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Un groupe d’extrême-droite agresse des passants arabes lors d’un défilé pro-réforme

Ces attaques surviennent dans un contexte de manifestations pour et contre la réforme judiciaire qui se sont terminées par des heurts ; il y a eu 38 arrestations à Tel Aviv

  • Des Israéliens de droite lors d'un rassemblement en soutien à la réforme du système judiciaire du gouvernement, à Jérusalem, le 27 mars 2023. (Crédit :  Erik Marmor/Flash90)
    Des Israéliens de droite lors d'un rassemblement en soutien à la réforme du système judiciaire du gouvernement, à Jérusalem, le 27 mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)
  • Des policiers à cheval dispersent des manifestants opposés à la réforme judiciaire du gouvernement à Tel Aviv, le 27 mars 2023. (Crédit : AP Photo/Oren Ziv)
    Des policiers à cheval dispersent des manifestants opposés à la réforme judiciaire du gouvernement à Tel Aviv, le 27 mars 2023. (Crédit : AP Photo/Oren Ziv)
  • La police utilise des canons à eau pour disperser les manifestants bloquant une route pendant un rassemblement contre la réforme judiciaire du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 27 mars 2023. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)
    La police utilise des canons à eau pour disperser les manifestants bloquant une route pendant un rassemblement contre la réforme judiciaire du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 27 mars 2023. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)
  • Des manifestants opposés au gouvernement font brûler des pneus près de Beit Yanai,  en Israël, le 27 mars 2023. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)
    Des manifestants opposés au gouvernement font brûler des pneus près de Beit Yanai, en Israël, le 27 mars 2023. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)
  • Des Israéliens de droite lors d'un rassemblement en soutien à la réforme du système judiciaire du gouvernement, à Jérusalem, le 27 mars 2023. (Crédit :  Arie Leib Abrams/Flash90)
    Des Israéliens de droite lors d'un rassemblement en soutien à la réforme du système judiciaire du gouvernement, à Jérusalem, le 27 mars 2023. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)
  • La police utilise des canons à eau pour disperser les manifestants bloquant une route pendant un rassemblement contre la réforme judiciaire du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 27 mars 2023. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)
    La police utilise des canons à eau pour disperser les manifestants bloquant une route pendant un rassemblement contre la réforme judiciaire du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 27 mars 2023. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Des groupes d’extrême-droite ont été filmés en train d’agresser des passants arabes pendant des manifestations pro-gouvernementales à Jérusalem, s’en prenant notamment « sauvagement » à un homme, a fait savoir la police mardi. Les forces de l’ordre ont précisé que trois personnes avaient été arrêtées dans le cadre de cette attaque.

Des agressions qui surviennent alors que des manifestations massives en soutien ou en opposition à la réforme judiciaire avancée par le gouvernement ont eu lieu dans les villes majeures du pays. Elles ont entraîné des heurts avec la police qui tentaient de débloquer les routes et de ramener l’ordre pendant la nuit, alors que le pays est encore en ébullition après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé que son gouvernement allait suspendre le projet de refonte radicale du système judiciaire israélien qui avait initialement fait descendre les citoyens dans les rues.

Les plus grands mouvements de protestation, dans la soirée, ont eu lieu à Jérusalem et à Tel Aviv. Dans la capitale, des dizaines de milliers de protestataires favorables aux réformes se sont rassemblés et un nombre similaire d’opposants au plan gouvernemental – qui affaiblirait considérablement le pouvoir de la Haute cour – se sont regroupés à Tel Aviv. 55 personnes ont été arrêtées, accusées de bloquer des routes et de troubles à l’ordre public pendant toute la journée et dans tout le pays, mais majoritairement à Tel Aviv.

Parmi les manifestants pro-réforme de Jérusalem, des dizaines de membres du groupe d’extrême-droite La Familia, qui ont été filmés en train d’agresser plusieurs passants arabes.

La police a, par exemple, fait savoir qu’un chauffeur de taxi arabe avait été entouré par des manifestants qui ont jeté des objets sur son véhicule, donnant des coups de poing sur la fenêtre de sa voiture. Le chauffeur a essayé de prendre la fuite par une station service voisine, mais « il a été sauvagement attaqué par des émeutiers qui l’ont pris en chasse et qui ont fait d’importants dégâts sur son véhicule », ont noté les forces de l’ordre dans un communiqué. Elles ont ajouté qu’une enquête avait été ouverte sur l’incident et que trois individus avaient été arrêtés.

Une autre vidéo tournée à Jérusalem montre des manifestants de droite, brandissant des drapeaux israéliens et du Likud, en train de bloquer une voiture conduite par un Arabe et en train de hurler « Que ton village brûle ! »

Sur d’autres images, un adolescent arabe égaré dans la manifestation de droite est sorti de la foule et mis en sécurité par des civils et par des agents de police, à l’écart du rassemblement.

Une voix masculine s’élève, disant aux manifestants : « Mais laissez-le tranquille, ça va pas ?…

La Familia, un groupe ultra-nationaliste, est officiellement un club de supporters de l’équipe de football du Beitar Jérusalem, même si l’équipe a pris ses distances face à l’organisation en raison de sa rhétorique raciste et de sa violence. Les responsables israéliens de la sécurité ont appelé, dans le passé, à inscrire le groupe sur la liste des organisations terroristes.

Les manifestants de droite ont temporairement bloqué les rues Menachem Begin et Yitzhak Ben Zvi, situées aux abords de l’entrée de Jérusalem, et des images diffusées par la chaîne Kan les montrent en train d’allumer un feu sur la route, l’alimentant en y jetant divers objets. Le slogan « Mort aux Arabes » s’élève par ailleurs à l’arrière de la foule.

