Une députée de l’opposition a comparé la loi sur les avant-postes à de la pédophilie
Rechercher

Une députée de l’opposition a comparé la loi sur les avant-postes à de la pédophilie

Les propos de Merav Michaeli ont déclenché un tollé, après quoi elle a présenté ses excuses, "ce n’est pas ce que j’ai voulu dire"

Merav Michaeli à la Knesset, le 27 février 2013. (Crédit : Flash90)
Merav Michaeli à la Knesset, le 27 février 2013. (Crédit : Flash90)

Une députée du plus grand parti de l’opposition israélienne a fait scandale jeudi, lorsqu’elle a comparé la loi qui a été adoptée cette semaine pour légaliser les avant-postes construits sur des terres palestiniennes privées en Cisjordanie, à de la pédophilie.

Au micro de la fréquence radio 101.5, la députée Merav Michaeli (Union sioniste) a déclaré que la loi juive n’interdit aucunement « les relations sexuelles avec des garçons et des fillettes de 5 ans », et que la légalisation des avant-postes est inacceptable pour la même raison.

Michaeli a affirmé que ce n’est pas parce qu’un projet de loi est déposé qu’il doit pour autant être adopté à la Knesset, et et à plus forte raison s’il est immoral.

La députée Shuli Mouallemm-Refaeli (HaBayit HaYehudi) a réagi à ces propos. Elle était l’un des parrains de ce projet de loi. Elle a accusé Michaeli de « calomnier toute une population dont le seul crime est l’amour de la Terre d’Israël ».

« La députée Michaeli doit déborder de haine et d’aversion pour comparer des Israéliens qui veulent mener une vie d’égalité des droits » à « une lois qui autorise les relations sexuelles avec un garçon ou une fillette de 5 ans », a déclaré Mouallem-Refali, dont les propos ont été relayés par Israel National News.

Michaeli s’est excusée, après que le député Yehuda Glick (Likud) l’a appelée à retirer ses propos.

« Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Je m’excuse si je me suis mal exprimée. Il n’y pas lieu de comparer quoi que ce soit », a-t-elle écrit sur Twitter.

Shuli Moalem, députée de HaBayit Hayehudi. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Shuli Moalem, députée de HaBayit Hayehudi. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Moalem-Refaeli a également fustigé les « hypocrites et les âmes sensibles des médias et de la gauche » qui n’ont pas condamné Michaeli, surtout étant donné la façon dont ils « se sont jetés » sur le co-parrain Bezalel Smotrich (HaBayit HaYehudi) qui avait comparé l’évacuation de l’avant-poste d’Amona à « un viol brutal ».

La loi dite de Régulation, qui a été adoptée dans un vote litigieux lundi, légalise les avant-postes construits sur des terres palestiniennes privées si les propriétaires peuvent prouver qu’ils ont construit en toute bonne foi ou qu’ils ont reçu l’aval du gouvernement, notamment par l’approvisionnement en eau ou en électricité.

La loi prévoit que les Palestiniens expropriés recevront un dédommagement, financier ou immobilier, c’est-à-dire, un autre terrain.

Les Palestiniens et les ONG de la gauche israélienne ont d’ores et déjà déposé un recours pour annuler cette loi, ce que devrait faire probablement la Cour suprême.

Israël a fait l’objet de nombreuses critiques depuis l’adoption de cette loi mercredi, notamment de la part de l’Allemagne, qui a déclaré que « la confiance que nous avions dans le gouvernement israélien et dans son engagement envers la solution à 2 États a été profondément ébranlée ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...