Un proche de Netanyahu confirme des retards dans l’annexion de la Cisjordanie
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Un proche de Netanyahu confirme des retards dans l’annexion de la Cisjordanie

Selon Ofir Akunis, les responsables israéliens travaillent encore sur les derniers détails avec leurs homologues américains, et s'attend à une action dans le mois

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le ministre des Sciences Ofir Akunis (à gauche) au début de la réunion hebdomadaire du cabinet le 22 décembre 2019, au bureau du Premier ministre à Jérusalem. (Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le ministre des Sciences Ofir Akunis (à gauche) au début de la réunion hebdomadaire du cabinet le 22 décembre 2019, au bureau du Premier ministre à Jérusalem. (Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)

Un confident du Premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé que le projet du Premier ministre d’annexer des parties de la Cisjordanie ne débuterait pas mercredi, la date prévue initialement.

Ces développements font planer une incertitude supplémentaire sur la question de savoir si Israël va finalement donner suite à l’initiative d’annexion explosive, qui a suscité de féroces condamnations de la part de certains des plus proches alliés d’Israël.

S’adressant à la radio de l’armée, le ministre de la Coopération régionale, Ofir Akunis, a confirmé que le processus d’annexion ne commencerait pas ce mercredi, en précisant que les responsables étaient encore en train de mettre au point les derniers détails avec leurs homologues américains. Il a déclaré qu’il s’attendait à ce que l’annexion ait lieu plus tard en juillet.

« La coordination avec l’administration américaine n’est pas quelque chose qui peut être écarté », a-t-il déclaré.

Netanyahu avait prévu de lancer le processus d’ici mercredi, disant qu’il voulait commencer à annexer le territoire de la Cisjordanie conformément au plan du président américain Donald Trump pour le Moyen-Orient. Ce plan, dévoilé en janvier, prévoit de placer quelque 30 % du territoire sous contrôle israélien permanent, tout en donnant aux Palestiniens une autonomie limitée dans des poches découpées du reste des terres.

Des soldats de Tsahal gardent une station de bus au carrefour de Tapuah, à côté de la ville de Naplouse en Cisjordanie, le mardi 30 juin 2020. (AP/Oded Balilty)

Mais le plan a fait l’objet de vives critiques internationales. Les Nations unies, l’Union européenne et les principaux pays arabes ont tous déclaré que l’annexion d’Israël violerait le droit international et compromettrait les perspectives déjà réduites de création d’un État palestinien indépendant viable aux côtés d’Israël. Même des alliés proches, comme la Grande-Bretagne, s’y sont opposés.

Dans un article en première page du quotidien Yedioth Ahronoth, l’un des plus grands journaux israéliens, le Premier ministre britannique Boris Johnson a écrit mercredi qu’en tant que « défenseur passionné d’Israël », il était particulièrement troublé par ses intentions. Il a souligné ses liens de longue date avec Israël, qui remontent à l’époque où il était volontaire dans un kibboutz à 18 ans et à ses « nombreuses visites » depuis lors.

« J’espère profondément que l’annexion n’aura pas lieu. Si c’est le cas, le Royaume-Uni ne reconnaîtra aucune modification des lignes de 1967, à l’exception de celles convenues entre les deux parties », a-t-il déclaré.

Le plan de paix Trump. (AP)

Israël a pris la Cisjordanie à la Jordanie lors de la guerre des Six Jours de 1967. Une grande partie de la communauté internationale considère le territoire comme une terre occupée, et les plus de 120 implantations israéliennes y sont illégales. Les Palestiniens, qui veulent que toute la Cisjordanie fasse partie d’un futur État, ont rejeté le plan Trump.

Plusieurs centaines de Palestiniens de la bande de Gaza ont participé mercredi à une petite manifestation, l’une des nombreuses qui étaient attendues dans les zones palestiniennes.

Tout en construisant des dizaines d’implantations israéliennes qui abritent aujourd’hui près de 500 000 personnes, Israël n’a jamais tenté d’annexer le territoire de la Cisjordanie auparavant, affirmant que la zone est « contestée » et que son statut final devrait être réglé par des négociations.

Netanyahu a défendu son plan d’annexion pour des raisons à la fois sécuritaires et religieuses et affirme que l’administration favorable de Trump a fourni une rare occasion de redessiner les frontières d’Israël. Il est impatient d’aller de l’avant avant l’élection présidentielle américaine de novembre, surtout avec les perspectives de réélection de Trump en question, et s’est assuré que l’accord de coalition pour son nouveau gouvernement incluait la date du 1er juillet pour qu’il puisse présenter un plan au Parlement.

Mais au-delà de l’opposition internationale, Netanyahu a rencontré une certaine résistance de la part de ses partenaires au pouvoir de Kakhol lavan. Le leader de Kakhol lavan, le ministre de la Défense Benny Gantz, a déclaré cette semaine que la date de mercredi n’était pas « sacrée » et a suggéré que l’annexion pouvait attendre pendant que le gouvernement se débat avec la crise du coronavirus en Israël.

Les responsables américains ont déclaré qu’ils ne veulent pas aller de l’avant avec un plan à moins que les deux dirigeants ne soient d’accord. Les médias israéliens ont également rapporté qu’Israël cherche à modifier une proposition de carte d’annexion américaine, et que les responsables américains exigent un geste israélien en faveur des Palestiniens en compensation de toute annexion qui aurait lieu.

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