Une comédie israélienne burlesque offre un répit en ces temps troublés
"Saving Shuli San", la suite de "Saving Shuli", mettant en vedette le trio comique Ma Kashur, devient le 5ᵉ film israélien le plus vu de tous les temps
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Il est difficile de trouver matière à rire ces jours-ci en Israël. Mais la comédie culte Saving Shuli San offre aux spectateurs une parenthèse de 90 minutes loin de la douleur et des traumatismes de la réalité actuelle.
Réalisée par Ben Bachar et interprétée par le trio Ma Kashur, cette suite de Saving Shuli a récemment franchi la barre de 1,3 million de spectateurs, se hissant à la cinquième place du classement des films israéliens les plus vus de tous les temps.
« En un mois, nous avons réussi à faire rire tout un pays », a écrit Bachar sur les réseaux sociaux. « Même dans une période où seule la douleur accompagne nos cœurs. »
Comme son préquel, le film repose sur un humour burlesque, qui en fait l’héritier possible des films bourekas, ces mélodrames comiques très populaires en Israël dans les années 1960 et 1970.
On retrouve Zion Baruch (Avihu), Assi Israelov (Bezalel) et Shalom Michaelshvili (Netanel) embarqués dans une nouvelle aventure à l’étranger. Cette fois, comme le suggère le « San » du titre, ils se rendent au Japon, où Shuli (David Shaul), le fils d’Avihu, travaille dans un restaurant de sushis.
Les trois amis arrivent à Tokyo et se livrent à des blagues sur tout ce qui touche à l’Asie, notamment les sushis, les lutteurs de sumo, les ninjas et le suffixe « san » en japonais mentionné plus haut.
Leurs blagues visent autant la culture japonaise que leur propre identité israélienne, reflet d’un trait bien connu des voyageurs israéliens : chercher partout les traces de leur pays à l’étranger.
L’intrigue met également en scène un enlèvement. Mais comme l’a expliqué Bachar dans un récent épisode du podcast Close Up de Cinema City, ce qui, dans le contexte actuel et alors que 48 otages restent détenus à Gaza, donne au film une résonance particulière, presque thérapeutique.
L’Académie israélienne du cinéma et de la télévision a d’ailleurs décerné un prix spécial à Ma Kashur lors de la cérémonie des Ophir Awards, le 16 septembre, saluant « une contribution exceptionnelle au cinéma israélien ».
« À une époque où le cinéma israélien – ses créateurs comme son public – est confronté à des défis, Ma Kashur a su marquer l’histoire du cinéma local », a déclaré l’Académie. « C’est un cinéma fait avec amour et talent, et le public rend cet amour. En ces jours où tant de gens aspirent à rire et à partager, ce film constitue une véritable échappatoire. »
Sorti en 2021, le premier Saving Shuli avait franchi le million d’entrées en trois mois. Sa suite a atteint ce seuil en seulement trois semaines, rejoignant des classiques comme Lemon Popsicle (1978), Kazablan (1973) et Sallah Shabati (1964).
« Le cinéma israélien continue de prouver sa capacité à toucher tous les cœurs », a écrit le producteur Moshe Edery. « Saving Shuli San est une célébration de l’humour, du talent et de l’amour du public. Ce succès est le fruit d’un travail collectif, d’une créativité sans compromis et d’un public formidable qui remplit les salles. »
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