Un groupe juif s’installe dans un immeuble à Jérusalem-Est
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Un groupe juif s’installe dans un immeuble à Jérusalem-Est

Ateret Cohanim dit que le site était jadis détenu par des Juifs ; La Paix Maintenant accuse le gouvernement de soutenir la 'colonisation'

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Un immeuble de Silwan acheté par des Juifs le 2 octobre 2014 (Crédit : Elhanan Miller/Times of Israel)
Un immeuble de Silwan acheté par des Juifs le 2 octobre 2014 (Crédit : Elhanan Miller/Times of Israel)

Escortée par la police, une cinquantaine de Juifs israéliens ont emménagé dans un immeuble dans le quartier de Silwan à Jérusalem-Est tôt jeudi matin, affirmant que la propriété appartenait à des immigrants juifs avant la création de l’Etat d’Israël.

Ateret Cohanim, un groupe de droite qui installe des Juifs dans des quartiers arabes de Jérusalem-Est, a déclaré dans un communiqué que l’emménagement a été programmé la nuit pour « éviter des frictions inutiles avec certains des Arabes locaux qui auraient pu se profuire dans la journée. »

Selon Daniel Luria, le directeur d’Ateret Cohanim, le bâtiment appartenait initialement à des immigrants juifs du Yémen qui ont été forcés d’abandonner la propriété pendant les années tumultueuses avant la création d’Israël en 1948. Après cela, dit-il, le terrain est venu sous contrôle jordanien. Pendant la guerre des Six Jours en 1967, Israël a pris le contrôle de Jérusalem-Est – y compris Silwan – et de la Cisjordanie.

L’ONG La Paix Maintenant a accusé le gouvernement israélien de faciliter l’activité de l’association Ateret Cohanim en n’ayant pas empêché l’installation dans le bâtiment, et en assurant la sécurité des nouveaux résidents.

« L’entrée de la nuit dernière n’est pas juste un acte privé, puisque les autorités d’application de la loi y ont participé, » a déclaré La Paix Maintenant dans un communiqué.

« Le gouvernement avait décidé dans le passé de ne pas autoriser des implantations au milieu de quartiers palestiniens, et il peut le faire à nouveau. En attendant, ses actions soutiennent l’expansion dangereuse de l’implantation à Silwan ».

Un bâtiment dans le quartier de Silwan à Jérusalem-Est dans lequel se sont installés des Juifs, qui prétendent qu'il appartenait à des immigrants juifs  du Yemen (Photo: La Paix Maintenant)
Un bâtiment dans le quartier de Silwan à Jérusalem-Est dans lequel se sont installés des Juifs, qui prétendent qu’il appartenait à des immigrants juifs du Yemen (Photo: La Paix Maintenant)

Les anciens résidents de l’immeuble avaient reçu des ordres d’expulsion il y a quelques semaines, a rapporté l’agence palestinienne de presse Maan.

Le bâtiment de cinq étages est situé dans la zone Batn al-Hawa de Silwan, un quartier délabré à l’extérieur de la Vieille Ville de Jérusalem qui abrite plusieurs centaines de résidents juifs et environ 50 000 Palestiniens.

Luria dit que les droits juridiques sur la propriété ont été vérifiés par les tribunaux au cours de l’année écoulée alors que les résidents palestiniens affirment qu’ils ont été injustement expulsés et victimes d’intimidations illégales.

« J’ai 11 personnes à l’intérieur de la maison, où dois-je aller ? » dit Abu Sneineh Jawaf, le seul résident palestinien qui refuse toujours de quitter le bâtiment. Il a dit qu’il a déjà payé le loyer de l’année. Abu Sneineh dit que ses enfants ont peur des résidents juifs vivant tout d’un coup au-dessus d’eux.

En mai dernier, Ateret Cohanim avait pris le contrôle d’un autre bâtiment à Silwan.

Ce bâtiment, qui selon Ateret Cohanim était autrefois la synagogue de Kfar Hashiloah, un village construit pour les immigrants yéménites pauvres sur la pente du mont des Oliviers au début des années 1880, appartient au Hekdesh Kfar Hashiloah, c’est-à-dire le fonds de la communauté.

Une longue bataille juridique devant le tribunal de district de Jérusalem entre les représentants du fond et les membres de la famille Abu Naab, qui s’était installée dans le bâtiment, a pris fin avec un ordre d’expulsion de la famille.

Des Juifs vivaient à Kfar Hashiloah depuis les années 1880 jusqu’en 1938, au faîte des émeutes arabes des années 1936-39, qui ont amené les Britanniques à les déloger.

Rahel Jaskow a contribué à cet article.

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