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Un panel propose des vaccins anti-COVID annuels quand le nombre de cas sera bas

Un épidémiologiste salue cette décision, le coronavirus devant faire partie "d'une nouvelle normalité" ; les critiques estiment que l'initiative n'est pas forcément utile

Une Israélienne reçoit sa quatrième dose de coronavirus dans une maison de retraite privée de Petah Tikva, le 4 janvier 2022. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)
Une Israélienne reçoit sa quatrième dose de coronavirus dans une maison de retraite privée de Petah Tikva, le 4 janvier 2022. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Les vaccins contre la COVID devront devenir, chaque année, une norme quand les taux d’infection au coronavirus auront atteint de manière stable un niveau modeste, selon une recommandation qui a été faite par la Commission des vaccins au sein du ministère de la Santé.

Un positionnement qui n’est pas encore gravé dans le marbre par le biais d’une législation – mais les recommandations faites par la Commission sont généralement rapidement mises en vigueur.

Actuellement, il est recommandé aux adultes de procéder à des rappels plus fréquents et rien ne devrait changer tant que le nombre de cas de COVID restera encore important dans le monde, a précisé la commission.

Si elle est adoptée, cette politique mettrait le rappel contre le coronavirus au même niveau que le vaccin contre la grippe, selon le professeur Nadav Davidovitch, épidémiologiste au sein de l’université Ben-Gurion et ancien membre de la Commission, très au fait des débats sur le sujet.

Il sera alors recommandé à la population de se faire administrer une injection à l’automne, particulièrement les personnes âgées et les catégories les plus vulnérables, commente-t-il.

Comme c’est le cas également des vaccins contre la grippe, les vaccins contre la COVID seront préparés de manière à lutter contre les souches de virus les plus susceptibles de se propager. Il est difficile de dire pour le moment si ce schéma vaccinal annuel consistera en une ou en deux injections.

Ce positionnement de la Commission rappelle celui qui a été proposé aux États-Unis par la FDA (Food and Drug Administration).

Prof. Nadav Davidovitch. (Crédit : Courtoisie)

Davidovitch, haut-responsable au sein de la Fédération israélienne des médecins de santé publique, souligne que cette nouvelle approche ne pourra être mise en œuvre qu’à l’avenir et seulement si – et quand – le nombre de cas de coronavirus sera devenu bas.

« Cette approche, envisageable quand les cas de COVID seront à un bas niveau, fait partie de notre stratégie de glissement vers une réalité où la COVID sera devenue une nouvelle normalité », explique Davidovitch.

« Nous comprenons bien aujourd’hui que le virus ne disparaîtra pas. Comme d’autres infections virales et dans la mesure où il existe un vaccin sûr dont l’effet s’estompe néanmoins avec le temps, une telle recommandation est tout à fait logique », ajoute-t-il.

Mais d’autres médecins de premier plan expriment leur désaccord. Le professeur Amnon Lahad, à la tête du Conseil national pour la santé dans la communauté, un conseil consultatif qui travaille avec le ministère de la Santé, estime que cette recommandation n’est pas nécessaire et qu’elle s’apparente à un gaspillage des ressources publiques.

« Je pense que c’est une mauvaise décision et pour la majorité des Israéliens, c’est inutile », dit-il. « Que les personnes âgées avec des comorbidités se fassent vacciner tous les ans, ça a du sens – mais pour peut-être 90 % de la population, c’est une initiative qui est inutile et qui extrêmement coûteuse ».

Le professeur Amnon Lahad (Autorisation : Université hébraïque)

Lahad, qui est chef de médecine familiale à l’université Hébraïque, affirme qu’un vaccin annuel n’est pas forcément nécessaire dans la mesure où sa principale fonction, aujourd’hui, est de réduire l’intensité de la maladie et non de stopper l’infection ou la transmission.

Ce qui rend son administration beaucoup moins impérieuse pour la population au sens large, poursuit-il.

La FDA a publié, cette semaine, la feuille de route des vaccinations aux États-Unis, qui impliqueront une vaccination annuelle pour la plus grande partie de la population et la possibilité de deux injections pour les personnes âgées ou immunodéprimées. Les conseillers de la FDA se réuniront jeudi pour discuter de cette proposition.

L’un des documents préparés par la FDA déclare que la réponse aux vaccins anti-COVID « est analogue à celle observée au cours de la vaccination annuelle contre la grippe – une intervention bien acceptée chez les individus et ce, à partir de l’âge de six mois ».

Davidovitch déclare qu’il respecte les réserves de Lahad mais qu’il est lui-même convaincu – comme de nombreux autres spécialistes de son domaine – que les injections annuelles sont efficaces pour consolider la protection apportée par la vaccination initiale, et qu’il n’y a aucun argument convaincant s’opposant à leur promotion.

Il avertit néanmoins que l’un des obstacles susceptibles de rendre la mise en œuvre de cette recommandation plus difficile est celui des ressources, dans la mesure où la priorité n’est parfois suffisamment accordée à la prévention dans le pays.

« Il est important que les financements et les infrastructures nécessaires soient en place pour que cette initiative réussisse », note-t-il.

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