Un premier jeu de société russe sur Israël et les juifs
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Un premier jeu de société russe sur Israël et les juifs

Un jeu amusant et éducatif enseigne l'épopée israélienne tout en gravant son nom dans l'histoire des Juifs russes

Des enfants jouent à 'Chance juive', le premier jeu de société juif en langue russe, créé par  Konstantin Zinkoff. (Autorisation)
Des enfants jouent à 'Chance juive', le premier jeu de société juif en langue russe, créé par Konstantin Zinkoff. (Autorisation)

Les règles sont les mêmes que celles du Monopoly : C’est un jeu d’argent stratégique où les joueurs achètent des entreprises et tentent de faire fortune. Mais les réussites et les échecs du jeu s’appuient sur des événements réels, survenus dans l’histoire d’Israël.

Si un joueur tire une carte annonçant le début de la guerre des Six jours, lui – ou elle – doit vendre son entreprise la plus précieuse pour la moitié de sa valeur, explique le fabricant du jeu, le Russe Konstantin Zinkoff. La carte annonçant la fin de la guerre des Six jours, d’un autre côté, permet à tous les joueurs de passer au niveau suivant, dit-il.

« C’est exactement ce qui est arrivé à l’époque », s’amuse Zinkoff. « Comment la guerre des Six jours a-t-elle affecté l’économie israélienne ? Il y a eu une baisse énorme des investissements en provenance de l’étranger ».

Le jeu ‘Chance juive », le premier jeu juif fait en Russie par Konstantin Zinkoff. (Autorisation)

Ce jeu, appelé ‘Chance juive’ (ou « Bonheur juif si on le traduit littéralement du russe) a été commercialisé grâce, en partie, à une campagne de crowdfunding en ligne russe qui a permis de rassembler plus de 3 000 dollars pour le projet.

C’est le premier jeu de société russe au sujet d’Israël. Jusqu’à présent, environ 300 exemplaires ont été vendus – en particulier en Russie à des organisations communautaires, à des écoles juives et à des centres culturels israéliens, indique Zinkoff. Le jeu est destiné aux enfants de plus de 10 ans même si les adultes peuvent également y jouer, ajoute-t-il.

« Quelle meilleure manière d’apprendre quelque chose que par le jeu ? », dit Zinkoff, ancien conseiller dans les colonies de vacances juives de Russie, où il avait commencé à inventer des jeux. « D’abord, on apprend des faits encyclopédiques et ensuite, on peut solidifier les informations apprises en jouant ».

Konstantin Zinkoff avec son jeu, la ‘Chance juive’ (Autorisation)

Alors qu’il n’y avait jamais eu – jusqu’à aujourd’hui – de jeux de société juifs fabriqués en Russie, quelques autres ont été traduits en russe. Par exemple, une entreprise appelée « Shpillka » et située à Odessa, en Ukraine, fabrique un jeu de loto consacré aux fêtes juives ainsi qu’un jeu de société basé sur les collections exposées au musée juif d’Odessa.

L’idée de consacrer un jeu de société à Israël est venue à Zinkoff après son retour d’un voyage de six mois en terre sainte. Il s’enthousiasmait à l’idée de pouvoir partager ce qu’il avait appris avec les autres Juifs russes, explique-t-il.

En plus de la guerre des Six jours, des cartes du jeu invitent les joueurs à en apprendre davantage sur le premier Congrès sioniste, à rencontrer la famille Rothschild – ce qui offre aux joueurs un rabais de 10 % sur l’achat d’une entreprise – et à apprendre les origines de la pita au falafel, entre autres.

‘La chance juive’ apprend aux enfants de plus de 10 ans et aux adultes l’histoire et la culture israéliennes et les juives (Autorisation)

« L’un des plus grands défis a été de maintenir l’équilibre politique entre la droite et la gauche », explique Zinkoff, qui a imaginé les cartes avec son frère, Igor Zinkoff, qui fait actuellement des études pour devenir rabbin.

« Le jeu ne prône aucun idéal. Il n’est ni de droite, ni de gauche, ni laïc, ni religieux. Une grande partie du jeu a été rédigée à partir d’un point de vue factuel, neutre. Pour cette raison, il peut être utilisé pour lancer une conversation, pour discuter d’un sujet ».

Les illustrations colorées de « Chance juive » ont toutes été créées par les professionnels d’une entreprise de Saint-Petersbourg, en Russie.

Après avoir conçu le jeu, Zinkoff s’est installé en Israël avec son épouse et son fils de sept ans.

Il prévoit de réaliser une version anglaise de son jeu avant la fin de l’année et réfléchit également à la possibilité d’inventer un autre jeu de société juif russe consacré à l’histoire de la diaspora ashkénaze en Pologne et en Ukraine il y a quelques centaines d’années. Dans ce jeu, le but sera de rassembler le plus de personnes possible dans sa communauté, dit Zinkoff.

Zinkoff a également discuté avec une entreprise israélienne d’un projet de jeu de société sur les implantations. Ce jeu raconterait l’histoire des implantations et de leur développement, ajoute-t-il.

Il admet aimer tellement les jeux que, certains soirs, il peut en sortir jusqu’à trois consécutifs. Et pourtant, si on lui demande quel est son préféré, il est décontenancé.

« Je n’ai pas de jeu favori », répond-il. « Peut-être les échecs, parce que j’aime la stratégie. Les échecs sont un jeu très puissant ».

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