Une policière agressée lors des affrontements avec les ultra-orthodoxes témoigne
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Une policière agressée lors des affrontements avec les ultra-orthodoxes témoigne

"Nous craignions pour nos vies", a dit l'agente qui a estimé que les violences ne pouvaient qu'empirer ; la yeshiva affiliée aux émeutiers condamne - sans conviction - l'incident

Maya Segev raconte avoir été agressée par des extrémistes hardim à Bnei Brak, le 22 janvier 2021. (Capture d'écran/Police israélienne)
Maya Segev raconte avoir été agressée par des extrémistes hardim à Bnei Brak, le 22 janvier 2021. (Capture d'écran/Police israélienne)

Une policière qui avait été légèrement blessée lors d’une manifestation des ultra-orthodoxes contre le confinement à Bnei Brak, jeudi, a confié qu’elle avait « craint pour sa vie » lorsque le mouvement de protestation avait tourné à la violence.

« Nous avons craint pour nos vies pendant cinq minutes – il y avait de la cruauté dans les regards des manifestants », a commenté Maya Segev dans une vidéo qui a été diffusée par la police, vendredi. « Nous ne serions pas sortis vivants si des renforts n’étaient pas venus à notre secours ».

Elle et un autre policier circulaient à bord d’un véhicule banalisé lorsqu’un groupe de manifestants était parvenu à les identifier comme appartenant aux forces de l’ordre.

Segev a expliqué que les émeutiers les avaient qualifiés de « nazis », brisant les vitres de leur véhicule et leur jetant des pierres.

Pour sa part, le nouveau chef de la police israélienne Kobi Shabtai a averti, vendredi, que la vague de violence contre les officiers qui tentent actuellement de faire respecter les mesures prises dans le cadre de la lutte contre le coronavirus parmi les extrémistes ultra-orthodoxes s’intensifiait. Il a appelé les dirigeants du pays à condamner ce phénomène.

« Les violences expérimentées par la police dans ses missions visant à faire respecter les directives méritent d’être condamnées par tous et elles représentent quelque chose que nous ne pouvons pas accepter et que nous n’accepterons pas », a commenté Shabtai dans un communiqué. « Le phénomène ne fait que s’aggraver », a-t-il mis en garde.

« J’attends des autorités, des responsables publics et des ministères du gouvernement qu’ils durcissent les sanctions contre les contrevenants issus de toutes les institutions concernées », a-t-il ajouté.

Pour traiter l’incident, la police avait fermé le secteur environnant, ce qui avait entraîné encore d’autres affrontements avec des centaines de résidents. Au moins six personnes avaient été arrêtées pour troubles à l’ordre public et la police avait annoncé que sept agents avaient été blessés.

Amir Ohana, ministre chargé de la police, avait pris la défense des agents dans la journée de vendredi en estimant qu’ils avaient été exposés à des « violences méprisables ». Il avait néanmoins noté que ces violences n’impliquaient pas l’ensemble de la communauté ultra-orthodoxe.

Les émeutiers étaient des étudiants de la yeshiva hassidique Vizhnitz, située dans la ville.

La police arrête un homme dans la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak pendant des affrontements suite aux restrictions entraînées par le coronavirus, le 22 janvier 2021. (Capture d’écran/YouTube)

Le président de la yeshiva, le rabbin Yokel Weiss, a condamné l’incident vendredi, mais il a qualifié les suspects de « marginaux qui se sont laissés entraîner dans de terribles violences » dans un enregistrement qui a fuité auprès des médias.

Weiss a ajouté toutefois que les agissements des émeutiers « sont contraires aux enseignements de la Torah ».

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