Un terroriste de l’Etat Islamique déchu de sa citoyenneté par contumace
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Un terroriste de l’Etat Islamique déchu de sa citoyenneté par contumace

Le ministre de l'Intérieur a révoqué la citoyenneté d'Abdallah Hajleh sur la recommandation du Shin Bet et réclame qu'il soit interdit d'entrée dans le pays

Des manifestants tiennent un drapeau de l'Etat islamique lors d'une protestation contre Israël, au centre de Srinagar, à Cachemire - le 18 juillet 2014 (Crédit : AFP / Tauseef MUSTAFA)
Des manifestants tiennent un drapeau de l'Etat islamique lors d'une protestation contre Israël, au centre de Srinagar, à Cachemire - le 18 juillet 2014 (Crédit : AFP / Tauseef MUSTAFA)

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri a déchu de sa citoyenneté un homme israélien qui était parti en Syrie rejoindre le groupe terroriste de l’Etat islamique il y a six ans.

Deri a demandé aux responsables du ministère de prendre des mesures par contumace contre Abdallah Hajleh, sur les recommandations des services de sécurité du Shin Bet. Cette révocation doit encore être approuvée par un tribunal spécial.

Le bureau de Deri a également demandé à la cour centrale de district d’interdire Hajleh d’entrée sur le territoire, selon des informations parues dans les médias en hébreu. Il est impossible de dire pour le moment où se trouve Hajleh ou si les autorités israéliennes sont parvenues à le localiser.

Selon les médias, Hajleh est ressortissant d’un second pays.

Le dirigeant du Shas, Aryeh Deri, assiste à une campagne électorale dans la ville de Tibériade, au nord du pays, le 18 mars 2019. (David Cohen/Flash90)

Un amendement adopté en 2017 dans la loi sur la nationalité en Israël permet la déchéance de la citoyenneté de tout individu par contumace  qui serait engagé dans des activités hostiles.

Les services de sécurité du Shin Bet ont estimé dans le passé que plusieurs douzaines de ressortissants israéliens ont combattu dans les rangs de l’EI en Irak et en Syrie. La majorité d’entre eux sont morts pendant les affrontements ou sont revenus en Israël, où ils ont été arrêtés.

Après l’approbation de cet amendement, il y a deux ans, Deri avait expliqué qu’il avait fait une liste de 20 membres israéliens de l’Etat islamique dont il avait l’intention de révoquer la nationalité. Selon des informations communiquées à ce moment-là, cette liste était en grande partie composée d’Arabes israéliens et de Palestiniens de Jérusalem-Est, mais elle comprenait également deux Juifs convertis à l’islam.

Vendredi, Deri a estimé que « les faits sont clairs » dans le dossier d’Hajleh. « Cette personne représente un danger pour le peuple israélien », a-t-il affirmé.

« C’est un individu qui est déloyal envers Israël, qui a œuvré à saper son existence et qui a passé des années à tenter de nuire à sa sécurité », a-t-il noté. « Je ne vois aucun autre moyen que celui de le déchoir de sa citoyenneté ».

Capture d’écran d’une vidéo de l’interview de Shamima Begum, à droite, adolescente britannique ayant rejoint l’Etat islamique. Son bébé nouveau-né est entre les bras d’une femme à gauche, au cours d’une interview accordée depuis la Syrie au mois de février 2019 (Capture d’écran : YouTube)

Les Etats-Unis et les nations européennes sont réticentes à l’idée de faire revenir leurs citoyens liés à l’Etat islamique. Ils ne veulent pas faire face au défi juridique que représenterait leur traduction devant un tribunal ou le risque potentiel pris lors de leur libération.

Le mois dernier, les Etats-Unis ont indiqué que Hoda Muthana, une jeune femme originaire de l’Alabama qui avait rejoint l’Etat islamique, n’était pas citoyenne américaine en raison de l’ancien statut diplomatique de son père, et qu’elle ne serait pas autorisée à revenir dans le pays.

Au mois de mars, c’est le gouvernement britannique qui avait essuyé les critiques après qu’il est apparu que le rapatriement d’un nouveau-né avait été refusé et que l’enfant, fils d’une djihadiste, était mort dans un camp syrien. Shamima Begum, 19 ans, a été déchue de sa citoyenneté britannique après avoir donné des interviews où elle suppliait de pouvoir revenir mais montrait peu de remords d’avoir fait la propagande de l’EI. Son fils Jarrah était mort d’une pneumonie moins de trois semaines après sa naissance.

L’AFP a contribué à cet article.

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