Un avion à destination d’Israël traverse l’espace aérien saoudien, une première
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Un avion à destination d’Israël traverse l’espace aérien saoudien, une première

En l'absence d'accord avec Ryad, la compagnie El Al doit, pour sa part, survoler la mer Rouge pour se rendre en Inde, de façon à éviter les espaces aériens saoudien et iranien,

Un Boeing de la compagnie Air India à l'aéroport de Londres, en 2005. (Crédit : domaine public)
Un Boeing de la compagnie Air India à l'aéroport de Londres, en 2005. (Crédit : domaine public)

Air India a lancé jeudi le premier vol direct à destination d’Israël passant par l’espace aérien de l’Arabie saoudite, qui interdisait jusque-là le survol de son territoire à des avions se rendant dans ce pays avec lequel Ryad n’entretient pas de liens diplomatiques.

Cette nouvelle liaison aérienne avait été annoncée en juillet dernier par le Premier ministre indien Narendra Modi, son homologue israélien Benjamin Netanyahu suggérant en janvier pour la première fois qu’elle pourrait emprunter l’espace aérien saoudien.

Depuis cette déclaration de M. Netanyahu, aucun officiel israélien n’a évoqué l’autorisation de survol de l’espace aérien saoudien.

Ce vol inaugural, AI 139, a décollé de New-Delhi à 12h30 GMT et doit atterrir à Tel-Aviv à 19h45 GMT, selon la compagnie indienne.

« Nous allons assurer des vols sans escale de New Delhi à Tel-Aviv à partir du 22 mars via l’espace aérien saoudien », a déclaré à l’AFP le porte-parole d’Air India, Praveen Bhatnagar.

Le survol de l’Arabie saoudite permettra de réduire sensiblement le temps des vols entre l’Inde et Israël.

Le ministre israélien du Tourisme, Yariv Levin, a qualifié le lancement de ce vol comme faisant partie « de la révolution au sein du ministère pour augmenter le nombre de touristes en Israël ». Le nombre de touristes en provenance d’Inde a augmenté de 47 % en deux ans, selon son ministère.

Le ministre Levin n’a pas fait mention de la particularité diplomatique de cette nouvelle liaison aérienne, alors que Ryad n’entretient pas de relations officielles avec Israël.

La compagnie israélienne El Al survolait jusque-là la mer Rouge pour ses destinations indiennes, de façon à éviter les espaces aériens saoudien et iranien.

Benjamin Netanyahu et l’administration américaine de Donald Trump favorisent l’idée d’une nouvelle convergence d’intérêts entre Israël et les pays arabes, à commencer par l’Arabie saoudite, face notamment à l’ascension de l’Iran.

‘Réchauffement’

Ils laissent entendre qu’elle pourrait conduire à une reconfiguration diplomatique régionale alors que seuls deux pays arabes (Egypte, Jordanie) entretiennent des relations diplomatiques avec Israël.

En dépit des signes de discrète interaction, les autorités saoudiennes restent muettes sur d’éventuels contacts, même informels, avec Israël.

Pour l’analyste israélien Jonathan Spyer, ce geste des Saoudiens est un signal positif malgré l’absence de solution au conflit israélo-palestinien, longtemps considéré comme une condition préalable à l’établissement de relations entre l’Etat d’Israël et certains pays arabes.

« Ce que nous pouvons observer c’est que même en l’absence de traité de paix, des petits gestes peuvent avoir une grande signification », a affirmé à l’AFP M. Spyer, directeur du Centre (Rubin) de recherches sur les affaires internationales.

Lors d’une tournée au Moyen-Orient en mai 2017, le président américain Donald Trump avait atterri à Tel-Aviv directement de Ryad, dans ce qui devait être l’un des seuls vols directs entre les deux pays.

Le rapprochement avec le royaume saoudien serait « crucial » pour l’administration américaine en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien, selon M. Spyer.

L’Arabie Saoudite et Israël ont un ennemi commun, l’Iran, tous deux cherchant à limiter ce qu’ils considèrent comme l’influence grandissante de la République islamique au Moyen-Orient.

L’autorisation de survol, selon M. Spyer, est le signe du « réchauffement dans les coulisses » avec Israël.

« On peut supposer que cela cadre avec le changement d’image que Mohammed ben Salmane essaie d’obtenir pour son pays », a-t-il ajouté.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane effectue en ce moment une visite aux Etats-Unis durant laquelle il a rencontré Donald Trump, ce dernier affichant sa complicité avec son interlocuteur.

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