Une milice anti-Hamas s’engage à le combattre « jusqu’à ce qu’il soit anéanti »
Le groupe terroriste palestinien aurait mobilisé 7 000 membres des forces de sécurité intérieure pour "nettoyer" Gaza des "collaborateurs"
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Hussam al-Astal, chef d’une milice combattant le Hamas dans la région de Khan Younès, a déclaré samedi au Times of Israel que malgré le cessez-le-feu et le retour des membres du groupe terroriste palestinien qui patrouillent ouvertement dans les rues, sa milice continuera à les combattre.
« Nous combattrons le Hamas jusqu’à ce qu’il soit vaincu, pas nous. Nous sommes ici et nous n’irons nulle part », a-t-il assuré.
« Si le Hamas était vraiment présent, s’il avait le pouvoir, ses membres ne sortiraient pas en civil et masqués », a-t-il ajouté, faisant référence aux images des terroristes retournant dans les rues diffusées par les médias affiliés au Hamas vendredi.
« Ils ont peur. Cinq ou dix personnes sont sorties, se sont filmées, juste pour montrer qu’elles étaient là. Pourquoi ? Parce qu’ils sont finis et qu’ils le savent. »
Astal a souligné, dans une vidéo envoyée précédemment aux journalistes, que toutes les rumeurs propagées par le Hamas concernant le meurtre de membres des milices qui le combattent sont fausses.
Il a également exhorté les habitants de Gaza à ne pas craindre le groupe terroriste palestinien, déclarant : « Il n’y aura pas de Hamas 2.0 »
Le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat a rapporté dimanche que des terroristes armés du Hamas dans le nord de l’enclave ont commencé à traquer les milices opposées à leur régime, alors qu’ils cherchent à réaffirmer leur pouvoir dans la bande de Gaza après le retrait partiel des troupes israéliennes.
Selon l’article, les forces de sécurité, dont la branche chargée de la sécurité intérieure, responsable du maintien de l’ordre, ainsi que les services de renseignement de la branche armée du Hamas, se seraient déployées ces derniers jours dans le quartier de Jabaliya et dans le camp de réfugiés, au nord-est de Gaza-City.
Selon le quotidien saoudien, des terroristes du Hamas auraient tué certains miliciens et en auraient arrêté d’autres.
La veille, des médias affiliés au Hamas avaient rapporté que le groupe terroriste avait tué plusieurs membres de la famille Dormush, qui lui aurait résisté. Le clan a ensuite publié un communiqué démentant cette affirmation.
Dans le sud de Gaza, où certains clans armés avaient commencé à tenter de créer des enclaves anti-Hamas, vraisemblablement avec le soutien et la protection d’Israël, Astal a diffusé une vidéo samedi dans laquelle il démentait les informations selon lesquelles le Hamas aurait tué un commandant de sa milice anti-Hamas dans le nord de Gaza.
Affrontements entre le Hamas et les milices
À la veille de l’accord de cessez-le-feu conclu jeudi, plusieurs milices combattaient le Hamas dans la bande de Gaza. Deux d’entre elles opéraient avec l’aide d’Israël dans le sud : l’une à l’est de Rafah, dirigée par Yasser Abu Shabab, et l’autre à Khan Younès, sous les ordres de Hussam al-Astal.
Ces dernières semaines, des images diffusées en ligne suggéraient qu’une troisième milice était active à Jabaliya et à Beit Lahiya, dans le nord de Gaza, une milice dirigée, selon certaines sources, par Ashraf al-Mansi, un habitant de Gaza-City.
Même si ses liens avec Israël restent flous, un haut responsable du groupe d’Abu Shabab a confirmé la semaine dernière au Times of Israel que la faction d’al-Mansi opérait effectivement dans le nord de Gaza, dans le cadre des « Forces populaires », sur le modèle du groupe d’al-Astal à Khan Younès.
Quelques jours avant le cessez-le-feu, des affrontements violents ont éclaté entre les hommes armés d’al-Astal, aidés par l’armée israélienne, et le Hamas dans la région d’al-Mawasi, à l’ouest de Khan Younès. Il s’agissait de leur première confrontation publique de ce type.
Le retour des membres du Hamas dans les rues de Gaza menace désormais ces milices.
Même avant la trêve, ces milices étaient traquées par le Hamas. Le retrait de l’armée israélienne de certaines zones permet désormais au groupe terroriste d’agir ouvertement avec une plus grande liberté.
Samedi, le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat a rapporté que les forces de sécurité du Hamas — y compris ses services de sécurité interne et la branche de son bras armé chargée du renseignement — se sont redéployées à Jabaliya et dans le camp de réfugiés de Jabaliya, des zones dont Israël s’est retiré dans le cadre du cessez-le-feu.
Selon ces informations, les combattants du Hamas ont poursuivi, arrêté et même abattu des membres des milices basées dans ces zones, prenant apparemment pour cible le groupe d’al-Mansi.
