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Une candidate démocrate au Sénat américain affirme qu’Israël a commis un « génocide »

La députée Robin Kelly (Ilinois) a critiqué ses adversaires aux primaires pour ne pas avoir adopté une position similaire - ce qui souligne encore le changement d'attitude des démocrates à l'égard d'Israël

La représentante américaine Robin Kelly, de l'Illinois, s'exprime lors du débat primaire démocrate pour le Sénat américain, à Chicago, le 19 février 2026. (Crédit : AP Photo/Nam Y. Huh)
La représentante américaine Robin Kelly, de l'Illinois, s'exprime lors du débat primaire démocrate pour le Sénat américain, à Chicago, le 19 février 2026. (Crédit : AP Photo/Nam Y. Huh)

JTA — Une députée de l’Illinois, actuellement candidate au Sénat américain, a affirmé lors d’un débat, jeudi soir, qu’elle pensait qu’Israël avait commis un « génocide » à Gaza – le dernier signe en date indiquant un changement radical dans l’opinion des Démocrates à l’égard d’Israël.

« Cela n’a peut-être pas commencé ainsi, mais je pense que c’est ce que c’est ensuite devenu », a dit la représentante américaine Robin Kelly, qui se présente pour remplacer le sénateur Dick Durbin, qui prend sa retraite.

À l’issue du débat, Kelly s’est exprimée sur le réseau social X pour souligner que ni la lieutenante-gouverneure Juliana Stratton, ni le représentant Raja Krishnamoorthi n’avaient souhaité se rallier à son accusation.

« Tous les candidats présents sur scène, ce soir, avaient la possibilité de condamner le génocide à Gaza », a-t-elle écrit. « Je suis la seule à l’avoir fait. »

Ce débat a eu lieu un mois après que Scott Wiener, un politicien juif qui est aujourd’hui candidat à la succession de la représentante Nancy Pelosi en Californie, a essuyé des critiques pour avoir d’abord initialement refusé de dire lors d’un débat si, selon lui, Israël s’était rendu coupable de génocide à Gaza – il avait ensuite fait savoir qu’il répondait par l’affirmative à cette question.

Kelly a aussi tenu ces propos un an après avoir bénéficié d’un don de l’AIPAC, le lobby pro-israélien. Elle avait ensuite adopté des positions plus critiques à l’égard d’Israël – et cela a notamment été le cas depuis qu’elle a annoncé sa candidature au Sénat, au mois de mai dernier.

Les réponses des trois candidats à la question sur Gaza ont souligné à quel point Israël reste présent dans la politique électorale plusieurs mois après qu’un cessez-le-feu négocié par les États-Unis a fait entrer la guerre entre Israël et le Hamas – un conflit qui durait depuis deux ans – dans une nouvelle ère.

Pendant la guerre, l’approbation d’Israël, du côté des électeurs démocrates, avait chuté à moins de 10 %, selon certains sondages, et toute une série de politiciens qui n’avaient jamais critiqué ouvertement Israël auparavant ont dorénavant adopté des positions très critiques.

La représentante américaine Robin Kelly, à gauche, le représentant américain Raja Krishnamoorthi, au centre, et la lieutenante-gouverneure de l’Illinois Juliana Stratton (D), candidats au Sénat américain, assistent à un débat primaire démocrate pour le Sénat américain, à Chicago, le 19 février 2026. (Crédit : AP Photo/Nam Y. Huh)

Dans le passé, Kelly s’est rendue à plusieurs reprises en Israël avec des délégations du Congrès et elle a cherché à obtenir le soutien de la communauté juive de Chicago. Aujourd’hui, alors qu’elle se positionne parmi les trois favoris de la course au Sénat comme la plus critique à l’égard d’Israël, son succès aux primaires pourrait être une mesure de l’importance que les électeurs démocrates accordent à cette question.

Aucun des candidats n’a exprimé une opinion clairement pro-israélienne lors du débat. Interrogée sur son soutien à la résolution de la représentante Rashida Tlaib visant à reconnaître « le génocide du peuple palestinien à Gaza », Stratton a déclaré que « les ravages et les souffrances que nous avons constatés sont terribles » et que « nous devons faire tout notre possible » pour fournir une aide humanitaire aux Gazaouis.

