Une majorité d’Israéliens inquiets de ne pas pouvoir payer leurs factures
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Une majorité d’Israéliens inquiets de ne pas pouvoir payer leurs factures

Le Bureau central des Statistiques note que 26% des personnes de 26 ans et plus évoquent une détérioration de leur santé mentale ; 21% se privent sur l'alimentation pour économiser

Les Israéliens font leurs courses alimentaires au marché Mahane Yehuda de Jérusalem, le 24 avril 2020 (Crédit : Nati Shohat/Flash90
Les Israéliens font leurs courses alimentaires au marché Mahane Yehuda de Jérusalem, le 24 avril 2020 (Crédit : Nati Shohat/Flash90

Un nombre croissant d’Israéliens ressentent de l’anxiété et de l’inquiétude concernant leur capacité à payer leurs factures au cours de la seconde vague de pandémie de coronavirus qui frappe le pays, a fait savoir dimanche le Bureau central des statistiques (BCS), diffusant les résultats d’un sondage qui mesure ce que l’organisme a qualifié de « résilience civile ».

Selon l’étude du BCS réalisée début du mois, 42 % des Israéliens ont fait savoir qu’elles ressentaient de l’anxiété contre 9 % lors d’une enquête précédente qui avait été effectuée au moment où l’Etat juif avait levé en partie son confinement national, à la mi-mai.

21% des personnes interrogées ont indiqué connaître un sentiment de dépression (elles étaient 16% au mois de mai) et 19% ont déclaré ressentir de la solitude. 26% des sondés ont déclaré que leur santé mentale s’était « dégradée » ou « significativement dégradée » pendant la crise.

De plus, 8,5% des Israéliens âgés de 21 ans et plus qui ont participé à l’enquête ont noté que leur état de santé non-mental s’était détérioré, un chiffre qui grimpe à 13% chez les 65 ans et plus.

Le centre commercial Mamilla à Jérusalem, le 4 mai 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les inquiétudes psychologiques s’accompagnent d’anxiétés financières, avec 55% de la population générale qui explique être préoccupée par sa capacité à assumer les frais fixes mensuels. Ce chiffre grimpe à 65% chez les Arabes israéliens.

L’insécurité alimentaire s’est également élevée au cours de la seconde vague avec 21% des personnes interrogées (33% chez les Arabes israéliens) qui ont déclaré qu’elles – ou une personne de leur foyer – avaient revu à la baisse leur consommation alimentaire pendant la crise pour économiser de l’argent. 14% des sondés se trouvaient au mois de mai dans ce cas de figure.

Le sondage a aussi établi que 88% des Israéliens avaient déclaré se conformer très largement aux régulations du coronavirus – considérées comme peu claires pour 19% des citoyens.

La pandémie de coronavirus a frappé avec force le Premier ministre Benjamin Netanyahu, portant un coup à sa popularité. Une majorité d’Israéliens sont mécontents de sa gestion de la crise, selon deux sondages qui ont été diffusés dimanche soir à la télévision.

Des manifestations contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux abords de sa résidence officielle à Jérusalem, le 25 juillet 2020 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Samedi soir, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de tout le pays, réclamant la démission du Premier ministre en raison de la mise en examen de ce dernier pour corruption et attaquant la gestion du gouvernement dans la prise en charge de l’épidémie de la COVID-19.

Selon un sondage réalisé par la Treizième chaîne et dont les résultats ont été rendus publics le 12 juillet, 61% des Israéliens désapprouvent la gestion générale de la pandémie par le chef du gouvernement, et 75% sont mécontents de la prise en charge par son équipe des répercussions économiques de la pandémie. Seuls 16% ont affirmé être satisfaits de la réponse économique apportée par le gouvernement.

Ces résultats montrent une volte-face profonde du public qui, au cours de la première vague de la maladie, au mois d’avril, s’était prononcé à 70% satisfait ou très satisfait des actions entreprises par le Premier ministre.

Les services israéliens de l’emploi ont fait savoir que le taux de chômage, dans le pays, dépassait actuellement les 20%.

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