Un ex-général druze de Tsahal accuse Sharaa de chercher à « éliminer les Druzes »
Amal Asad a dénoncé "les ouvertures" d'Israël à l'égard d'un "terroriste" qui, "en enfilant un costume, est devenu diplomate" ; il a demandé à Netanyahu d'aller plus loin que les "menaces et les déclarations"
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Amal Asad, général de brigade à la retraite et éminent membre de la communauté druze israélienne, a accusé mercredi le président syrien par intérim, Ahmed al-Sharaa, de chercher à « éliminer les Druzes » et il a critiqué Israël qui a cherché à faire la paix avec Damas alors même que les loyalistes du régime massacraient des Druzes dans le secteur de Soueida, dans le sud de la Syrie.
Les forces du gouvernement syrien sont entrées mardi dans la ville de Soueida, à majorité druze, dans le but déclaré de contrôler un cessez-le-feu convenu avec les dirigeants de la communauté druze, après que des affrontements avec des tribus bédouines locales ont entraîné plus de 100 morts.
Des témoins ont toutefois signalé que les forces gouvernementales s’étaient jointes aux Bédouins pour attaquer les combattants et les civils druzes au cours d’un déchaînement de violence sanglant à travers toute la ville. Au total, plus de 300 personnes auraient ainsi été tuées, selon un bilan qui a été révélé mercredi dans la soirée.
En réponse à ces violences meurtrières, un millier de Druzes israéliens sont entrés en Syrie dans la journée de mercredi, aux abords de la ville druze de Majdal Shams, qui se situe sur le plateau du Golan. Israël a lancé des vagues de frappes aériennes qui ont pris pour cible les infrastructures militaires syriennes.
Asad a reconnu devant les caméras de la chaîne d’information N12 que les résidents druzes avaient eu tort de se ruer à travers la frontière mercredi – affirmant toutefois qu’Israël aurait dû faire davantage pour venir en aide à la communauté.
« Je suis inquiet pour les Druzes, ici, en Israël, et je suis inquiet pour notre relation avec l’État d’Israël. Si les attaques ne cessent pas immédiatement, il y aura des conséquences difficiles « , a prédit Asad.
Il a affirmé que les attaques lancées à l’encontre des Druzes, à Soueida, étaient « exactement comme » le massacre commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre, et il a accusé les forces de sécurité de Sharaa d’avoir « violé des fillettes de 5 ans et massacré des femmes enceintes ».
« Tout comme Israël veut vivre en paix et que personne n’a compris pourquoi l’Iran s’en prenait au pays pour détruire, nous ne comprenons pas pourquoi ce voyou qui s’appelle Ahmed al-Sharaa veut anéantir la communauté druze », a dit Asad.
Il a exhorté Israël à faire davantage, notamment en créant un corridor pour permettre aux personnes âgées, aux femmes et aux enfants de fuir Sweida. Il a aussi suggéré de mettre en place une ville humanitaire faite de tentes pour que les civils puissent s’y réfugier et il a demandé à ce que les jeunes druzes soient autorisés à combattre le régime syrien.
« Israël a averti que le pays fera tout ce qui est en son pouvoir pour garantir que pas un seul cheveu des membres de la communauté druze ne sera touché », s’est souvenu Asad. « Depuis lors, rien n’a été fait, hormis des menaces et des déclarations ».
Il a qualifié d’insignifiantes les frappes israéliennes sur des cibles syriennes à Sweida, à Damas et ailleurs, cette semaine, affirmant qu’il était toutefois « certain qu’elles transmettaient un message très clair à al-Julani » – le nom de guerre de Sharaa.
S’en prenant au président par intérim, Asad a indiqué que Sharaa, à la tête de l’ancienne branche d’Al-Qaïda qui avait renversé le président syrien Bashar al-Assad, au mois de décembre, était « hier encore un terroriste et qui, en enfilant un costume, est devenu un diplomate ».
Il a estimé que Sharaa était « bien pire » que les chefs du Hamas et du Hezbollah, Yahya Sinwar et Hassan Nasrallah, qui ont tous les deux été éliminés par Israël, l’année dernière.
« Était-il possible de faire la paix avec Sinwar ? Avec Nasrallah ? », a-t-il interrogé.
« Ne laissez pas nos frères se faire massacrer »
L’activiste druze israélien Fares Lalawi, qui s’est exprimé sur la chaîne d’information N12 depuis la Syrie après avoir traversé la frontière pour tenter d’aider ses compatriotes druzes, a partagé le même point de vue.
Il a déclaré à la chaîne que lui et d’autres « sont venus ici pour protéger nos frères – tout comme les Juifs ont le droit de protéger les Juifs en Argentine et aux États-Unis ».
Il a indiqué que lui-même et « des dizaines, voire des centaines » d’autres jeunes druzes israéliens se trouvaient dans la ville de Hader, à la frontière, et qu’ils avaient l’intention de pénétrer aussi profondément que possible dans le pays. Il a refusé de préciser si lui et ses amis étaient armés.
« Nous avons vu des images de terroristes entrant dans des hôpitaux et assassinant des enfants dans leur lit d’hôpital », a raconté Lawali, ajoutant que lui et ses amis ne retourneront en Israël « que quand les dirigeants syriens et israéliens nous auront fait savoir que la situation est sous contrôle ».
Comme Asad, Lawali a déclaré que la communauté avait appelé à l’aide le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres lors de précédents épisodes de violence sectaire, mais qu’elle n’avait reçu que des promesses vides.
« Malheureusement, malgré leurs promesses, nous restons chaque fois chez nous à regarder nos frères se faire massacrer. Il n’y a rien d’autre à faire que de réagir et de prendre nous-mêmes les décisions », a-t-il continué, admettant que le franchissement de la frontière syrienne était « illégal ».
« Et si le Premier ministre nous demande de ne pas franchir la frontière, c’est une bonne occasion de lui répondre : ‘Netanyahu, tenez vos promesses. Ne laissez pas nos frères se faire massacrer dans les hôpitaux », a poursuivi Lawali.
Environ 150 000 Druzes vivent en Israël. La majorité d’entre eux ont la nationalité israélienne et ils font leur service au sein de Tsahal.
En revanche, sur les quelque 23 000 Druzes vivant sur le plateau du Golan, la plupart des membres de la communauté n’ont pas la nationalité israélienne et ils se considèrent toujours comme des ressortissants syriens. Ils entretiennent des liens étroits avec les communautés de Syrie, où vivent environ 700 000 Druzes.
la Communauté du Times of Israël !







