Un important conseiller d’Abbas compare la sécurité au mont du Temple au nazisme
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Un important conseiller d’Abbas compare la sécurité au mont du Temple au nazisme

Mahmoud Habbash a déploré les restrictions imposées à l'accès des musulmans à la mosquée Al-Aqsa : "Tentent-ils de faire subir aux autres ce qu'on leur a fait subir ?"

Le Dr. Mahmoud Habbash, juge suprême de la Charia de l'Autorité palestinienne et conseiller de Mahmoud Abbas sur les affaires religieuses et islamiques (Crédit : autorisation)
Le Dr. Mahmoud Habbash, juge suprême de la Charia de l'Autorité palestinienne et conseiller de Mahmoud Abbas sur les affaires religieuses et islamiques (Crédit : autorisation)

Un conseiller aux affaires religieuses du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a comparé les mesures de sécurité imposées aux musulmans sur le complexe du mont du Temple à celles employées contre les Juifs au cours de l’Inquisition espagnole et de la Shoah.

Dans un discours prononcé la semaine dernière sur Palestine TV, Mahmoud Habbash a déploré les restrictions sur l’accès à la mosquée Al-Aqsa, qui siège sur le lieu saint connu en arabe sous le nom de Haram al-Sharif.

« Il y a des barrages routiers, des restrictions, les fermetures de porte et les restrictions d’âge… Les gens âgés de moins de 40 ans ne sont pas autorisés à prier », a dit Habbash, selon une traduction transmise par MEMRI (Middle East Media Research Institute).

« Mon Dieu ! Qu’est-ce que cela ? A quelle époque historique vivons-nous ? », a interrogé Habbash qui est également le juge suprême de l’AP en ce qui concerne la charia.

« Sommes-nous à l’époque de l’Inquisition ? Tentent-ils de faire subir aux autres ce qu’ils ont subi dans les ghettos, dans les tribunaux de l’Inquisition ou devant les tribunaux nazis ? Est-ce ou n’est-ce pas l’Inquisition ? », a-t-il ajouté.

« C’est une inquisition israélo-sioniste, qui tente de violer la dignité de l’être humain, et la dignité de la croyance religieuse et de la foi humaine en Dieu », a conclu le responsable de l’Autorité palestinienne.

Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, écoute le sermon du vendredi du Dr Habbash, dans les quartiers présidentiels de l’AP, à Ramallah. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le mont du Temple accueille le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa, et il est considéré comme le troisième lieu le plus saint de l’islam. C’est l’endroit le plus saint du judaïsme et il est vénéré par les Juifs comme étant le site ayant accueilli les temples antiques.

D’après les termes de l’arrangement actuel institué par Israël après la capture de la Vieille Ville de Jérusalem, en 1967, l’endroit est placé sous la tutelle de la Jordanie. Les Juifs ont l’autorisation de visiter le complexe dans le cadre de l’accord mais ils n’ont pas l’autorisation d’y prier ou d’y organiser le culte.

Israël ne restreint pas l’accès pour les musulmans au sein de l’Etat juif – et également originaires de Jérusalem-Est – au site. Il a été parfois fermé aux hommes âgés de moins de 40 ans lors de tensions, mais cela n’a pas été le cas récemment. Le pays maintient des restrictions sur les Palestiniens de Cisjordanie qui entrent sur le territoire dans le cadre de ses procédures sécuritaires globales.

Israël et la Jordanie ont signé un accord de paix en 1994 mais les relations ont longtemps été froides.

Des musulmans palestiniens exécutent la prière de l’Aïd el-Fitr du matin près du Dôme du Rocher dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa, tous deux situés sur le Mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 juin 2018. (AFP PHOTO / AHMAD GHARABLI)

Au mois de juillet dernier, le lieu saint avait été au coeur d’une crise majeure entre les autorités israéliennes, les Palestiniens et la Jordanie en raison de mesures de sécurité décidées à l’entrée du complexe. Des détecteurs de métaux et des caméras avaient été installés suite à une attaque meurtrière au cours de laquelle trois Arabes israéliens avaient émergé du site et ouvert le feu sur des agents de police israéliens, les tuant, en utilisant des armes qui avaient été introduites clandestinement sur le site. Ces mesures de sécurité renforcées avaient été ultérieurement abandonnées.

Au début de l’année dernière, Habbash avait averti qu’un plan de l’administration de Trump, depuis mené à bien – le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem – était « une déclaration de guerre à tous les musulmans ».

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