Un nouveau Trésorier sera nommé après une réprimande de Mandelblit
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Un nouveau Trésorier sera nommé après une réprimande de Mandelblit

Le procureur-général a indiqué au ministre des Finances qu'il était "inadmissible" de laisser le poste vacant en raison de querelles politiques internes

Le ministre des Finances Israel Katz lors d'une conférence de presse au ministère des Finances à Jérusalem, le 1er juillet 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Le ministre des Finances Israel Katz lors d'une conférence de presse au ministère des Finances à Jérusalem, le 1er juillet 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Le procureur-général Avichai Mandelblit a déclaré jeudi au ministre des Finances qu’il devait nommer rapidement un nouveau trésorier général après la démission de Roni Hizkiyahu.

Suite au courrier envoyé par Mandelblit à Katz, le Likud et Kakhol lavan ont accepté, vendredi matin, de désigner un remplaçant à ce poste dimanche, selon des informations parues dans la presse israélienne.

Yaheli Rotenberg devrait être nommé. Cette fonction est vacante, depuis des semaines, suite au départ de Hizkiyahu.

Mandelblit avait écrit à Katz : « Il est inadmissible de laisser le poste de trésorier général ainsi vacant… Cette incapacité à nommer des hauts-fonctionnaires permanents nuit à la stabilité et au bon fonctionnement du service public dans son ensemble, engendrant d’importantes difficultés légales. »

« Je vous demande donc d’entreprendre une initiative en toute urgence visant à nommer [temporairement] un employé du ministère au poste jusqu’à la désignation d’un remplaçant à titre permanent – dont l’approbation au poste devra aussi être faite dans les meilleurs délais. »

Le procureur général Avichai Mandelblit s’exprime lors de la 17e conférence annuelle de Jérusalem du groupe « Besheva », le 24 février 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

De hauts-responsables du ministère des Finances ont quitté leurs fonctions récemment dans un contexte d’impasse politique et de gel du budget. Son directeur-général et son chef des budgets ont démissionné au cours de ces derniers mois, et cela a aussi été le cas de cinq adjoints du département des Budgets et d’autres éminents fonctionnaires.

Katz avait annoncé le remplacement d’Hizkiyahu par Rotenberg, le mois dernier, mais il avait été dans l’incapacité d’officialiser cette nomination : Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait émis un gel de facto de toutes les désignations de hauts-fonctionnaires au sein des ministères contrôlés par Kakhol lavan – et en particulier au ministère de la Justice. En réponse, le ministre de la Défense, Benny Gantz, avait refusé l’organisation d’un vote du cabinet dans les ministères placés sous la houlette du Likud, comme la Santé et les Finances.

L’accord de vendredi permettra la nomination de Rotenberg dès la semaine prochaine et, en échange, Gantz pourra nommer un nouveau directeur-général pour son bureau de Premier ministre d’alternance. Toutefois, sa principale demande concernant la désignation d’un nouveau directeur-général pour le ministère de la Justice reste actuellement sans réponse.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre de la Défense Benny Gantz assistent à la réunion hebdomadaire du cabinet au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 21 juin 2020. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)

Les démissions en masse survenues au Trésor avaient émané des désaccords en cours, au ministère des Finances, sur la manière de faire baisser les taux d’infection au coronavirus dans le pays tout en minimisant les dégâts subis par l’économie.

Citant des propos tenus par ses proches, Ynet avait rapporté que Terner Eyal — qui avait pris sa fonction après la démission de son prédécesseur, Shai Babad, au mois de mai – s’était plainte, dimanche, de « ce qu’il se passe au ministère – une folie. Tout se décide sous le coup de l’impulsivité. Il n’y a pas de consultations professionnelles. Je ne peux pas continuer dans cette situation ».

Selon la Treizième chaîne, ses proches avaient déclaré qu’elle avait été convaincue de la nécessité de partir parce qu’elle estimait que les décisions étaient prises depuis le haut de la hiérarchie pour des raisons politiques, se sentant dorénavant dans l’incapacité de conserver sa fonction – en particulier à un moment où le nombre de chômeurs en Israël grimpait en flèche.

Elle avait également déclaré que l’échec du gouvernement à préparer un budget d’Etat était « impardonnable ».

Après son départ, le chef de l’Autorité fiscale, Eran Yaacov, lui avait succédé au poste de directeur-général du Trésor par intérim.

