Un centre pour réfugiés créé par des Israéliens à Lesbos ravagé par un incendie
Rechercher

Un centre pour réfugiés créé par des Israéliens à Lesbos ravagé par un incendie

La police privilégie la piste de l'incendie criminel qui a ravagé l'Ecole Internationale de Paix pour les Enfants Réfugiés en Grèce (ISOP)

L'Ecole internationale pour Enfants réfugiés sur l'île grecque de Lesbos après qu'elle a brûlé le 8 mars 2020. 
(Crédit)
L'Ecole internationale pour Enfants réfugiés sur l'île grecque de Lesbos après qu'elle a brûlé le 8 mars 2020. (Crédit)

Un incendie a éclaté dans un centre de réfugiés sur l’île grecque de Lesbos construit et géré par des Israéliens. Le sinistre a causé des dégâts considérables à un entrepôt sans faire de blessé, ont déclaré le centre et le service des pompiers de Grèce dimanche.

Il s’agissait du deuxième incendie sur une installation construite pour les migrants, après un centre de réception qui a été détruit par des inconnus lundi dernier.

L’entrepôt, qui contenait des meubles et des appareils électriques, a été complètement détruit, a déclaré un porte-parole du service des pompiers à l’Associated Press, sous condition d’anonymat, parce qu’une enquête est en cours.

L’Ecole internationale de Paix pour les Enfants Réfugiés en Grèce (ISOP) a expliqué dans un communiqué que tous les équipements qui étaient sur le site ont brûlé et ont été détruits, et qu’il « y avait une suspicion d’incendie criminel ».

Les flammes au centre de réfugiés sont intervenues en pleine tension entre la Turquie et l’Union européenne pour savoir qui est responsable des millions de migrants et de réfugiés présents sur le territoire turc et les milliers qui se sont amassés à la frontière grecque.

L’Ecole internationale pour Enfants réfugiés de l’île grecque de Lesbos. (Crédit)

Des milliers de migrants se sont dirigés vers la frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce, membre de l’Union européenne, après que le gouvernement du président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé plus tôt ce mois qu’il n’empêcherait plus les migrants et des réfugiés de traverser vers des pays de l’UE. La Grèce a déployé la police anti-émeute et des gardes-frontière pour repousser les personnes tentant d’entrer dans le pays.

La zone de la frontière grecque a vu des violentes confrontations entre migrants et forces de sécurité grecques. Des policiers grecs tirant des gaz lacrymogènes pour bloquer les migrants et la police turc tirant gaz lacrymogène sur ses homologues grecs.

Samedi, des jeunes ont jeté des pierres à la police grecque et tenté de forcer une barrière de frontière dans une tentative désespérée d’entrer en Grèce. Au moins, deux migrants ont été blessés dans les escarmouches.

L’Ecole internationale pour Enfants réfugiés sur l’île grecque de Lesbos après qu’elle a brûlé le 8 mars 2020.
(Crédit)

ISOP a été établi en 2017 en pleine crie des réfugiés de la Syrie par des jeunes Israéliens, des Juifs et des Arabes, anciens élèves de Hashomer Hatzair et des mouvements de jeune Ajial. L’école disposait des neuf salles classe avant l’incendie.

« L’école a été brulée dans la nuit, mais ses fondations solides, construites par les dizaines de milliers de personnes qui ont passé ses portes, ont formé son image, bâtie pour un meilleur futur », a déclaré la responsable de l’école Roni Huss.

« Pendant trois ans, nous avons fait tomber les murs de la peur et de la haine avec le travail commun des réfugiés et la communauté en solidarité, et la croyance infinie que nous construisons un monde meilleur ensemble, a-t-elle ajouté. Nous continuerons notre mission. L’école sera reconstruite, un bâtiment fait de coeurs qui battent, d’éducateurs et d’élèves pour qui la paix n’est pas seulement un mot, mais une réalité de tous les jours ».

Erdogan se rendra à Bruxelles lundi pour discuter avec de haut officiels de l’EU au sujet de l’accord de 2016 visant contenir les flots de réfugiés vers l’Europe qui s’est maintenant effondré. Les deux camps se sont mutuellement accusés de ne pas avoir respecté leurs engagements.

L’accord appelait la Turquie à endiguer le flot de migrants et de réfugiés à destination de l’Europe en échange de 6 milliards d’euros d’aide pour les réfugiés syriens sur son territoire, d’une accession plus rapide aux statut de membre de l’UE et la possibilité pour les citoyens turcs d’aller en Europe sans visa.

Erdogan a exigé que l’Europe prenne plus du fardeau des soins pour les réfugiés, accusant l’UE de ne pas verser l’argent. Il a annoncé que la Turquie, qui abritait déjà plus de 3,5 millions de réfugiés syriens, ne serait plus le garde-frontière de l’UE.

La décision a provoqué la colère de pays européens, qui gèrent encore les retombées politiques d’une vague massive de migration d’il y a cinq ans. Des ministres européens des Affaires étrangères ont critiqué le Turquie, déclarant qu’elle utilisait le désespoir des migrants « à des fins politiques ».

Des milliers des migrants ont dormi dans des camps de fortune à proximité de la frontière depuis que le gouverne turc a annoncé qu’ils étaient libres de partir, en attendant la possibilité de traverser vers la Grèce.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...