Une famille expulsée de leur maison dans la Vieille Ville de Jérusalem
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Une famille expulsée de leur maison dans la Vieille Ville de Jérusalem

8 personnes ont dû quitter leur appartement suite à la décision de la Cour suprême favorable au propriétaire juif du bâtiment

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Les autorités israéliennes ont expulsé une famille arabe de sa maison située dans le quartier musulman de la Vieille Ville de Jérusalem jeudi, suite à une récente décision de la Cour suprême qui a jugé que les locataires, qui habitaient dans l’appartement depuis plusieurs dizaines d’années, devaient faire place aux propriétaires juifs du bâtiment.

La famille palestinienne, forcée de quitter leur maison, comprenait deux ménages avec un total de huit personnes, dont deux enfants, a signalé un porte-parole de la branche palestinienne du Bureau de l’ONU pour la coordination des affaires humanitaires jeudi.

La maison fait partie d’un plus grand complexe résidentiel comprenant neuf appartements, dont huit qui ont été occupés par des familles juives en juillet 2010.

Après des années de bataille juridique, en mai, la Cour suprême a rejeté l’appel interjeté par la famille Kirresh pour empêcher leur expulsion. La famille palestinienne, qui louait la propriété depuis les années 1930, continue de revendiquer le droit de rester en tant que locataire protégé, a précisé le bureau de l’ONU.

Le complexe a été acheté par une « famille juive privée » il y a 23 ans, selon Daniel Luria du groupe Ateret Cohanim, qui a contribué à « faciliter » le transfert de propriété.

Ateret Kohanim a expliqué que son but était d’aider les Juifs à acquérir des terres des propriétaires arabes dans ce qu’on appelle la région du bassin Saint de Jérusalem-Est – qui comprend principalement les quartiers musulmans et chrétiens de la Vieille Ville, Silwan, Sheikh Jarrah, et A-Tur (le mont des Oliviers).

Les critiques voient les activités du groupe comme une tentative de « judaïser » Jérusalem-Est en expulsant les familles arabes et en logeant des familles juives à leur place.

De jeunes israéliens devant un magasin arabe de la Vieille Ville au cours de la marche des drapeaux du Jour de Jérusalem, le 21 mai 2009. (Crédit : Abir Sultan / Flash90)
De jeunes israéliens devant un magasin arabe de la Vieille Ville au cours de la marche des drapeaux du Jour de Jérusalem, le 21 mai 2009. (Crédit : Abir Sultan / Flash90)

Selon Ir Amim, une organisation israélienne qui se concentre sur le conflit israélo-palestinien à Jérusalem, il y a environ 80 familles juives affiliées à Ateret Cohanim dans les quartiers musulmans et chrétiens de la Vieille Ville. Un rapport datant de 2015 a précisé que chacun d’entre eux vivaient dans des foyers dont les locataires palestiniens ont été expulsés.

Luria a indiqué que le patriarche de la famille, Mazen, avait reçu une importante somme d’argent pour ses ennuis proposée par l’avocat du propriétaire de l’immeuble. La famille palestinienne expulsée, a affirmé Luria, n’a pas accepté la somme parce qu’elle avait peur d’éventuelles représailles de la part de l’Autorité palestinienne.

Le département des négociations de l’OLP a publié un court clip sur Twitter dans lequel Mazen Kirresh affirme que « ma maison est mon âme ».

Selon la loi palestinienne, la punition pour la vente de terres aux Israéliens peut aller de la peine de mort à l’emprisonnement à vie et au travail forcé. Cependant, même si les tribunaux palestiniens ont rendu des décisions condamnant à mort pour la vente de terres à des Israéliens, celles-ci n’ont jamais été exécutées.

Luria a précisé que l’appartement de la famille Kirresh serait rénové et qu’à un moment donné une famille juive y emménagerait.

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