Krishnamoorthi s’est dit préoccupé par le fait que les gens sont « extrêmement divisés » s’agissant de déterminer « ce qui s’est exactement passé ».

« Ma préoccupation est la suivante : cette division entrave actuellement les progrès dans ce fragile cessez-le-feu », a-t-il affirmé. « Si cela entrave les progrès, nous allons retourner à la guerre. Et nous ne pouvons pas laisser cela se produire. »

Kelly a ajouté qu’elle n’avait pas lu la résolution de Tlaib. « Mais comme je viens de le dire, je pense qu’il s’agissait d’un génocide », a-t-elle expliqué.

Kelly avait pris ses fonctions en 2013. Depuis qu’elle a annoncé sa candidature au Sénat l’année dernière, elle a adopté des positions plus dures à l’égard d’Israël.

Au mois d’août, elle a indiqué qu’elle aurait voté en faveur de deux résolutions qui avaient été présentées par Bernie Sanders au Sénat, qui visaient à bloquer certaines ventes d’armes à Israël. Et à la Chambre des représentants, Kelly a coparrainé le Block the Bombs Act, dont l’objectif est de suspendre le transfert d’armes offensives à Israël.

« Les Israéliens et les Palestiniens doivent s’efforcer de trouver une voie qui permette aux deux peuples de vivre en paix et en sécurité », a dit Kelly dans un communiqué publié à l’époque au sujet des résolutions de Sanders. « J’ai soutenu Israël, mais en ce moment, je ne peux en toute conscience défendre l’affamement de jeunes enfants et la prolongation des souffrances de familles innocentes. L’heure est venue pour le Sénat américain de faire preuve de leadership moral. »

Lors d’un forum des candidats au mois d’octobre dernier, plusieurs candidats avaient qualifié la campagne d’Israël à Gaza de « génocide », avait rapporté le Daily Northwestern.

Si Kelly ne figurait pas parmi eux, elle s’était néanmoins engagée, lors du forum, à ne pas accepter de fonds de l’AIPAC. Une position nouvelle pour Kelly, qui avait accepté des contributions du PAC de l’AIPAC au mois de mars et au mois d’avril 2025, selon les documents déposés auprès de la FEC. Elle avait été soutenue par le groupe libéral pro-israélien J Street lors de sa campagne de réélection en 2024.

Lors du forum, Stratton avait été la seule candidate à évoquer le deuxième anniversaire du pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.

Stratton et Krishnamoorthi n’ont pas renoncé aux contributions de l’AIPAC.

La lieutenante-gouverneure de l’Illinois Juliana Stratton (D), candidate démocrate au Sénat, s’exprime lors du débat primaire démocrate pour le Sénat américain, à Chicago, le 19 février 2026. (Crédit : AP Photo/Nam Y. Huh)

La primaire démocrate, qui est prévue le 17 mars, est considérée comme une course à trois entre Kelly, Stratton et Krishnamoorthi. Kelly a obtenu le soutien d’un certain nombre de personnalités politiques, notamment celui des sénateurs Cory Booker et Chris Murphy. Stratton bénéficie du soutien de la sénatrice Elizabeth Warren et du gouverneur de l’Illinois JB Pritzker, tandis que Krishnamoorthi a reçu le soutien de Bill Daley, ancien chef de cabinet du président Barack Obama à la Maison Blanche, et d’un certain nombre de représentants de l’État et des États-Unis.

Contrairement à quelques élections à la Chambre des représentants au sein de l’état, cette course n’a fait l’objet d’aucune dépense signalée de la part de groupes pro-israéliens, notamment de l’AIPAC ou de son super PAC, le United Democracy Project. Jewish Insider a rapporté l’année dernière que les votes de l’importante communauté juive de la région de Chicago étaient « à prendre », aucun candidat n’entretenant de liens particulièrement étroits avec cette communauté.

Kelly s’est déjà rendue en Israël en tant que membre du Congrès. En 2016, elle avait rencontré les responsables du Jewish United Fund et du Jewish Community Relations Council de Chicago pour discuter de son voyage, qui était son deuxième en Israël. « Elle soutient la solution à deux États et les besoins actuels d’Israël en matière de sécurité », avait écrit le JUF après la réunion.

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