Samedi, une chaîne Telegram affiliée au Hamas, Imsak Aamil (« Attrapez un collaborateur »), a également affirmé que le Hamas avait affronté des milices à Jabaliya.
Al-Astal, dans une vidéo envoyée au Times of Israel, a toutefois démenti que le Hamas ait récemment arrêté ou abattu des dirigeants de milices anti-Hamas.
Un avenir incertain après le nouveau retrait de l’armée israélienne
Al-Astal a insisté sur le fait que sa lutte se poursuivait. « Nous combattrons le Hamas jusqu’à ce que le Hamas, et pas nous, soit anéanti », a-t-il affirmé au Times of Israel, appelant les Gazaouis à ne pas craindre le Hamas : « Il n’y aura pas de Hamas 2.0. »
Il a également souligné que les hommes armés du Hamas qui arpentent désormais les rues ne sont que les « vestiges » du mouvement.
Al-Astal opère actuellement depuis le village abandonné de Kizan an-Najjar, au sud de Khan Younès. Il a fait savoir que l’armée israélienne se trouvait à proximité. La zone se trouve en effet le long de la nouvelle ligne de front, résultant de la première phase du cessez-le-feu.
Des divergences demeurent toutefois entre les cartes officielles du retrait de Tsahal et les positions réelles des soldats, un fait qui soulève la possibilité que les soldats se soient retirés plus près de la frontière publiquement indiquée.
Pour sa part, la milice d’Abu Shabab, qui est basée à l’est de Rafah, continue d’opérer dans un territoire toujours entièrement sous le contrôle de l’armée israélienne.
Le sort de ces deux milices, si l’armée se retire davantage et que le Hamas progresse dans leurs zones, reste incertain. De nouveaux affrontements semblent probables, des affrontements dont l’issue est impossible à prédire.
Al-Astal est pour l’instant le seul chef de milice à s’exprimer publiquement.
La faction d’Abu Shabab est restée silencieuse, refusant ces derniers jours de répondre au Times of Israel. Sa page Facebook, active depuis des mois, n’a fait aucune mention du cessez-le-feu, se contentant de relayer un hommage à un enseignant local dans les premières heures qui ont suivi l’annonce de la trêve.
Al-Mansi n’a pas non plus mis à jour sa page Facebook depuis la conclusion de l’accord.
« Il n’y a personne d’autre pour gouverner »
Ces derniers jours, les Gazaouis qui se sont ouvertement opposés au Hamas pendant la guerre ont fait part au Times of Israel de leur crainte d’un retour rapide du groupe terroriste dans les rues une fois le cessez-le-feu établi.
Izz al-Din Shihab, un habitant de Jabaliya qui a quitté la ville il y a trois mois et qui se trouve désormais dans le sud de Gaza, a ainsi confié : « Les gens ont peur. Ils ne savent pas si le Hamas va ou non renoncer au pouvoir. Le Hamas est une organisation idéologique et très extrême, et tout le monde en a peur. »
Et d’ajouter : « ‘Bien sûr, les gens sont plutôt contents du cessez-le-feu. Mais après ? Qu’est-ce qui va se passer ensuite ? »
Faisant référence à la réapparition de la police du Hamas, il a fait remarquer : « C’est un problème. Ils vont s’accrocher au pouvoir, à tout prix. Mais moi, qu’est-ce que j’ai à voir avec ça ? Nous avons manifesté contre eux à plusieurs reprises, mais personne ne nous a écoutés. Ils nous ont emprisonnés, et ils nous ont tiré dessus. »
Muein Hilu, un habitant de Gaza-City qui se trouve actuellement dans le centre de l’enclave après avoir quitté la ville il y a un mois, a indiqué dimanche au Times of Israel : « Ils (le Hamas) sont là, personne ne peut le nier. Qui va organiser la ville ? Il n’y a personne d’autre. Il n’y a personne d’autre pour organiser les choses, pour réguler les déplacements. »
Hilu, qui parle hébreu, a déclaré ne pas être surpris de voir un retour en force du Hamas. Il a affirmé avoir lu dans les médias israéliens que l’accord de cessez-le-feu n’exigeait pas le désarmement du Hamas. (Cette exigence, en effet, appartient à la phase suivante du plan de Trump.)
« Il n’y a pas d’autre autorité, il n’y a personne d’autre sur le terrain. Mais ils sont peu nombreux, ils ne sont pas nombreux », a-t-il constaté, précisant avoir vu, dimanche matin, des membres du Hamas diriger la circulation et organiser les marchés dans le centre de Gaza.
Pour Hilu, l’avenir est tout simplement incertain : « Aujourd’hui ou demain, ils libéreront certains des otages. Attendons de voir ce qui se passera après, quelle sera la prochaine étape. Je ne pense pas que la guerre reprendra, mais j’ignore sur quoi ils se mettront d’accord. »
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