Israël en guerre - Jour 145

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Une Palestinienne déplacée par la guerre à Gaza accouche de quadruplés

Comme toutes les femmes qui ont accouché récemment, ses "rêves de fête" pour célébrer la naissance de ses bébés se sont brisés avec la guerre

Iman al-Masri, une Palestinienne déplacée qui a fui son domicile à Beit Hanoun avec sa famille pour échapper à la guerre, nourrit l'un de ses quadruplés - le quatrième étant toujours soigné à l'hôpital - alors qu'ils se réfugient dans une école à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 27 décembre 2023. (Crédit : Mahmud HAMS / AFP)
Iman al-Masri, une Palestinienne déplacée qui a fui son domicile à Beit Hanoun avec sa famille pour échapper à la guerre, nourrit l'un de ses quadruplés - le quatrième étant toujours soigné à l'hôpital - alors qu'ils se réfugient dans une école à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 27 décembre 2023. (Crédit : Mahmud HAMS / AFP)

Iman Al-Masry est assise sur un matelas en mousse usé, près de trois de ses quadruplés prématurés dont elle a accouché après un éprouvant voyage pour rejoindre le sud de la bande de Gaza.

La mère et ses nouveaux nés Yasser, Tia et Lynn habitent dans une salle de classe d’une école à Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, avec une cinquantaine de membres de sa famille élargie.

Son quatrième enfant, Mohammad est sous surveillance médicale dans un hôpital du camp de Nousseirat, à sept km plus au nord.

Comme les 1,9 million de déplacés, selon l’ONU, Iman Al-Masry, a dû fuir les combats entre l’armée israélienne et les terroristes palestiniens du Hamas. Elle a quitté précipitamment sa maison de Beit Hanoun dans le nord du petit territoire au 5ème jour de la guerre déclenchée le 7 octobre, persuadée de la retrouver rapidement.

« Je n’ai emporté avec moi que quelques vêtements d’été pour mes enfants. Je pensais que la guerre ne durerait pas plus d’une semaine ou deux et que nous rentrions chez nous », confie la femme de 29 ans.

Enceinte de six mois, elle a parcouru avec ses trois enfants en bas âge à pied les 5 km qui séparent sa maison du camp de Jabaliya, où elle a trouvé un moyen de transport pour les emmener à Deir el-Balah.

Des Palestiniens déplacés se réfugient dans une école de Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 27 décembre 2023, au milieu des combats continus entre Israël et le groupe militant Hamas. (Crédit : Mahmud HAMS / AFP)

« La distance m’a fatiguée et affectée ma grossesse. Je suis allée chez le médecin qui m’a dit que j’avais des signes d’un accouchement prématuré. Ils m’ont donné des injections pour stabiliser la grossesse », poursuit-elle.

A huit mois de grossesse, les médecins ont provoqué l’accouchement. Elle donnera naissance par césarienne à des quadruplés le 18 décembre en pleine guerre déclenchée à la suite de l’attaque sanglante que le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza, a lancé sur le sol israélien le 7 octobre, faisant environ 1 140 morts selon les derniers chiffres officiels israéliens.

En représailles, Israël, qui a juré « d’anéantir » le Hamas, mène une offensive terrestre dans le petit territoire où plus de 21 110 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées, selon le dernier bilan du Hamas. Un bilan toutefois invérifiable car la branche palestinienne des Frères musulmans est accusée de gonfler le nombre des victimes civiles et d’y inclure les Palestiniens tués par les roquettes tirées par les factions terroristes qui retombent dans la bande. Le Hamas ne fait pas non plus de distinction, dans ce bilan, entre les civils et les terroristes.

Faute de place dans les hôpitaux, Iman Al-Masry a du partir laissant derrière elle Mohammad, le nouveau-né nécessitant un suivi médical. « L’état de santé du quatrième bébé était instable. Il ne pèse qu’un kilo. Il peut ne pas survivre », explique la jeune palestinienne. « Dieu soit loué, les trois autres bébés sont nés en bonne santé ». Elle n’a pas vu Mohammad depuis sa naissance. « Je m’inquiète pour lui, mais la route est dangereuse », pour aller lui rendre visite, raconte Iman Al-Masry. C’est un ami de son mari qui habite au camp de Nousseirat qui le surveille.

Comme toutes les femmes qui ont accouché récemment, ses « rêves de fête » pour célébrer la naissance de ses bébés se sont brisés avec la guerre. Elle avait imaginé « les arroser avec de l’eau de rose selon nos coutumes ». Or depuis 10 jours et leur naissance, « nous ne les avons pas baignés », se désole-t-elle.

Elle manque aussi de produits d’hygiène pour ses nouveaux nés. « J’utilise les couches avec parcimonie. Normalement, je les change toutes les deux heures, mais la situation est difficile et donc je les change juste matin et soir ».

Face au dénuement de sa famille, son mari Ammar Al-Masry avoue ne pas savoir quoi faire. « Je me sens impuissant », confie le père de famille de 33 ans, installé avec ses six enfants dans la salle de classe d’où émanent des odeurs nauséabondes.

« J’ai peur pour la vie de mes enfants, je ne sais pas comment les protéger », se désole-t-il.

Sa prématurée, Tia, souffre de jaunisse, ce qui pourrait entraîner des atteintes neurologiques, selon les médecins. « Elle doit être allaitée pour réduire la maladie et ma femme a besoin de manger des aliments qui contiennent des protéines, mais je ne peux pas lui en fournir. Mes enfants ont besoin de lait et de couches », énumère l’ouvrier gazaoui.

Il passe ses journées dehors pour tenter de trouver « n’importe quoi » pour les nourrir, et surtout éviter de croiser le regard de ses enfants pour ne pas se « sentir coupable ».

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