Un travailliste rejoint le nouveau parti d’Ehud Barak
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Un travailliste rejoint le nouveau parti d’Ehud Barak

Renonçant à sa place sur la liste de la formation en difficulté, Yair Fink a expliqué qu'Israël "a besoin d'un réel leadership" qui puisse défier Netanyahu de manière crédible

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

L'ex-candidat du parti Travailliste Yair Fink, à droite, avec l'ex-Premier ministre Ehud Barak, le 30 juin 2019 (Autorisation)
L'ex-candidat du parti Travailliste Yair Fink, à droite, avec l'ex-Premier ministre Ehud Barak, le 30 juin 2019 (Autorisation)

Le Parti travailliste a connu sa première défection dans la journée de dimanche, quelques jours après que l’ex-Premier ministre Ehud Barak a annoncé la création d’une nouvelle formation politique qui se présentera au scrutin de septembre.

Quittant la 12e place de la liste électorale travailliste, Yair (Yaya) Fink, ancien chef de l’organisation militante communautaire « Bon voisin » et ancien directeur de cabinet de la députée Shelly Yachimovich, a fait savoir qu’il allait rejoindre l’équipe d’Ehud Barak, précisant que « nous avons besoin d’un réel leadership » susceptible de défier de manière crédible le Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

« Je rejoins un groupe dans lequel je crois vraiment, que ce soit en ses responsables ou dans la mobilisation réelle qu’il représentera », a déclaré Yair Fink dans un communiqué.

Défenseur d’un positionnement nationaliste plus apaisé au sein de la communauté sioniste religieuse, Yair Fink a ajouté que le nouveau parti d’Ehud Barak permettrait de « régénérer » le judaïsme à la gauche de l’échiquier politique.

Yair Fink remercie ses soutiens après la diffusion des résultats des primaires Travaillistes à Tel Aviv, le 11 février 2019 (Crédit :Gili Yaari/Flash90)

« Le moment est venu de mettre un terme à l’exclusivité posée par l’extrême-droite aux questions nationales et juives », a expliqué l’ex-travailliste.

« Personne n’a l’exclusivité de l’éthique sioniste et de l’idée juive. Mon judaïsme poursuit la paix… Il n’y a pas de contradictions entre les valeurs juives et la démocratie. Ceux qui cherchent à instaurer une contradiction entre les deux en pratique sape l’essence même de l’Etat ainsi que les valeurs du sionisme », a-t-il poursuivi.

En tant que leader travailliste, Ehud Barak avait établi un partenariat avec Meimad, un mouvement politique religieux pacifiste qui s’était affiché auprès du vénérable parti de centre-gauche de 1999 à 2006.

Le revenant en politique a déclaré que la décision prise par Yair Fink de rejoindre ses rangs « reflète un large mouvement des citoyens qui se sont décidés à prendre leur destin en main, à s’unir et à emprunter une voie qui remettra Israël sur le bon chemin ».

Annonçant la création de sa nouvelle formation mercredi, Ehud Barak, 77 ans, a immédiatement fait frissonner dans les rangs du Parti travailliste en difficulté et du mouvement centriste Kakhol lavan.

Les deux risques de perdre des électeurs qui pourraient rejoindre l’ex-Premier ministre et ancien général de l’armée israélienne qui, clame-t-il, est le seul à être en mesure de détrôner Netanyahu.

Le Parti travailliste – qui a dirigé l’Etat juif pendant les trois premières décennies de son existence – a rencontré de multiples difficultés ces dernières années, frappé par un virage à droite des électeurs israéliens, des troubles internes au parti et l’émergence d’acteurs politiques variés qui ont érodé sa base.

Lors du scrutin du mois d’avril, il n’a gagné que six sièges à la Knesset – la pire performance électorale de toute son histoire.

L’ancien Premier ministre Ehud Barak annonce la formation de son nouveau parti, à Beit Sokolov, à Tel Aviv, le 26 juin 2019. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)

Ehud Barak a été le plus long chef d’état-major en poste et le soldat le plus décoré de Tsahal, avant de devenir Premier ministre en 1999, après l’avoir emporté face à Benjamin Netanyahu.

À la suite de sa défaite, en 2011, face à Ariel Sharon, il s’était temporairement retiré de la vie politique avant de revenir dans les rangs travaillistes en 2005.

Il a été ministre de la Défense de 2007 à 2013 – les quatre dernières années sous les ordres de Netanyahu.

En 2011, alors qu’il détenait le portefeuille de la Défense sous Netanyahu, Ehud Barak avait quitté le Parti travailliste pour rester dans le gouvernement de coalition malgré les objections de la majorité des membres de la formation.

Quelques heures après l’annonce de son retour en politique, la semaine dernière, un sondage réalisé par une chaîne de télévision a estimé que son parti gagnerait six sièges si des élections nationales avaient lieu aujourd’hui.

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