Un camp d’entraînement du Hamas bâti sur un réseau de tunnels rasé par Tsahal
Rechercher

Un camp d’entraînement du Hamas bâti sur un réseau de tunnels rasé par Tsahal

Des clichés de l'armée montrent l'étendue des dégâts ; les frappes aériennes à Gaza ont visé un bâtiment de 5 étages utilisé pour des exercices de combat urbain

Des petits Palestiniens marchent sur les débris d'un immeuble endommagé par les frappes aériennes israéliennes à Gaza City, le 15 juillet 2018 (Crédit :  AFP / MAHMUD HAMS)
Des petits Palestiniens marchent sur les débris d'un immeuble endommagé par les frappes aériennes israéliennes à Gaza City, le 15 juillet 2018 (Crédit : AFP / MAHMUD HAMS)

L’armée israélienne a transmis dimanche des informations détaillées sur un immeuble de cinq étages détruit par les militaires lors d’une frappe aérienne menée samedi à Gaza, en représailles à des attaques répétées au mortier et à la roquette depuis l’enclave côtière qui ont touché le sud d’Israël.

Selon l’armée, l’immeuble était utilisé comme structure d’entraînement par le Hamas et il était construit sur un tunnel qui menait à un réseau souterrain « massif ».

Samedi après-midi, suite à des douzaines d’attaques du Hamas et d’autres groupes terroristes, les avions-chasseurs israéliens ont jeté un certain nombre de bombes sur un immeuble de cinq étages situé dans le camp de réfugiés Shati, situé dans le nord de la bande de Gaza.

Les bombes initiales ont visé à éloigner les personnes se trouvant dans la zone. Les projectiles qui ont suivi ont rasé la construction sur le terrain, ont précisé les militaires.

De plus, l’armée israélienne a diffusé des photographies aériennes « avant et après » d’une autre cible, à savoir le siège d’un bataillon du Hamas situé dans la ville de Beit Lahiya, également dans le nord de Gaza, qui avait été frappé dans la matinée.

Les clichés montrent que les constructions ont été réduites en poussière lors de l’attaque aérienne. Les militaires ont expliqué que le complexe était constitué d’un terrain d’entraînement, d’une structure de fabrication et d’un dépôt d’armes, de deux bureaux de commandement et d’un entrepôt logistique.

Avant et après : Les photos du siège d’un bataillon du Hamas bombardé par les militaires israéliens le 14 juillet 2018 en réponse à des attaques répétées à la roquette et au mortier depuis l’enclave côtière (Crédit : Armée israélienne)

A partir de 1h30 du matin, samedi, ce sont plus de 174 roquettes et tirs de mortiers qui ont été lancés vers le sud d’Israël depuis Gaza. La majorité des obus, bien plus d’une centaine, sont tombés dans des champs. Environ 30 ont été interceptés par le système de défense anti-missile du Dôme de fer. Un certain nombre sont retombés dans les communautés du sud de l’Etat juif.

Trois Israéliens ont été blessés lorsque les roquettes ont touché une habitation et une synagogue dans la ville frontalière de Sdérot. Ils ont été évacués vers l’hôpital dans un état modéré.

Un certain nombre d’autres projectiles ayant atterri dans les communautés de la région d’Eshkol ont légèrement endommagé les constructions et les infrastructures. Dans certaines, les obus de mortier ont touché des lignes électriques, causant des pannes temporaires, a expliqué un porte-parole du conseil.

Des gens regardent la cour d’une habitation qui a été frappée par une roquette de Gaza dans la ville de Sdérot, dans le sud d’Israël, le 14 juillet 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

En réponse, l’armée israélienne a lancé sa plus importante campagne de bombardement contre des cibles du Hamas dans la bande depuis la guerre de 2014 à Gaza, frappant des douzaines de sites, ont fait savoir les militaires.

En plus de cette structure d’entraînement au combat urbain de cinq étages et du siège du bataillon, l’armée israélienne a détruit deux tunnels d’attaque transfrontaliers, a dit l’armée.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, avec à sa tête le Hamas, deux adolescents palestiniens ont été tués lors de la frappe israélienne contre l’immeuble de Shati et 25 personnes ont été blessées par des éclats d’obus.

Le ministère de la Santé a identifié les deux jeunes comme étant Amir al-Nimra, 15 ans, et Louay Kahil, 16 ans.

Ce bâtiment largement abandonné était connu pour être la bibliothèque nationale palestinienne et se trouvait à côté de la mosquée Sheikh Zayed, légèrement endommagée par les frappes israéliennes.

