Un guide photographique des 180 plus belles synagogues orthodoxes de New York
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Un guide photographique des 180 plus belles synagogues orthodoxes de New York

Le photographe amateur de Michael Weinstein a transformé sa passion en histoire, avec une compilation qui raconte les maisons de culte les plus époustouflantes des cinq districts

Michael Weinstein, auteur de Ten Times Chai: 180 Orthodox Synagogues of New York City. (Crédit : Cathryn J. Prince/Times of Israël)
Michael Weinstein, auteur de Ten Times Chai: 180 Orthodox Synagogues of New York City. (Crédit : Cathryn J. Prince/Times of Israël)

NEW YORK – S’asseoir sur un banc en bois poli dans le sanctuaire de la synagogue de la rue Eldridge est comme prendre place dans l’histoire.

Construite en 1887, la synagogue, qui est aussi un musée, est l’une des 180 maisons de culte orthodoxes présentées dans le nouveau livre de Michael Weinstein, Ten Times Chai: 180 Orthodox Synagogues in New York City.

Dans cette ode photographique à l’histoire juive de New York, Weinstein présente 100 synagogues orthodoxes de Brooklyn, 35 de Manhattan, 35 du Queens, cinq du Bronx et cinq de Staten Island.

« Pour moi, personnellement, je voulais contribuer à l’enregistrement historique. Pendant la Shoah, des centaines de synagogues ont été brûlées en Europe. Nous ne savons pas à quoi elles ressemblaient », a-t-il dit.

« C’est un moyen de préserver cette histoire. Certaines de ces synagogues ne tiennent qu’à un fil et pourraient ne plus être là dans 20 ou 30 ans. Il est important que les gens sachent, pour leurs enfants, leurs petits-enfants et leurs arrière-petits-enfants, quels efforts étaient fournis pour construire quelque chose de si beau », a-t-il dit.

L'intérieur restauré de la synagogue de la rue Eldridge. (Crédit : Kate Milford)
L’intérieur restauré de la synagogue de la rue Eldridge. (Crédit : Kate Milford)

Avec son trompe-l’œil en marbre, ses chandeliers en forme de fleurs, et ses murs bleu canard ornés d’étoiles, la synagogue de la rue Eldridge est sans aucun doute belle. Et, récemment restaurée pour retrouver son aspect de 1917, elle raconte aussi une histoire d’immigration et de changement.

« C’était un sanctuaire pour les personnes fuyant l’antisémitisme, les pogroms, peut-être les difficultés économiques. Ils sont venus dans un bel espace, illuminé. Peut-être qu’ils vivaient dans un appartement. Peut-être qu’ils travaillaient dans un atelier ou poussaient des chariots dans des rues bondées. Cet espace est vraiment comme un mémorial. Nous sommes entourés de communautés qui vivent cette même chose », a dit Courtney Byrne-Mitchell, employée au service des visiteurs du musée.

Il n’est pas nécessaire d’aller plus loin que de l’autre côté de la rue. Il y a 100 ans, les panneaux des vitrines étaient en yiddish. Beaucoup sont maintenant en chinois. Là où les charrettes à bras s’entassaient autrefois dans les rues bondées bordées d’immeubles, les camions de livraison se faufilent entre les voitures garées en double file. Comme toute la ville de New York, c’est un quartier en changement perpétuel.

Quelque chose lié à ces couches d’histoire et de transformation a résonné en Weinstein.

En 2012, l’analyste financier et photographe amateur de 53 ans a commencé à se porter bénévole pour l’association connect2ny, effectuant des visites amicales à des survivants de la Shoah.

Ten Times Chai, de Michael Weinstein. (Crédit : autorisation)
Ten Times Chai, de Michael Weinstein. (Crédit : autorisation)

Les emplacements de ses visites sont parallèles à l’histoire de sa famille, et l’ont emmené bien au-delà de Brooklyn, où il vit, du Queens, où vivaient ses parents et son arrière-grand-mère maternelle.

Il s’est retrouvé dans le quartier de l’Upper West Side de Manhattan où il a vécu après l’université, ainsi que dans le Lower East Side, où vivaient ses grands-parents et ses arrière-grands-parents paternels après avoir immigré de la Zone de Résidence de Russie.

Il s’est souvent arrêté pour voir les synagogues locales, chacune aussi unique que familière. Le livre présente des synagogues construites par des Juifs de Syrie, de Boukhara, de Russie et d’Allemagne.

Il a commencé par prendre des photos avec son téléphone portable. Quand il a eu plus de 60 images, il s’est demandé s’il devait en faire un livre.

Il a alors cherché sur Google « synagogues de New York ». Il y en avait littéralement des centaines. Beaucoup trop pour un livre, a-t-il dit. Il a donc décidé de se concentrer sur les synagogues orthodoxes et s’est arrêté à 180 : 10 fois chai, la valeur numérique de 18 en hébreu, et le mot qui veut dire « vie ».

Banc de la synagogue de la rue Eldridge de New York, avec une plaque de dédicace. (Crédit : Michael Weinstein)
Banc de la synagogue de la rue Eldridge de New York, avec une plaque de dédicace. (Crédit : Michael Weinstein)

Il ne savait pas exactement combien il prendrait de photographies jusqu’à ce qu’il visite la synagogue de la place Lincoln. Apprenant qu’il y avait exactement 613 lampes dans le sanctuaire, il a décidé que son livre compterait 613 photographies, une pour chacune des 613 mitzvot [bonnes actions].

Le projet a pris trois ans. Les photographies prises au téléphone portable n’avaient pas la bonne qualité pour être imprimées, a-t-il indiqué. Il a dû retourner trois ou quatre fois dans certaines synagogues.

Il a écrit des lettres expliquant son projet aux synagogues. Même si presque toutes l’ont bien accueilli, Weinstein a indiqué qu’il savait que ce n’aurait probablement pas été le cas s’il avait été une femme. Plusieurs des synagogues photographiées, en particulier celles de certaines communautés hassidiques, interdisent leur sanctuaire principal aux femmes. C’est ce qui l’a poussé à prendre des photographies depuis le balcon des femmes.

« Je voulais que les hommes voient ce que c’était depuis l’étage. J’ai essayé de donner plusieurs perspectives différentes dans le livre. Plus nous comprenons différentes perspectives, mieux c’est », a-t-il expliqué.

Vue depuis le balcon de la synagogue de la rue Eldgridge de New York. (Crédit : Dan Creighton)
Vue depuis le balcon de la synagogue de la rue Eldgridge de New York. (Crédit : Dan Creighton)

C’est pour cela que Weinstein a dédié son livre non seulement aux survivants de la Shoah à qui il rend visite, mais aussi à la liberté de culte.

« J’ai voyagé dans plus de 60 quartiers différents des cinq districts. Je suis devenu plus conscient des différentes institutions religieuses qui sont le tissu de New York. J’ai marché devant des églises, épiscopaliennes, baptistes, luthériennes, protestantes, catholiques romaines, pour en citer quelques-unes. Même certaines sans dénomination. J’ai aussi remarqué des églises et des centres communautaires, des endroits comme des églises grecques orthodoxes, chinoises, japonaises, coréennes, des mosquées, et même des églises orthodoxes polonaises et russes », a dit Weinstein.

« Cela a confirmé ce que je pensais, en grande partie, New York est plus une ‘salade composée’ qu’un ‘melting pot’, avec des personnes qui s’installent, ou simplement qui passent » dans la ville la plus diversifiée du monde », a-t-il dit.

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