Un ex-commandant, une activiste et un rabbin en tête de la liste Travailliste
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Un ex-commandant, une activiste et un rabbin en tête de la liste Travailliste

Pour la dirigeante Merav Michaeli, le parti "repart à zéro" alors qu'Omer Barlev rafle la majorité des votes pour la liste Travailliste, suivi par Emilie Moatti et Gilad Kariv

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

La dirigeante du Parti travailliste Merav Michaeli s'exprime devant les journalistes après avoir voté aux Primaires de la formation à Tel Aviv, le 1er février 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90 )
La dirigeante du Parti travailliste Merav Michaeli s'exprime devant les journalistes après avoir voté aux Primaires de la formation à Tel Aviv, le 1er février 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90 )

Omer Barlev, ancien député et ancien commandant des forces spéciales au sein de l’armée israélienne, a été élu à la tête de la liste électorale du parti Travailliste lors des primaires organisées par la formation, lundi. Le dépôt des listes par les factions, en vue des élections du 23 mars, doit être effectué avant jeudi.

Ce sont 18 106 membres du parti Travailliste qui ont voté lors de ces Primaires, soit environ 40 % des adhérents, et les premiers élus en tête de liste devraient faire probablement leur entrée à la Knesset, selon les sondages les plus récents.

La formation a connu de nombreux revers ces dernières années, touchée par un glissement à droite des électeurs israéliens, par des agitations au sein du parti et par l’émergence de nouveaux acteurs politiques qui ont érodé sa base. Après avoir intégré le gouvernement à l’issue des élections précédentes, le parti avait pratiquement perdu tous ses soutiens.

Toutefois, la victoire de la députée Merav Michaeli lors du scrutin à la tête du parti, la semaine dernière, semble avoir donné un nouveau souffle à la formation Travailliste qui pourrait dorénavant potentiellement remporter quatre à cinq sièges lors des élections générales du 23 mars.

Le mouvement politique réfléchirait actuellement à une fusion avec la faction créée par le maire de Tel Aviv, Ron Huldaï, HaIsraelim – dont la popularité semble fondre après un lancement qui avait suscité l’enthousiasme et qui, selon les dernières enquêtes d’opinion, pourrait dorénavant échouer à franchir le seuil électoral.

Le député de l’Union sioniste, Omer Barlev, donne une conférence de presse à la Knesset le 30 novembre 2015. (Miriam Alster/Flash90)

S’il n’y a pas de fusion, Barlev, un ancien commandant de l’unité de commando d’élite Sayeret Matkal au sein de Tsahal, prendra la deuxième place de la liste, juste derrière Michaeli.

A l’initiative de Michaeli, la liste finale alternera hommes et femmes et il est ainsi garanti qu’au moins cinq femmes figureront dans les dix premières places.

Barlev sera donc suivi par l’activiste pour la justice sociale et commentatrice politique Emilie Moatti, qui occupera la troisième place, puis par le rabbin réformé et chef du Mouvement pour le judaïsme réformé et progressiste en Israël, Gilad Kariv, à la quatrième place. Efrat Rayten, personnalité de la télévision et avocat, arrivera en cinquième.

Le rabbin Gilad Kariv à la Cour suprême de Jérusalem, le 11 septembre 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Viendront ensuite l’ancien député de Kakhol lavan Ram Shefa, qui a quitté la formation centriste au début du mois, à la sixième place ; la réalisatrice arabe israélienne Ibtisam Maraana à la septième ; l’ancien parlementaire Travailliste Nahman Shai à la huitième ; la membre du conseil de Haïfa Naama Lazimi à la neuvième et l’avocat et fils de l’ancien vétéran du parti Yossi Beilin, Gil Beilin, à la dixième place.

Suite à l’adhésion d’environ 8 000 nouveaux membres suite à la victoire de Michaeli – qui a permis de légèrement redynamiser le parti Travailliste dans les sondages – 45 093 personnes pouvaient voter lors de ces primaires par internet et dans neuf bureaux de vote installés dans tout le pays, qui ont été ouverts de 11 heures du matin à 19 heures.

Chaque électeur a pu choisir cinq à sept candidats sur une liste totale de 62 candidats.

S’exprimant après l’annonce des résultats, Michaeli a déclaré que le parti repartait « de zéro, avec une nouvelle liste qui a été choisie par les adhérents ».

« Le seul parti démocratique d’Israël s’est renouvelé ce soir, se dotant d’une équipe de qualité, fidèle à ses valeurs, une équipe amoureuse de vérité, une équipe offrant une représentation égale de femmes et d’hommes, une équipe égalitaire », a-t-elle ajouté, se référant au fait que le parti Travailliste a été la seule formation majeure à organiser des primaires ouvertes à tous les membres en amont du scrutin du 23 mars.

Michaeli a succédé à la tête de la formation au ministre de l’Economie Amir Peretz. Dès le lendemain de sa victoire, elle avait annoncé que les Travaillistes quittaient la coalition placée sous l’autorité du Premier ministre Benjamin Netanyahu. En résultat, Peretz et le ministre des Affaires sociales Itzik Shmuli avaient tous les deux fait savoir qu’ils quittaient le parti pour continuer à servir à leurs postes de ministres, citant la nécessité de maintenir en vie la composante de centre-gauche au sein du gouvernement actuel.

La députée Travailliste Merav Michaeli lors du vote à la tête du parti dans un bureau de vote de Tel Aviv, le 24 janvier 2021. (Crédit : Miriam Alster/ Flash90)

Le vote de lundi a eu lieu trois jours seulement avant la date-limite de dépôt des listes des partis en vue des élections du mois de mars – une date à laquelle toutes les listes doivent donc être définitivement finalisées.

De récentes enquêtes d’opinion montrent qu’avec Michaeli à sa barre, le parti Travailliste devrait franchir le seuil électoral et remporter quatre à cinq sièges.

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