Un pays-tiers a accepté de prendre des migrants africains, selon Aryeh Deri
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Un pays-tiers a accepté de prendre des migrants africains, selon Aryeh Deri

Le ministre de l'Intérieur a déclaré qu'un état qu'il n'a pas nommé a donné son "approbation sans équivoque" concernant l'arrivée de migrants expulsés d'Israël

Le ministre de l'Intérieur Aryeh Deri lors d'une réunion parlementaire de la Commission des affaires intérieures portant sur l'expulsion des demandeurs d'asile africains, le 29 janvier 2018 (Crédit :Alster/Flash90)
Le ministre de l'Intérieur Aryeh Deri lors d'une réunion parlementaire de la Commission des affaires intérieures portant sur l'expulsion des demandeurs d'asile africains, le 29 janvier 2018 (Crédit :Alster/Flash90)

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri a déclaré lundi à une commission de la Knesset qu’un pays-tiers a accepté d’accueillir les migrants africains qui seront expulsés d’Israël.

Deri a dit devant la commission des Affaires intérieures et de la Protection environnementale qu’il y a eu « une approbation sans équivoque de la part d’un pays-tiers concernant les expulsions forcées », même s’il n’a pas nommé le pays.

Il s’agirait du Rwanda ou de l’Ouganda, malgré les démentis apportés par les gouvernements des deux pays.

« J’assume la responsabilité de dire, malgré les informations transmises ces derniers jours, que tout est réalisé avec le plein accord du pays-tiers, qui a toutes les informations et ce jusqu’au dernier détail », a dit Deri.

La réunion de la commission avait pour objectif de débattre de l’indignation publique suscitée par le programme d’expulsion de milliers de migrants africains.

Le mois dernier, la Knesset a approuvé un amendement à la loi dite « des infiltrés » qui ouvre la voie à l’expulsion forcée de migrants et demandeurs d’asile érythréens et soudanais à partir du mois de mars, et l’emprisonnement indéfini de ceux qui refuseront de quitter « volontairement » le territoire.

Il y a approximativement 38 000 migrants et demandeurs d’asile africains en Israël, selon le ministère de l’Intérieur. Environ 72 % sont Erythréens et 20 % sont Soudanais et la vaste majorité est arrivée entre 2006 et 2012. Un grand nombre habite dans le sud de Tel Aviv et certains habitants et militants leur reprochent le taux de délinquance en hausse et ont fait pression sur le gouvernement en faveur de leur expulsion.

Des manifestants érythréens scandent « Des réfugiés, pas des infiltrés » devant l’ambassade du Rwanda, à Herzliya, le 22 janvier 2018 (Melanie Lidman / Times of Israël)

Selon le plan gouvernemental, les migrants qui choisiront de quitter le territoire israélien d’ici le 31 mars recevront une somme de 3 500 dollars ainsi que des billets d’avion gratuits et d’autres incitations, selon des informations.

Deri a expliqué que son bureau fera une distinction entre les Africains venus en Israël pour trouver du travail et les réfugiés en provenance de zones de guerre, en quête d’un refuge. Il a indiqué que tous ceux qui ont soumis des demandes d’asile avant le 31 décembre 2017 et dont les dossiers n’ont pas encore été traités ne seront pas expulsés, notamment les mères, les enfants et les familles.

La majorité des jeunes migrants africains venus sans enfants n’a pas déposé de demande d’asile, a ajouté Deri. L’Etat juif a commencé à les expulser vers un pays-tiers.

C’est un total de 14 700 demandes d’asile qui ont été soumises en 2017, a expliqué Deri à la commission – de la part notamment de 7 700 Ukrainiens, 906 Soudanais et le reste d’autres pays.

Tamar Zandberg, députée de Meretz, pendant une manifestation de soutien à la légalisation du cannabis sur la place Rabin de Tel Aviv, le 4 février 2017. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Plusieurs députés ont été contraints de quitter la réunion de la commission, le débat sur les expulsions devenant passionné. Alors qu’on la faisait sortir de la salle, Tamar Zandberg, du parti libéral du Meretz, a crié aux membres du Likud de droite : « Vous êtes les amis des nazis ».

Elle a plus tard déclaré aux journalistes : « Je maintiens ce que j’ai dit, que les liens du parti au pouvoir avec les formations antisémites et nazis d’Europe sont une honte pour l’Etat d’Israël et pour son gouvernement ».

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