Une conférence obligatoire à l’université du Michigan compare Netanyahu à Hitler
Rechercher

Une conférence obligatoire à l’université du Michigan compare Netanyahu à Hitler

Une diapositive a juxtaposé les deux leaders, "coupables de génocide". Pour l'école qui refuse la censure, l'artiste, un ancien Black Panther, est intentionnellement provocant

Une diapositive présentée à l'université du Michigan, comparant le Premier ministre  Benjamin Netanyahu à Hitler (Crédit : Facebook)
Une diapositive présentée à l'université du Michigan, comparant le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Hitler (Crédit : Facebook)

Un intervenant lors d’une conférence obligatoire organisée pour les étudiants en art de l’université du Michigan a comparé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Adolf Hitler.

Emory Douglas, intervenant lors du cycle de conférence de la « Penny Stamps Speakers Series Presentation » organisée par la Stamps School of Art & Design, a montré une diapositive présentant l’une de ses oeuvres où les photos de Netanyahu et de Hitler sont juxtaposées, avec la légende « coupables de génocide » écrits sur les deux visages. La définition du mot « génocide » est inscrite en dessous de la photo.

Douglas a travaillé en tant « qu’artiste révolutionnaire résident et ministre de la culture pour le parti Black Panther dans la baie de San Francisco de 1967 jusqu’aux années 1980 », selon le site de l’école.

« Au cours de son mandat, Douglas a créé des images puissantes pour dépeindre la réalité des injustices raciales en Amérique et pour promouvoir les idéologies du parti. Son style distinctif a établi le style « militant-chic » il y a des décennies, bien avant que l’esthétique ne se popularise et cherche à retourner le paradigme culturel de la ‘victime’ Afro-américaine qui se transforme en expression d’indignation puissante ».

Emory Douglas s’exprimant à San Francisco en 2014 (Crédit : Amber Gregory/Wikimedia Creative Commons)

Le contenu de la conférence a été révélé par un post publié sur Facebook par une étudiante juive de l’université du Machigan, Alexa Smith. La publication comprenait une photographie de la diapositive incriminée.

« Hier, j’ai été obligée de prendre part à une conférence ouvertement antisémite », a-t-elle écrit, ajoutant : « Dans quel monde est-ce que c’est une bonne chose pour un cours obligatoire d’accueillir un intervenant qui compare Adolf Hitler au Premier ministre d’Israël ? »

« J’ai écouté cette conférence en étant horrifiée par la haine et l’intolérance qu’ils vomissent sur notre campus », a-t-elle poursuivi.

« En tant que Juive, fière de mon peuple et de ma patrie, j’ai vécu ce cours en me sentant prise pour cible et je me suis sentie aussi sale que l’homme qui a commis la Shoah, assassinant de manière systématique six millions de Juifs », a-t-elle écrit.

Yesterday I was forced to sit through an overtly antisemitic lecture as part of the Penny Stamps Speaker Series, which…

Posted by Alexa Smith on Friday, 5 October 2018

Elle a noté que deux ans auparavant, un autre intervenant de Stamps, Joe Sacco, avait qualifié Israël d’Etat terroriste et explicitement clamé que les soldats israéliens n’étaient pas dignes d’être représentés en tant qu’êtres humains dans ses oeuvres d’art.

« Mais cette fois, je ne vais pas garder le silence et permettre aux autres de déshumaniser mon peuple et la communauté. Cette administration échoue de manière répétée à répondre avec force à l’antisémitisme, et les choses empirent à chaque fois. Il faut qu’il y ait une limite et il faut qu’elle soit instaurée maintenant », a-t-elle conclu.

Le vice-président pour les Affaires publiques de l’université Rick Fitzgerald a indiqué vendredi dans un communiqué que « Douglas couvre une vaste gamme de sujets dans le contexte global de son travail, qui s’intéresse à l’oppression des peuples par les pouvoirs gouvernementaux sur tout le globe », et il a ajouté que sa présentation avait compris une vidéo et presque 200 diapositives avec des images de ses oeuvres.

Une partie de la présentation de Douglas portant sur le processus de la création artistique a compris des exemples de juxtaposition d’images de leaders mondiaux.

« Le programme Stamps est intentionnellement provocant et nous ne le cachons pas aux élèves. L’école ne censure pas ce que présentent nos intervenants », a-t-il commenté.

Les étudiants en premier cycle sont récompensés lorsqu’ils se rendent à au moins 11 des 14 événements prévus par Stamps au cours de l’année et ils peuvent sélectionner les conférences auxquelles ils veulent se rendre.

Le mois dernier, un professeur de culture américaine de l’université du Michigan, John Cheney-Lippold, a refusé d’écrire une lettre de recommandation en faveur d’une élève, Abigail Ingber, désireuse de passer un semestre d’études en Israël, parce qu’il soutient le mouvement BDS (Boycott, Divestment and Sanctions) contre l’Etat juif.

Le professeur de l’université du Michigan John Cheney-Lippold lors d’un festival des sciences humaines à Chicago, en novembre 2015 (Capture d’écran : YouTube)

Cheney-Lippold, professeur-adjoint au département de culture américaine de l’université, avait initialement dit qu’il écrirait une lettre de recommandation en faveur d’Ingber pour un programme d’études d’un semestre à l’étranger, mais il était revenu sur son offre lorsqu’il avait appris qu’elle voulait partir en Israël.

Cheney-Lippold avait nié que son refus soit motivé par l’antisémitisme, disant que sa décision avait pour objectif à pousser Israël à se conformer au droit international dans son traitement des Palestiniens.

Abby Ingber avait demandé à John Cheney-Lippold, professeur de culture américaine, une lettre de recommandation pour l’aider à partir étudier en Israël (Crédit : Facebook)

« Je démens totalement l’accusation permanente de l’antisémitisme », avait-il dit au Michigan Daily.

« Je n’oppose aucune mauvaise volonté à cette étudiante et j’aurais avec beaucoup de bonheur écrit une lettre pour tout autre programme universitaire ou d’études à l’étranger ».

Toutefois, Masha Merkulova, directrice du Club-Z pro-israélien qui avait médiatisé l’incident, avait estimé que la décision de Lippold était bien antisémite dans la mesure où elle était survenue « seulement parce que la destination choisie est Israël ».

Elle a accusé le professeur d’appliquer à Ingber la règle du deux poids, deux mesures.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...