Un monument à Ontario dédié aux soldats nazis vandalisé
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Un monument à Ontario dédié aux soldats nazis vandalisé

Un activiste s'est dit "abasourdi" à l'idée que des graffiti sur un monument dédié à des Ukrainiens ayant combattu avec la SS soient considérés comme un "crime raciste"

Heinrich Himmler, au centre, passe en revue les soldats volontaires SS de Galice de la division d'infanterie, le 3 juin 1944.(AP/US Holocaust Memorial Museum, Autorisation: Atlantic Foto Verlag Berlin)
Heinrich Himmler, au centre, passe en revue les soldats volontaires SS de Galice de la division d'infanterie, le 3 juin 1944.(AP/US Holocaust Memorial Museum, Autorisation: Atlantic Foto Verlag Berlin)

La police canadienne mène une enquête sur un acte de vandalisme raciste contre un monument de la guerre commémorant les Ukrainiens qui ont combattu dans une unité de la Waffen-SS au nom de l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, a rapporté vendredi l’Ottawa Citizen.

La phrase « monument de guerre nazi » a été gribouillée sur la monument en pierre, selon l’article.

Le monument est situé à Oakville dans le cimetière ukrainien St. Volodymyr et commémore la 14ème Division SS, également connu comme la Légion d’auto-défense ukrainienne. Elle se composait d’Ukrainiens qui ont combattu au nom de l’Allemagne nazie et rejoint la Waffen-SS.

D’anciens membres ont été accusés d’avoir assassiné des Juifs pendant la guerre, mais aussi des femmes et des enfants polonais. La division, constituée en 1943, est célébrée par des nationalistes ukrainiens parce qu’elle a combattu les forces soviétiques.

La police régionale Halton a estimé que les graffiti avaient été tagués sur le monument autour du 21 juin. La police a déclaré que l’incident faisait l’objet d’une enquête comme un « crime raciste ». Selon l’article, la police n’a pas publié les images des graffiti afin d’éviter de « propager davantage » son message.

L’idée qu’un acte de vandalisme contre les Nazis fasse l’objet d’une enquête pour  crime raciste a attiré les critiques de Bernie Farber du Canadian Anti-Hate Network.

« Oui, c’est évidemment la dégradation de bien, a déclaré Farber au Ottawa Citizen concernant les graffiti sur le monument. « Mais un crime raciste ? Loin de là ».

Écrivant sur son compte personnel Twitter, Farber s’est proposé d’expliquer aux policiers ce qui constitue un crime raciste.

« Je suis franchement abasourdi, a tweeté Farber. Comment la police d’Halton a-t-elle pu penser cela? Je serais content de proposer notre [atelier] sur la Haine et l’Extrémisme à la police. Cela nécessite une rétractation de la police! »

Vendredi, la police de Halton a publié une clarification dans un communiqué que l’enquête initiale avait établi que les graffiti « avaient pu être motivés par le racisme, en ciblant le groupe identifiable des Ukrainiens en général, ou des membres ukrainiens de centre culturel. A aucun moment la police régionale de Halton n’a considéré que le groupe identifiable ciblé par les graffiti était les nazis ».

« Nous regrettons toute peine causée par des désinformations qui suggèrent que la police soutiendrait le nazisme de n’importe quelle manière », indiquait le communiqué en précisant que l’enquête se poursuivait.

Plus tôt cette année, un charpentier à la retraite du Minnesota que l’Associated Press avait présenté comme un ancien commandant de la 14ème division, entraînant des enquêtes de l’Allemagne et de la Pologne, est décédé.

Michael Karkoc, dont la famille a maintenu qu’il n’a jamais été nazi ni commis des crimes de guerre, vivait paisiblement à Minneapolis pendant des décennies jusqu’à ce que l’examen par l’AP d’archives américaines et ukrainiennes en 2013 ne dévoile son passé.

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