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Un drapeau palestinien enlevé d’une tour de Ramat Gan après des réactions indignées

Le drapeau était accroché à hauteur du 30e étage à côté d'un drapeau israélien, avec une bannière disant : "Nous sommes destinés à vivre ensemble" en hébreu et en arabe

Un drapeau palestinien est retiré d'un bâtiment par les autorités israéliennes après avoir été mis en place par un groupe de défense qui promeut la coexistence entre Palestiniens et Israéliens, à Ramat Gan, le 1er juin 2022. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)
Un drapeau palestinien est retiré d'un bâtiment par les autorités israéliennes après avoir été mis en place par un groupe de défense qui promeut la coexistence entre Palestiniens et Israéliens, à Ramat Gan, le 1er juin 2022. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Un drapeau palestinien accroché mercredi sur la façade d’une tour du quartier de la bourse à Ramat Gan a été enlevé suite à l’opposition du maire de Ramat Gan, Carmel Shama Hacohen et après avoir suscité des critiques sur les médias sociaux et des appels publics de la part des législateurs pour sa suppression.

« Le drapeau palestinien est mis retiré en ce moment même », a écrit le maire de Ramat Gan, Carmel Shama-Hacohen, sur son compte Facebook.

Shama Hacohen a fait savoir que le drapeau palestinien avait été remplacé par un drapeau israélien arborant les symboles de l’armée israélienne, du Shin Bet, de la police israélienne et de la municipalité de Ramat Gan.

Selon le quotidien Haaretz, la police avait averti Ramat Gan de sa « préoccupation de perturbations de la paix par des manifestants » en protestation contre le drapeau.

Le drapeau avait été accroché à hauteur du 30e étage dans le quartier des diamantaires, à Tel Aviv, à côté d’un drapeau israélien, avec une bannière disant : « Nous sommes destinés à vivre ensemble » en hébreu et en arabe. La campagne a été organisée par Mehazkim, un groupe de gauche dont les activités se consacrent à transmettre des messages progressistes dans la sphère publique. L’affichage controversé visait à  protester contre une proposition de loi à la Knesset interdisant de hisser en public des drapeaux palestiniens.

Des ouvriers israéliens accrochent des drapeaux israélien et palestinien dans le cadre d’une campagne à Ramat Gan, le 1er juin 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

L’organisation a également posé des affiches et des drapeaux portant le même message dans les villes de Tira et Nazareth.

La campagne a entraîné d’importantes réactions sur internet, dont un grand nombre de réactions outrées.

Mehazkim a déclaré sur Facebook que le groupe continuera à mettre en place des drapeaux similaires dans tout le pays, disant qu’il cherchait des bénévoles et des donateurs.

« Même si les pressions des froussards et des individus violents a entraîné la disparition du drapeau palestinien dans notre campagne, ce type d’incident ne fera que nous donner plus de force et de motivation pour parvenir à transmettre ce que nous avons à dire », a indiqué le groupe.

« Le panneau a peut-être été retiré, mais notre message est bien vivant », a écrit l’organisation sur son compte Twitter. « Nous sommes faits pour vivre ensemble. Il y a deux peuples ici ,les Juifs et les Arabes, qui continueront à lutter ensemble pour un meilleur avenir commun. Ce panneau n’est que le début. »

 

Le chef du groupe a évoqué ke vote prévu à la Knesset plus tard dans la journée de mercredi sur l’interdiction de brandir des drapeaux palestiniens.

« Nous pensons que c’est une expression de faiblesse, d’insécurité », a-t-il déclaré à Radio 103 FM. « Je pense que cette loi est une provocation, dont l’intention est d’envenimer les relations entre Arabes et Juifs, de créer plus de violence, plus de tension. »

Plus tôt, la députée Miri Regev, du parti d’opposition Likud, a exhorté les Israéliens à descendre dans les rues avec des drapeaux israéliens pour « peindre la ville en bleu et blanc ».

« Nous ne nous tairons pas et ne baisserons pas la tête face à une quelconque campagne ou propagande », a-t-elle déclaré. « L’État d’Israël est l’État-nation du peuple juif. Sa capitale est une Jérusalem unie. »

La campagne fait suite à une récente controverse concernant le drapeau palestinien, notamment après que des étudiants de l’Université Ben-Gurion du Néguev, dans la ville de Beer Sheva, dans le sud du pays, ont organisé un rassemblement propalestinien la semaine dernière sur le campus, brandissant des drapeaux palestiniens et chantant des chansons nationalistes après avoir été empêchés d’organiser une manifestation le jour de la Nakba, qui déplore la création de l’État d’Israël.

Les législateurs ont critiqué le rassemblement, déclarant que le Conseil de l’enseignement supérieur, qui supervise les universités et les collèges d’Israël, examinerait le rassemblement comme une potentielle incitation à la haine.

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