Un registre ayant permis à des survivants d’un camp de se remarier mis en vente
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Un registre ayant permis à des survivants d’un camp de se remarier mis en vente

Les témoignages, recueillis par des rabbins à la fin de la Seconde Guerre mondiale, relatent la mort de Juifs pour permettre à leurs conjoints survivants de se remarier

Un grand livre de compte du tribunal rabbinique de Bergen-Belsen pour les épouses "enchaînées" dans le sillage de la Shoah. (Maison d'enchères Kedem)
Un grand livre de compte du tribunal rabbinique de Bergen-Belsen pour les épouses "enchaînées" dans le sillage de la Shoah. (Maison d'enchères Kedem)

Un grand livre tenu par des rabbins au camp de concentration de Bergen-Belsen a été présenté cette semaine en vue d’une prochaine vente aux enchères. Les rabbins y consignaient les témoignages de survivants, qui n’avaient pas de preuve formelle de la mort de leurs conjoints, pour leur permettre de se remarier.

Les témoignages, rassemblés par le tribunal rabbinique de Bergen-Belsen à la fin de la Seconde Guerre mondiale, relatent la mort de Juifs, originaires de nombreuses villes et régions de Pologne et de Lituanie, qui ont été envoyés dans des camps, dont Auschwitz, Treblinka et Bergen-Belsen.

Environ 200 000 personnes ont été déportées à Bergen-Belsen. Plus de 52 000 prisonniers de camps et 20 000 prisonniers de guerre y sont morts, dont l’adolescente Anne Frank.

Situé dans le nord de l’Allemagne, le camp a été libéré le 15 avril 1945, par des soldats britanniques, qui y ont découvert environ 10 000 cadavres à leur arrivée.

Mass graves at Bergen-Belsen concentration camp (photo credit: United Kingdom Armed Forces; Imperial War Museum id# BU 4260, Wikimedia Commons)
Charniers du camp de concentration de Bergen-Belsen. (Crédit : United Kingdom Armed Forces; Imperial War Museum id# BU 4260, Wikimedia Commons)

Après la guerre, un ancien camp de l’armée, situé à proximité de Bergen-Belsen, est devenu le plus grand camp de réfugiés d’Allemagne. Ce camp est aussi devenu le centre de la vie juive pour les personnes déplacées, selon le Musée mémoriel de la Shoah.

Un récit présenté dans le grand livre évoque des mariages fictifs dans le ghetto (non précisé) afin d’échapper à la déportation. Ailleurs, un autre témoignage affirme qu’il n’y a eu aucun survivant d’une mise en quarantaine à Auschwitz.

Un prisonnier de camp explique que, peu avant d’être tué, un autre lui a dit son nom, sa ville d’origine et qu’il avait une femme et deux enfants.

Dans un autre témoignage sont relatés la mort d’un homme lors d’une marche et le fait qu’il n’a pas pu être enterré parce qu’ils devaient continuer à avancer.

Un grand livre de compte du tribunal rabbinique de Bergen-Belsen pour les épouses « enchaînées » dans le sillage de la Shoah. (Maison d’enchères Kedem)

Ces témoignages ont été rassemblés et consignés avant qu’un permis de mariage signé par un rabbin, permettant au survivant de se remarier, ne soit délivré. Le document atteste qu’ils ne sont pas un agun ou agunah – une personne « enchaînée » interdite de contracter un mariage juif, puisqu’elle n’est pas divorcée et n’a pas de preuve du décès de son conjoint.

Le grand livre doit être mis en vente la semaine prochaine à la maison d’enchères Kedem à Jérusalem pour un prix de départ fixé à 4 000 dollars.

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