Un tribunal israélien suspend l’expulsion d’une étudiante américaine
Rechercher

Un tribunal israélien suspend l’expulsion d’une étudiante américaine

Le juge a déclaré que l’implication de Lara Alqasem dans les groupes pro-boycott était « mineure », l’État a jusqu’à jeudi pour se prononcer sur son entrée dans le territoire

Les voyageurs font la queue au contrôle des passeports de l'aéroport international Ben Gurion en Israël. (Yossi Zamir / Flash90)
Les voyageurs font la queue au contrôle des passeports de l'aéroport international Ben Gurion en Israël. (Yossi Zamir / Flash90)

Une cour d’appel israélienne a gelé mercredi l’expulsion d’une étudiante américaine pour son soutien présumé au boycott de l’État d’Israël.

Lara Alqasem, âgée de 22 ans, qui a des grands-parents palestiniens, s’est vue refuser l’entrée dans le pays après son arrivée à l’aéroport Ben Gurion, alors qu’elle avait reçu un visa étudiant du consulat israélien de Miami pour effectuer une maîtrise à l’Université hébraïque de Jérusalem, selon Haaretz.

L’Autorité de l’immigration et des frontières israélienne a déclaré que cette décision était due aux « activités de boycott » d’Alqasem.

Dans son rapport, elle cite des responsables du ministère des Affaires stratégiques qui affirment que la jeune femme était membre du groupe universitaire “National Students for Justice en Palestine” qui appelle au boycott d’Israël à cause de sa politique envers les Palestiniens.

La décision d’expulsion a été bloquée mercredi par le tribunal chargé de l’examen de la législation relative à l’entrée en Israël, qui a donné à l’État jusqu’à 9 heures jeudi pour décider s’il autoriserait oui ou non Alqasem à entrer sur le territoire israélien.

Nonviolence International former intern Lara Alqasem is currently detained by Israeli authorities and about to be…

Posted by Nonviolence International on Tuesday, 2 October 2018

Dans sa décision, le tribunal a déclaré qu’Alqasem n’avait eu qu’une « implication mineure » au sein de groupes favorables au boycott d’Israël et qu’elle avait déclaré ne plus y être active, ni maintenant ni dans le futur, selon Haaretz.

Le tribunal a également souligné que le consulat de Miami a accordé un visa à Alqasem, bien qu’il eût pu découvrir ces informations au moyen d’une simple recherche dans une base de données, ce qui aurait conduit à un refus de visa pour l’étudiante”.

Dans une lettre de soutien à l’avocat d’Alqasem, l’Université hébraïque a averti qu’empêcher un étudiant étranger comme elle d’étudier dans le pays nuirait aux liens de l’institution avec d’autres universités dans le monde, a rapporté le quotidien israélien.

Mount Scopus campus of The Hebrew University in Jerusalem (photo credit: Nati Shohat/Flash90)
Le campus du Mount Scopus de l’université hébraïque de Jérusalem (Crédit photo: Nati Shohat / Flash90)

La détention d’Alqasem intervient moins d’une semaine après la déclaration de la Vice-procureure générale, Dina Zilber, selon laquelle les services de sécurité du Shin Bet ne demanderaient plus aux détenus aux frontières de faire connaître leur opinion politique, une mesure qui sera rappelée aux responsables aux frontières.

Cette déclaration de Dina Zilber fait suite à une enquête qui a duré un mois après que le journaliste juif américain très critique du gouvernement israélien, Peter Beinart, a déclaré avoir été interrogé sur ses opinions politiques à son arrivée dans le pays le mois dernier pour la bat mitzva de sa nièce.

Dans une déclaration faite la semaine dernière, le Shin Bet a mentionné qu’une enquête interne menée suite à la détention de Beinart a conclu que son interrogatoire était « une erreur de jugement professionnel de la part du responsable du Shin Bet ». L’agence israélienne a ajouté que “l’interrogatoire a été mené de façon légale sous l’autorité garantie au Shin bet par la loi.”

Après Beinart, un important auteur américano-iranien a déclaré qu’il avait également été interrogé et menacé par le Shin Bet deux semaines auparavant, alors qu’il entrait en Israël avec sa famille depuis la Jordanie.

L’auteur Peter Beinart attend de s’exprimer lors d’un événement, le 14 novembre 2012 à Atlanta (Crédit : AP Photo/ David Goldman/File)

Dans une série tweets, Reza Aslan a comparé l’interrogatoire à ceux des « états totalitaires », et a déclaré qu’il avait décidé de partager son expérience après que Beinart eut révélé son propre interrogatoire. Bien qu’il ait confirmé l’interrogatoire de Beinart, le Shin Bet a nié les affirmations d’Aslan, les qualifiant d ’« infondées ».

D’autres personnes ont récemment déclaré avoir été arrêtées: Simone Zimmerman, cofondatrice du groupe juif progressiste IfNotNow; Abby Kirschbaum, qui travaille pour une agence de voyage israélo-palestinienne; et le romancier Moriel Rothman-Zecher. Début juillet, Ariel Gold, militant juif pro-boycott, s’est vu refuser l’entrée en Israël.

Une loi adoptée l’année dernière autorise le ministère de l’Intérieur à interdire l’entrée aux partisans du mouvement BDS, qui encourage le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre Israël. En vertu de la loi fondamentale du pays : dignité humaine et liberté, les citoyens israéliens ne peuvent être empêchés d’entrer dans le pays.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...