Keren Terner Eyal, alors directrice générale du ministère des Transports, assiste à une audience à la Knesset, le 20 mars 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Pour sa part, le chef du département du Budget, Shaul Meridor, avait démissionné au mois d’août, écrivant à Kantz « ne pas pouvoir soutenir le comportement médiocre en cours ces derniers mois, pour lequel tous les citoyens israéliens paieront un prix lourd dans les années à venir ».

« Malheureusement », avait-il déploré, « vous ne m’accordez pas les moyens, ainsi qu’à un grand nombre de fonctionnaires, de faire notre travail ».

Il avait décrié un processus décisionnaire influencé par des « intérêts étroits » et un « mépris flagrant » pour le travail effectué par les fonctionnaires, prétendant que les outils financiers utilisés par le ministère avaient été piétinés et que des règles vieilles de plusieurs décennies étaient négligées.

Protestant contre des politiques économiques gouvernementales qu’il avait qualifiées « d’irresponsables », Meridor avait averti que le gouvernement prenait des décisions déterminantes de manière hasardeuse et non-professionnelle et qu’il avait imposé une « atmosphère de terreur » au sein de la hiérarchie du ministère pour éradiquer toute critique.

Katz avait répondu à cette démission en accusant Meridor de s’opposer à ses politiques pour des « raisons politiciennes ». Netanyahu avait fustigé Meridor, qui avait fait part de son opposition au plan prévoyant de verser des aides à tous les Israéliens, une stratégie qui avait entraîné une vive controverse – de la part des experts économiques, des leaders de l’opposition et de citoyens qui avaient estimé que cette assistance devait être exclusivement destinée aux populations les plus touchées dans le pays.

L’ancien directeur du budget, Shaul Meridor, assiste à une conférence de presse au bureau du ministère des Finances à Jérusalem, le 23 septembre 2019. (Flash90)

Dans une série de Tweets, Terner Eyal avait écrit, au mois de juillet, qu’il « m’est très difficile de rester indifférente aux critiques proférées à l’encontre du personnel de mon ministère et du chef du département du budget, Shaul Meridor, en particulier ».

Elle avait déploré « le discours très violent tenu à notre encontre sur les réseaux sociaux ».

Des responsables accusent depuis plusieurs mois Katz d’avoir prôné des politiques pour des raisons purement politiciennes visant à dynamiser le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le parti du Likud. Katz a également été mis en cause pour sa manière d’étouffer toutes les dissensions par les responsables du Trésor.

Manuel Trajtenberg, professeur d’économie à l’université de Tel Aviv et au Technion de Haïfa, ex-député travailliste, a estimé que le ministère des Finances était en train de « s’écrouler » – ses hauts-responsables présentant leur démission ou étant limogés les uns après les autres. Les principaux postes à responsabilité sont dorénavant vacants, avait-il commenté au micro de la radio militaire – et le ministère a été, dans les faits, « annexé » par le bureau du Premier ministre et par Avi Simhon, conseiller économique du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Il n’y a pas eu de budget d’Etat au sein de l’Etat juif depuis 2019 et ce dernier pourrait terminer l’année 2020 sans budget – en raison d’une querelle opposant le Likud et Kakhol lavan sur l’éventuelle inclusion du budget 2021.

Le ministre de la Défense Benny Gantz, issu du parti Kakhol lavan, demande à ce que le budget couvre toute l’année 2021 tandis que Netanyahu insiste pour qu’il ne prenne en charge que 2020, ce qui lui donnerait une autre porte de sortie ouvrant sur de nouvelles élections sans avoir à confier le poste de Premier ministre à Gantz, comme le détermine l’accord de partage du pouvoir qui a été conclu entre les deux hommes.

Israël, comme la majorité des autres pays, a été durement frappé au niveau économique par les conséquences de la pandémie de coronavirus et par les nombreuses fermetures et restrictions entraînées par la nécessité de contenir la propagation du virus. Le pays a connu deux longs confinements et le chômage a grimpé en flèche, de nombreuses entreprises ayant été placées dans l’obligation de fermer leurs portes ou de réduire leur personnel, que ce soit temporairement ou définitivement.

Les derniers chiffres du chômage, au sein de l’Etat juif, ont montré qu’il s’élevait, à la mi-octobre, à 18 % – soit environ 733 000 personnes.

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