Une exposition virtuelle sur le destin des Juifs d’Elbeuf, en Normandie
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Une exposition virtuelle sur le destin des Juifs d’Elbeuf, en Normandie

Le projet retrace le destin des Juifs de trois villes pendant la Seconde Guerre mondiale : Elbeuf, en Normandie, Marseille et Montréal

« Ports d’exil, Ports d’attache, destinées juives pendant la Seconde Guerre mondiale » est une série de trois expositions en ligne sur le destin des Juifs de trois villes (Elbeuf, en Normandie, Marseille et Montréal).

Le projet est né grâce aux archives locales de ces trois endroits, et grâce à une collaboration entre la Fabrique des savoirs d’Elbeuf, le musée d’Histoire de Marseille, et le musée des Beaux-Arts de Montréal, associé au musée de l’Holocauste Montréal.

« Nous souhaitions mettre en avant les sources archivistiques d’Elbeuf, des documents d’époque de première main qui permettent d’expliquer la machine qui s’est mise en route », explique au journal Paris-Normandie Marie Sanchez, directrice de la Fabrique des savoirs d’Elbeuf, et conservatrice en chef du patrimoine, à l’origine du projet. « Ces exemples précis montrent comment cette mécanique a touché des gens dans leur vie quotidienne. »

« Ces archives conservées à Elbeuf montrent à la fois la situation caractéristique d’une petite commune de zone occupée et les destinées individuelles, en particulier celle de Sarah Rotmentz, une ouvrière de l’usine Blin et Blin », a lui expliqué Sylvain Amic, directeur de la Réunion des Musées Métropolitains de Rouen Normandie et l’un des commissaires généraux de l’exposition. « La correspondance de cette ouvrière à une amie à laquelle elle a écrit jusqu’à sa déportation au camp de concentration de Sobibor, est une véritable pépite. Il y a, à la fois, la grande histoire avec tout l’appareil administratif répressif qui se met en place et l’histoire individuelle d’une personne ballottée par tous ces événements et qui va y laisser tragiquement la vie. »

L’exposition est née après avoir remporté un appel à projets lancé pendant le confinement par le réseau Frame, réseau franco-américain de 32 musées.

En ligne depuis mi-mai sur le site expositionsvirtuelles.fr, le projet vise à faire « ressurgir des archives, photographies, objets, œuvres d’art souvent inédits qui forment, comme les cailloux du Petit Poucet, un chemin », écrivent les commissaires. « De Normandie en zone occupée, à la Provence en zone libre, nous suivons le sort de citoyens juifs, français ou européens, traqués par l’occupant nazi et ses affidés, ou par le régime de Vichy. Avec au bout du voyage la mort en déportation… ou le salut au Canada, terre d’accueil. »

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