuvre. A&M a depuis achevé son audit. L’Autorité palestinienne a ainsi pu dévoiler publiquement ce qu’elle a présenté comme ses résultats.
Si l’AP n’a pas joint de copie de l’audit lui-même à son communiqué, une source proche du dossier a toutefois précisé que la présentation faite par Ramallah des conclusions d’A&M était « globalement exacte ».
Les conclusions de l’audit ont d’abord été annoncées par l’Institution palestinienne pour l’autonomisation économique nationale (PNEEI) – l’organisme chargé de l’aide sociale qui a été relancé par l’AP pour mettre en œuvre la réforme autorisée par Abbas en février 2025.
La déclaration de la PNEEI a ensuite été diffusée sur le site de l’agence d’information officielle de l’AP, Wafa. Elle n’était pas accompagnée d’une copie de l’audit lui-même. A&M n’a pas répondu à une demande de commentaires.
« L’audit (d’A&M) a confirmé que l’éligibilité au Programme national universel de protection et de soins est exclusivement fondée sur des indicateurs de pauvreté et des critères sociaux et géographiques, selon la formule d’évaluation des ressources par approximation (PMTF). Le processus d’évaluation repose sur des critères objectifs, fondés sur des données factuelles, qui tiennent compte des besoins économiques et sociaux des ménages », peut-on lire dans le communiqué du PNEEI.
« L’audit a également confirmé qu’aucune des variables prises en compte dans les calculs de l’évaluation PMTF ou dans le calcul du montant de l’aide n’est liée à des statuts de martyr, de détenu, de prisonnier ou de blessé, et que la détermination de l’éligibilité repose uniquement sur des critères agréés, notamment en lien avec la pauvreté », ajoute-t-il.
Les responsables israéliens se sont efforcés, pour leur part, de discréditer les affirmations faites par l’AP, qui avait annoncé que les versements d’allocations aux familles de prisonniers avaient pris fin. Un diplomate européen a ainsi confié au Times of Israel que ses homologues israéliens sollicitaient des réunions, dont l’objectif était de contester la véracité de la réforme menée par Ramallah.
Un responsable israélien a également expliqué au Times of Israel que l’audit d’A&M ne devait pas être pris au sérieux. Les agences de renseignement, a-t-il souligné, sont en effet chargées de débusquer les versements qui se poursuivent en sous-main.
Pay-for-slay is still official Palestinian Authority policy.
As Euractiv reports, “It is not a phasing-out of the pay-for-slay policy. Rather, the money has gone underground through a systematic effort to make these channels covert and clandestine."
European taxpayers money…
— Israel Foreign Ministry (@IsraelMFA) July 9, 2026
Selon ce responsable, l’AP continuerait également à mener une politique consistant à récompenser les prisonniers en offrant un emploi à certains de ceux qui ont été libérés par Israël.
D’après le responsable palestinien, la campagne menée par Israël contre la réforme de l’AP s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus générale visant à délégitimer Ramallah et à provoquer son effondrement.
Jérusalem bloque actuellement le transfert de milliards de dollars provenant des recettes douanières palestiniennes, lesquelles constituent l’essentiel du budget de l’AP, empêchant ainsi Ramallah de verser les salaires de plus de 150 000 fonctionnaires.
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a également pris des mesures pour paralyser fortement le secteur bancaire palestinien, qui se retrouve dans l’impossibilité de tirer parti des milliards de shekels qui dorment dans les coffres de Cisjordanie.
la Communauté du Times of Israël !







