Un dieu babylonien utilise des jeux de mots dans l’épopée de Gilgamesh
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Un dieu babylonien utilise des jeux de mots dans l’épopée de Gilgamesh

Un universitaire britannique affirme que la tablette, vieille de 3 000 ans, contient le plus ancien exemple de fake news"

Une tablette en argile datant de la période néo-assyrienne, 7ème siècle avant l'ère chrétienne, raconte l'histoire du Déluge babylonien transcrit par George Smith. De la Bibliothèque d'Ashurbanipal II à Nineveh, 
dans le nord de la Mésopotamie, l'Irak moderne, le 16 mars 2016. (Osama Shukir Muhammed Amin FRCP(Glasg)/Wikipedia CC-BY-SA-4.0)
Une tablette en argile datant de la période néo-assyrienne, 7ème siècle avant l'ère chrétienne, raconte l'histoire du Déluge babylonien transcrit par George Smith. De la Bibliothèque d'Ashurbanipal II à Nineveh, dans le nord de la Mésopotamie, l'Irak moderne, le 16 mars 2016. (Osama Shukir Muhammed Amin FRCP(Glasg)/Wikipedia CC-BY-SA-4.0)

Dans la récit biblique de Noé et du déluge, Noé construit l’arche pour lui-même après avoir échoué à convaincre l’humanité qu’elle courait à sa perte.

Dans le récit babylonien raconté dans l’Epopée de Gilgamesh, tous les peuplent s’aident pour construire le bateau géant, mais seulement après avoir été trompé par un dieu. Ce dernier a promis que des gâteaux délicieux allaient pleuvoir du ciel, avec d’autres produits, alors qu’ils sont tous noyés au final, à en croire une nouvelle étude.

Selon le Dr John Worthington, enseignant-chercheur à l’université de Cambridge, les promesses faites par le dieu Ea to Uta–napishti, relatées dans la Tablette assyrienne du Déluge, sont formulées avec un habile jeu de mot suggérant plusieurs lectures possibles. On pourrait considérer qu’il s’agissait de promesses d’abondance qui attendrait le peuple s’il construisait l’arche, ou des prédictions d’une mort horrible à cause du déluge.

En d’autres termes, le premier jeu de mot du monde était si mauvais qu’il aurait pu littéralement exterminer l’humanité.

« Alors que le message d’Ea semble promettre une pluie de nourriture, sa signification cachée prévient d’un Déluge », a déclaré Worthington dans un communiqué. « Une fois que l’arche est construite, Uta–napishti et sa famille se hissent à l’intérieur et survivent avec une ménagerie d’animaux. Toutes les autres personnes se noient. C’est avec ce premier épisode, placé dans le temps mythologique, que la manipulation de l’information et du langage a commencé. C’est peut-être le plus ancien exemple de fake news ».

Sur cette photo du 5 juillet , des visiteurs passent devant une réplique de l’Arche de Noé au parc d’attraction de la Rencontre de l’Arche pour la journée de présentation aux médias, à Williamson, dans le Kentucky. (AP Photo/John Minchillo, File)

L’étude est basée sur une nouvelle lecture des neufs lignes de l’histoire et incluse dans un livre intitulé « Duplicité d’Ea dans l’histoire du Déluge de Gilgamesh » que Worthington a publié la semaine dernière.

L’Epopée de Gilgamesh, un texte vieux de 3 000 ans, est considéré comme la plus ancienne oeuvre de littérature et le deuxièmes texte religieux le plus ancien après les Textes des Pyramides. Il avait eu un impact mondial quand son sens avait été découvert George Smith, spécialiste de l’Assyrie, en 1872.

Worthington est un spécialiste de l’Assyrie qui étudie la grammaire, la littérature et la médecine babylonienne, assyrienne et sumérienne.

Worthington définit Ea comme « un maitre dans la fabrication des mots qui est capable de condenser de nombreuses significations simultanément en une phrase à plusieurs sens ».

Dans un exemple qu’il donne, l’histoire peut être lue comme « A l’aube il y aura des gâteaux de kukku / dans la soirée il pleuvra sur vous une averse de blé ».

Mais on peut lire la phrase comme « Par des incantations / par des démons du vent, il tombera sur vous une pluie aussi épaisse que [des grains de] blé ».

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