Une compagnie locale, pas chinoise, construira une méga-usine de dessalement
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Une compagnie locale, pas chinoise, construira une méga-usine de dessalement

Un consortium local construira en Israël la "plus grande usine" de désalinisation au monde, évitant ainsi d'être pris en étau dans la guerre commerciale entre la Chine et les USA

Vue de l'usine de dessalement de Sorek A, le 22 novembre 2018. (Isaac Harari/Flash90)
Vue de l'usine de dessalement de Sorek A, le 22 novembre 2018. (Isaac Harari/Flash90)

Israël a octroyé mardi le contrat pour la construction de la « plus grande usine » de dessalement au monde à un consortium local, un geste en partie perçu comme une volonté d’éviter d’être pris en étau dans la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis.

Trois groupes, dont une filiale locale de la société chinoise Hutchison company, avaient répondu à l’appel d’offres pour bâtir la station de Sorek 2 qui doit entrer en fonction vers 2023, mais le contrat de partenariat public-privé (PPP) a été accordé à un consortium israélien mené par la firme IDE et la banque Leumi, a annoncé le ministère des Finances.

Cette nouvelle usine, d’une capacité annuelle de 200 millions de m3 d’eau potable, devrait être la « plus grande » au monde et permettre à l’Etat hébreu d’augmenter de 35 % sa capacité de dessalement, a précisé le ministère.

« L’offre de la compagnie israélienne, le prix qu’ils proposaient, était moins élevé, avec une importante différence par rapport au prix des autres concurrents, y compris les Chinois qui sont arrivés à la phase finale (de l’appel d’offres) », a déclaré le ministre de l’Energie Yuval Steinitz à la radio publique.

Le consortium israélien fixe à 1,45 shekel (38 centimes d’euros) le coût du m3 d’eau, ce qui est en deçà du prix actuellement payé dans les autres usines de dessalement du pays, ont indiqué mardi les autorités sans chiffrer la proposition chinoise.

Contactée par l’AFP, une porte-parole du ministère des Finances a refusé de commenter si la décision israélienne avait été prise sur la base de considérations diplomatiques.

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Au cours des dernières années, les entreprises chinoises ont réalisé une percée importante en Israël dans le domaine des infrastructures, remportant notamment des contrats pour la construction d’un nouveau port à Ashdod (sud) et des tunnels destinés à de nouvelles lignes de train léger à Tel Aviv, et aussi de la haute technologie.

Mais ces investissements ne sont pas bien perçus par Washington, premier allié d’Israël, actuellement engagé dans une guerre commerciale avec Pékin.

Lors d’une récente visite-éclair à Jérusalem, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait évoqué cette question avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ex-rival électoral Benny Gantz, qui ont formé depuis un gouvernement d’union.

« Nous ne voulons pas que le Parti communiste chinois ait accès aux infrastructures israéliennes, aux systèmes israéliens de communication, car cela fait encourir des risques aux citoyens israéliens et aussi aux projets des Etats-Unis avec Israël », avait déclaré M. Pompeo à la chaîne israélienne Kan 11.

« Nous pensons que ces risques sont bien réels et nous avons partagé cette information à ce propos afin de permettre (à Israël, ndlr) de prendre les meilleures décisions pour lui-même », avait-il ajouté.

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