« Les cinq étages de l’immeuble devaient être utilisés pour les résidents de la bande, pour les services publics et du gouvernement ou, au moins, pour le logement. A la place, au cours des dernières années, ce grand bâtiment a servi de structure d’entraînement pour que les bataillons de combat du Hamas se forment à la guérilla urbaine, avec des exercices pour prendre possession des immeubles et, récemment, il a servi comme structure pour apprendre la survie à l’intérieur des tunnels – grâce à un tunnel d’attaque qui a été creusé en dessous' », a fait savoir l’armée dans un communiqué.

Selon les militaires, le tunnel évoqué était relié à un « réseau souterrain massif » creusé par le Hamas, qui gouverne la bande de Gaza.

« Le Hamas continue à utiliser des infrastructures civiles à des desseins militaires et, de cette manière, il met en péril la vie des civils placés sous sa protection », a fait savoir l’armée.

Une photo aérienne du siège du bataillon du Hamas à Beit Lahia. (Crédit : Porte-parole de l’armée israélienne)

Un site de fabrication et de stockage d’armes abritant des types variés d’armement, notamment des capacités navales du Hamas, ont aussi été frappées, a dit l’armée israélienne.

Les forces aériennes ont également attaqué deux mortiers qui avaient été utilisés pour tirer des obus dans le sud d’Israël.

Le porte-parole de l’armée israélienne a expliqué que l’objectif des frappes aériennes était de « retrouver un sentiment de sécurité » et que les soldats « répondraient si nécessaire » à une vaste gamme de scénarios.

Les militaires israéliens tiennent le Hamas, qui dirige Gaza, comme responsable des flambées de samedi.

« Le groupe terroriste du Hamas est responsable de ce qu’il se passe dans la bande de Gaza et il endossera la responsabilité de la situation », a expliqué l’armée.

Un proche tente d’identifier le corps d’un Palestinien qui a été tué dans une série de raids israéliens en réponse à des attaques à la roquette et au mortier répétées de la bande de Gaza à la morgue de l’hôpital al-Shifa de Gaza City, le 14 juillet 2018 (Crédit : Anas Baba/AFP)

Les militaires ont recouru à la menace, disant qu’ils étaient prêts à passer à une action plus dure « sur la base de l’évaluation des situations et des nécessités opérationnelles ».

Samedi dans la nuit, les groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique palestinien ont annoncé avoir accepté un accord de cessez-le-feu avec Israël suite à des négociations avec l’Egypte et d’autres instances internationales.

« Les médiations régionales et internationales ont entraîné la fin de l’escalade actuelle entre la résistance et les forces d’occupation », a indiqué le Hamas.

Un responsable israélien de la Défense a déclaré sans évoquer directement le cessez-le-feu présumé : « Les faits sur le terrain détermineront la suite de notre réponse ».

Samedi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis que l’Etat juif renforcerait ses frappes contre Gaza jusqu’à ce que les groupes terroristes palestiniens mettent un terme aux violences émanant de l’enclave côtière.

« L’armée israélienne a donné le coup le plus dur au Hamas depuis l’opération bordure protectrice et nous intensifierons nos réactions autant que nécessaire », a dit Netanyahu samedi soir, après que l’armée israélienne a frappé des douzaines de cibles dans la bande, samedi, lors de l’assaut le plus important donné au cours d’une journée depuis le conflit de 2014.

« Si le Hamas ne comprend pas le message aujourd’hui, il le comprendra demain », a déclaré Netanyahu dans une déclaration vidéo.

Au cours des derniers mois, les Palestiniens à Gaza ont envoyé des milliers de cerfs-volants et de ballons transportant des dispositifs incendiaires qui ont allumé des centaines de feux sur des terres agricoles et dans des réserves naturelles le long de la frontière avec Gaza, anéantissant des milliers d’hectares.

Les pompiers éteignent un incendie dans un champ allumé par des des combustibles attachés à des cerfs-volants envoyés depuis la bande de Gaza par des Palestiniens, le 27 juin 2018 (Crédit : Flash90)

Dans la matinée, l’armée avait expliqué poursuivre trois objectifs : Mettre un terme aux cerfs-volants et ballons incendiaires, aux attaques à la roquette et aux manifestations hebdomadaires le long de la frontière de Gaza.

L’armée avait fait savoir qu’elle tiendrait pour responsable de toutes les violences en provenance de Gaza le groupe terroriste du Hamas, qui se trouve à la tête de l’enclave côtière depuis 2007.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...