Une entreprise tech israélienne veut refroidir la Terre avec des microparticules
Stardust Solutions dit pouvoir réfléchir la lumière solaire en dispersant des particules dans l’atmosphère ; des scientifiques alertent sur les risques de géo-ingénierie climatique
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Une entreprise technologique israélienne a révélé la composition des minuscules particules qu’elle espère un jour utiliser pour lutter contre le réchauffement climatique en les dispersant par millions de tonnes dans l’atmosphère afin de réfléchir une partie de la lumière solaire, a rapporté jeudi le New York Times (NYT).
Jusqu’à présent, Stardust Solutions gardait secrète la composition de ses particules de géo-ingénierie, qui est protégée par des accords de confidentialité.
Celles-ci sont composées de silice amorphe, un additif alimentaire, et de carbonate de calcium, qui est présent notamment dans les coquilles d’œufs et le calcaire.
L’entreprise, dirigée par d’anciens responsables du programme nucléaire israélien, a publié jeudi ses premiers articles de recherche consacrés à cette technologie.
L’idée consiste à disperser les particules à haute altitude afin qu’elles réfléchissent une partie de la lumière solaire et contribuent ainsi à refroidir la planète.
« C’est un outil très puissant qui sera prêt à être testé très bientôt, et nous voulons que les responsables politiques se mettent sérieusement à réfléchir sur ce qu’il faudra concrètement pour le mettre en œuvre », a déclaré Yanai Yedvab, directeur général, au NYT.
À ce jour, l’entreprise n’a testé les particules qu’en laboratoire et elle affirme qu’elle ne mènera aucun essai en extérieur sans partenariat gouvernemental permettant d’établir des règles et des limites claires, selon l’article.
Fondée en 2023, Stardust Solutions a levé 75 millions de dollars auprès d’investisseurs et déposé une demande de brevet. Enregistrée comme société américaine avec une filiale israélienne, elle dispose d’un laboratoire à Ness Ziona, au sud de Tel Aviv.
L’entreprise travaille sur deux types de particules. La première pourrait réfléchir jusqu’à 1 % de la lumière solaire, tandis que la seconde, qui est encore en phase de test, pourrait en réfléchir davantage.
Les dirigeants de Stardust estiment qu’un premier projet destiné à commencer à refroidir l’atmosphère pourrait coûter environ 10 milliards de dollars. Il nécessiterait la dispersion d’environ 10 millions de tonnes de particules sur plusieurs années, avec pour objectif de réduire la température atmosphérique de 1,5 °C.
L’entreprise affirme que ces particules sont biodégradables, inoffensives pour les êtres humains et pour les animaux, et qu’elles ne s’accumuleraient ni dans les sols ni dans les océans.
Cependant, l’idée d’intervenir sur le climat mondial suscite une forte opposition.
Plus de 600 scientifiques et universitaires ont appelé à une interdiction internationale de tels projets, tandis que le Tennessee et la Floride ont déjà interdit la géo-ingénierie.
Les critiques redoutent des conséquences imprévues et estiment que le refroidissement artificiel de la planète pourrait affaiblir les pressions exercées sur les États et les industries pour réduire les émissions responsables du dérèglement climatique. Toutefois, à mesure que les températures mondiales augmentent, de nombreux chercheurs et certains écologistes se montrent davantage ouverts à l’étude des méthodes de géo-ingénierie solaire, souligne le rapport.
Prakash Kashwan, professeur d’études environnementales à l’université Brandeis, a averti que la géo-ingénierie solaire pourrait modifier les régimes climatiques et affecter la production alimentaire ainsi que les économies.
Il a notamment évoqué les populations d’Asie du Sud, d’Afrique de l’Est et d’Amérique latine, où les moussons annuelles sont essentielles à l’agriculture.
« Il existe un risque social pour au moins deux milliards de personnes, directement lié au manque de connaissances scientifiques sur la manière dont une intervention sur le thermostat climatique mondial pourrait perturber la formation des moussons », a-t-il déclaré au NYT. « Nous n’avons pas de solution à ce type de risques. »
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