Une municipalité américaine interdit les échanges entre sa police et Israël
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Une municipalité américaine interdit les échanges entre sa police et Israël

Un conseil municipal de Caroline du Nord a voté à l'unanimité pour interdire au service de police de la ville les formations avec l'armée israélienne

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan avec de hauts-responsables de la police au cours d'exercices de contre-terrorisme dans le district du sud, le 4 février 2018 (Crédit : Police israélienne)
Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan avec de hauts-responsables de la police au cours d'exercices de contre-terrorisme dans le district du sud, le 4 février 2018 (Crédit : Police israélienne)

Le conseil municipal de Durham, en Caroline du Nord, a voté à l’unanimité pour interdire au service de police de la ville les échanges internationaux au cours desquels les officiers reçoivent une « formation de type militaire », donnant une claque à de tels programmes entre l’armée israélienne et la police.

La résolution, qui stipule que le conseil « s’oppose aux échanges internationaux avec tout pays dans lequel les officiers de Durham reçoivent une formation de type militaire puisque de tels échanges n’appuient pas le genre de services de police que nous voulons ici dans la ville de Durham », a été approuvée par le conseil lors d’un vote (6-0) lundi soir. C’est la première ville des États-Unis à interdire officiellement une telle formation, selon Jewish Voice for Peace, qui a travaillé activement à l’adoption de la résolution.

La résolution déclare également : « Nous reconnaissons et partageons la profonde préoccupation au sujet de la militarisation des forces de police dans tout le pays. Nous savons que le profilage racial et les préjudices qu’il cause aux communautés de couleur ont affecté le maintien de l’ordre dans notre pays et dans notre propre communauté ».

Née d’une pétition créée l’automne dernier par Jewish Voice for Peace, un groupe qui soutient le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions ciblant Israël, la résolution a réuni plusieurs partenaires sous le slogan « Demilitarize ! De Durham2Palestine ».

Selon la pétition, « l’armée israélienne et la police israélienne ont une longue histoire de violence et de dommages contre le peuple palestinien et les Juifs de couleur. Ils persistent à utiliser des tactiques d’assassinats extrajudiciaires, de force excessive, de profilage racial et de répression des mouvements pour la justice sociale.

« Ces tactiques militarisent davantage les forces de police américaines qui s’entraînent en Israël, et cette formation aide la police à terroriser les communautés noires et brunes ici aux États-Unis. De plus, de telles pratiques érodent nos droits constitutionnels à l’application régulière de la loi, à la liberté d’expression et à la liberté de réunion ».

Il a appelé la ville à « mettre fin immédiatement à tout partenariat que le département de police de Durham a ou pourrait conclure avec l’armée israélienne et/ou la police israélienne ».

Selon la résolution du conseil municipal, le chef de police C.J. Davis a déclaré dans une note de service au directeur municipal Tom Bonfield qu’“il n’y a eu aucun effort pendant que j’étais chef de police pour initier ou participer à un échange avec Israël, et je n’ai aucune intention de le faire”.

Une cinquantaine de personnes des deux côtés de la résolution se sont exprimées avant le vote, selon la chaîne de télévision locale WRAL. Certains orateurs ont critiqué la résolution comme étant antisémite ou se sont opposés à ce qu’Israël soit spécifiquement mentionné. D’autres se sont demandé pourquoi une telle résolution était nécessaire, étant donné qu’aucun échange de ce genre n’était prévu.

L’ancien chef de la police Jose Lopez a passé une semaine en Israël à suivre une formation pendant son mandat. Il a dit au conseil qu’aucune des formations n’impliquait une « militarisation ». Il a déclaré que la formation portait sur le leadership, qu’il s’agissait d’apprendre à connaître le terrorisme, puis d’apprendre comment interagir avec les personnes qui sont impliquées dans des situations de catastrophe de masse et comment gérer des situations de catastrophe de masse.

Noah Rubin-Blose de la section Triangle de Jewish Voice for Peace a déclaré après le vote : « Abolir les échanges policiers entre Durham et Israël est un pas vers une véritable sécurité communautaire qui se soucie des besoins des gens et qui n’est pas modelée sur l’occupation et l’apartheid ».

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