La Treizième chaîne a fait savoir que ses journalistes avaient été agressés par les protestataires.

La police a utilisé des outils de dispersion anti-émeutes pour faire partir les groupes qui refusaient de quitter les routes bloquées à Jérusalem. Dans la journée, 100 000 opposants à la réforme s’étaient par ailleurs regroupés dans la capitale, aux abords de la Knesset, avant l’annonce faite par Netanyahu d’une mise en pause du projet de restructuration du système judiciaire en Israël.

Gilad Kariv, député d’Avoda, a dénoncé « les tentatives de lynchage » des manifestants dans une publication écrite sur Twitter, se référant au harcèlement et aux agressions commises à l’encontre des Arabes.

« Il y a une infrastructure organisée, ce ne sont pas des rassemblements spontanés. La police et le Shin Bet n’ont pas de réponse appropriée à apporter à cette infrastructure violente en matière de renseignement ou d’opération. Il est temps qu’ils se réveillent », a-t-il écrit.

De son côté, la cheffe de son parti, Merav Michaeli, a déclaré que ces manifestants de droite étaient finalement « les milices d’Itamar Ben Gvir », le ministre de la Sécurité nationale.

En début de soirée, Netanyahu a promis d’établir « une garde nationale » qui sera placée sous l’autorité de Ben Gvir – ce dernier acceptant de soutenir, en échange, la décision prise par le Premier ministre de mettre en pause le plan de réforme du système de la justice. Ben Gvir dirige d’ores et déjà la police et la police des frontières.

Pour sa part, Ben Gvir a applaudi les manifestants venus soutenir la refonte judiciaire.

« Aujourd’hui, la droite a cessé de rester à l’écart, silencieuse », a-t-il écrit sur Twitter.

« La droite est habituellement indifférente aux mouvements de protestation et elle se manifeste dans l’isoloir. Mais quand on veut annuler nos votes, quand on tente de nous voler nos résultats aux élections, quand on tente de nous dire que nous sommes des électeurs de seconde catégorie – voilà le résultat », a-t-il ajouté.

A Tel Aviv, la police a utilisé des grenades incapacitantes pour dissuader les manifestants anti-gouvernementaux de forcer les barrières qui avaient été installées pour les empêcher de se rendre sur l’autoroute d’Ayalon.

Une importante quantité de débris, notamment des barrières de métal et des panneaux, ont été laissés épars sur l’autoroute centrale.

Les agents ont aussi fait usage de deux canons à eau alors que les protestataires anti-réforme franchissaient les barrières pour accéder à l’autoroute.

Les forces de l’ordre ont annoncé que 38 personnes avaient été arrêtées pendant toute la journée dans la ville côtière, largement pour avoir bloqué des routes et entraîné des troubles à l’ordre public. La majorité a été libérée cette nuit.

Des dizaines de policiers à cheval sont également intervenus pour disperser les manifestants. A un moment, l’un des cavaliers a perdu le contrôle de sa monture qui est tombée sur l’un des protestataires. Le blessé a été évacué vers un hôpital voisin où il a été pris en charge. Cela a été également le cas d’un homme touché par une grenade incapacitante.

Certains, à Tel Aviv, ont accusé les forces de l’ordre d’avoir utilisé une force excessive lors de la dispersion, affirmant que le désordre n’avait commencé que lorsque les agents de police étaient venus à la rencontre des manifestants.

De son côté, le commissaire de la police israélienne, Kobi Shabtai, a déclaré à la Douzième chaîne que les forces de l’ordre étaient soucieuses de préserver le droit à manifester des citoyens israéliens mais qu’elles n’autoriseraient pas les troubles à l’ordre public et qu’elles agiraient en conséquence.

La police a œuvré à séparer les protestataires des deux camps, même si plusieurs échauffourées ont éclaté à Jérusalem et à Tel Aviv.

Alors que les manifestants favorables au projet de réforme judiciaire arrivaient au parc Sacher, au sein de la capitale, ils ont rencontré le défilé des opposants au plan gouvernemental. Certains s’étaient assis pour revendiquer la place.

Des jeunes ont alors crié aux manifestants anti-réforme : « Vous êtes des put…es, de quelle égalité est-ce que vous parlez, put…es gauchistes ! On vous défoncera ».

Les rassemblements des partisans du plan de réforme de la justice israélienne ont eu lieu dans tout le pays, lundi, vingt-quatre heures après un mouvement de protestation massif et spontané qui s’est déclenché dimanche soir, après l’annonce par le Premier ministre Netanyahu du renvoi du ministre de la Défense Yoav Gallant, qui avait publiquement appelé à mettre en pause le processus de réforme.

Netanyahu n’a pas évoqué le limogeage de Gallant lorsqu’il a annoncé la suspension de la refonte et il est encore difficile de dire s’il a l’intention de rendre son poste au ministre de la Défense.

La déclaration faite par le Premier ministre a été saluée par le leader de l’opposition, Yair Lapid, et par le chef de HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz.

Le mouvement de protestation massif hebdomadaire a été lancé il y a presque trois mois pour s’opposer au plan de restructuration du système judiciaire envisagé par le gouvernement. Les critiques affirment que ce projet supprimera des contre-pouvoirs déterminants contre une toute-puissance du gouvernement et qu’il portera gravement atteinte au caractère démocratique de l’État juif. De leur côté, les partisans de la mesure déclarent qu’il freinera un système judiciaire qui, selon lui, a dépassé les bornes de son autorité.

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