Un livre de prières juives profané à Berlin ravive les craintes d’antisémitisme
Livré sans emballage, l'ouvrage religieux commandé dans une librairie berlinoise contenait des graffitis haineux. Une enquête illustre le regain des actes antisémites
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Acheter un ouvrage liturgique et y découvrir des slogans haineux : c’est la douloureuse expérience vécue par un employé de l’association WerteInitiative, une organisation civile juive qui a son siège dans la capitale allemande.
Selon des faits rapportés par le journal juif allemand Jüdische Allgemeine et relayés le 13 août dernier par le site d’information israélien YNet, cet employé avait commandé un Machzor – un livre de prières utilisé lors des fêtes de Tishri (Rosch HaShana et Yom Kippour) – dans une librairie berlinoise.
Comme le détaille YNet, c’est une fois rentré chez lui, en feuilletant l’ouvrage neuf, que l’acheteur a découvert des inscriptions manuscrites particulièrement explicites. À l’intérieur de l’objet de culte figuraient les mots « Hitler » et « Free Palestine », accompagnés d’un dessin obscène.
Interloqué, l’acquéreur a contacté la librairie dès le lendemain pour signaler les faits.
D’après ses déclarations, recueillies par la Jüdische Allgemeine, les employés de la librairie se sont montrés sincèrement ennuyés et coopératifs.
L’analyse des modalités de livraison a permis d’avancer une hypothèse précise sur l’origine du vandalisme. En effet, le client avait commandé en même temps un autre livre, reçu intact, ce qui fait porter les soupçons sur la chaîne d’approvisionnement.
Les employés de la librairie ont en effet précisé au journal Jüdische Allgemeine que le Machzor leur avait été livré sans emballage protecteur.
Selon les explications de la librairie, relayées par YNet, cette absence de scellé aurait permis à un intermédiaire, un fournisseur ou un tiers d’altérer l’ouvrage en toute discrétion avant sa mise en rayon ou son expédition. Soucieux de ne pas incriminer injustement cette librairie berlinoise, l’employé de la WerteInitiative a indiqué qu’il refusait pour l’heure de révéler le nom de l’établissement.
Un climat de tension exacerbé dans la capitale allemande
Cet incident s’inscrit dans un contexte particulièrement difficile pour la communauté juive en Allemagne, confrontée à un net regain des actes antisémites dans les lieux publics et les hauts-lieux de la vie juive.
Selon les chiffres de l’observatoire RIAS (Recherche-und Informationsstelle Antisemitismus Berlin ou Centre de recherche et d’information Antisémitisme Berlin) et la police de Berlin –, repris par le Jüdische Allgemeine, la capitale allemande a enregistré plus de 630 actes antisémites au premier semestre 2025, ce qui confirme la hausse drastique des signalements depuis l’exacerbation du conflit au Proche-Orient.
Pour les représentants communautaires et les associations comme la WerteInitiative, la profanation d’un objet de culte au cœur même du réseau de distribution commercial est le signe d’une banalisation inquiétante de l’hostilité contre les Juifs au quotidien.
la Communauté du Times of Israël !







