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Une société israélienne vend des systèmes anti-drones à l’Ukraine via la Pologne

Le gouvernement israélien semble avoir décidé de fermer les yeux sur cette vente de "technologies de défense avancées" à Kiev, pourtant interdite par la Défense

Photo extraite d'une vidéo publiée par le service de presse du ministère russe de la Défense montre un militaire russe préparant un drone de reconnaissance Orlan-10 en vue de son lancement dans un lieu non divulgué, le 8 août 2022. Illustration : (Crédit : Service de presse du ministère russe de la Défense/AP)
Photo extraite d'une vidéo publiée par le service de presse du ministère russe de la Défense montre un militaire russe préparant un drone de reconnaissance Orlan-10 en vue de son lancement dans un lieu non divulgué, le 8 août 2022. Illustration : (Crédit : Service de presse du ministère russe de la Défense/AP)

Un fournisseur de défense israélien vend des systèmes anti-drones à l’armée ukrainienne par l’intermédiaire de la Pologne, a rapporté lundi le site jumeau du Times of Israel en hébreu, Zman Yisrael.

Une source au sein de la société a déclaré à Zman que l’équipement était vendu à la Pologne pour contourner le refus d’Israël de vendre des armes de pointe à l’Ukraine.

La société a déclaré au ministère de la Défense que la vente était destinée à la Pologne et a prétendu ne pas être au courant que Varsovie servait d’intermédiaire pour transférer les armes à Kiev, qui utilise les systèmes israéliens pour lutter contre l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Des sources au sein de l’industrie de la défense ont précisé que les systèmes anti-drones – qui peuvent intercepter et neutraliser les drones – sont classés dans la catégorie des « technologies de défense avancées » et ne sont donc pas autorisés à être vendus à l’Ukraine. Cependant, le gouvernement israélien semble peu intéressé à faire avorter l’accord.

Le ministère de la Défense n’a pas fait de commentaire.

Israël a déployé des systèmes anti-drones le long de ses frontières avec Gaza, le Liban et la Syrie et est considéré comme un leader mondial dans le développement de cette technologie, dans laquelle plusieurs entreprises israéliennes sont impliquées – Israel Aerospace Industries, Elbit, MCTECH, Spear et le groupe Avnon.

Les systèmes israéliens ont été déployés par l’Azerbaïdjan lors de son conflit avec l’Arménie et ont également été vendus aux États-Unis et à des pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’Europe de l’Est.

Alors que les pays occidentaux ont fourni des quantités considérables d’armes à l’Ukraine depuis l’invasion russe du 24 février, le ministère de la Défense s’est opposé à la vente de systèmes offensifs et défensifs avancés à Kiev, sous prétexte qu’elle porterait atteinte aux « relations délicates » de Jérusalem avec Moscou.

Israël cherche à préserver ses liens avec la Russie, en raison notamment de la présence militaire russe dans la Syrie voisine, où l’armée de l’air israélienne mène régulièrement des frappes sur des cibles liées à l’Iran, même si ces relations semblent s’être récemment refroidies suite à la prise de position de Jérusalem sur l’Ukraine. La Russie, tout comme l’Ukraine, compte une importante communauté juive.

Avant l’invasion de la Russie, Israël aurait également fait échouer un projet des États-Unis de fournir à l’Ukraine le Dôme de fer, un système israélien de défense antimissile développé avec des fonds américains.

Le système antimissile Dôme de fer tirant des missiles d’interception sur des roquettes tirées depuis la bande de Gaza vers Israël, à Ashkelon, le 7 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Tout en s’abstenant de leur envoyer des armes, Israël a fourni à l’Ukraine des équipements de défense de base tels que des casques et des gilets de protection, ainsi qu’une aide humanitaire comme des médicaments et des couvertures. En juillet, Israël a entrepris de fournir un soutien financier direct aux organisations d’aide civile opérant dans le pays déchiré par la guerre. Il a également fait fonctionner un hôpital de campagne dans l’ouest de l’Ukraine pendant six semaines avant de le fermer en avril.

Le refus de Jérusalem d’envoyer une aide militaire a profondément irrité Kiev, qui a demandé à Israël de lui vendre le Dôme de fer et d’autres armes défensives.

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